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Hep, bzz bzz, écoutez !


C’est l’heure pour les survivantes de rentrer au bercail après un printemps et un été à œuvrer sans relâche. Repos bien mérité pour ses ouvrières de l’ombre.

Les reconnaissez-vous ?

Je veux parler des abeilles. Vieilles de 80 millions d’années, elles ont colonisé la terre entière. Nous entretenons avec elles des liens très particuliers. La domestication des abeilles aurait commencé avec la sédentarisation de l’Homme, soit à l’époque du Néolithique, comme l’attestent certaines peintures rupestres en Espagne dans « la grotte de l’araignée » ou d’autres représentations nombreuses notamment dans l’Antiquité.

En effet, depuis des millénaires, nous nous régalons et apprécions les mille et un produits issus de la ruche.

Pourtant, depuis quelques années, notre mode de vie et nombre de nouveaux parasites influent de façon définitivement négative sur les sociétés d’« Anthophila ».

abeille

Grotte de l’araignée

Commençons par nous remémorer les moult produits qu’elles nous fournissent et leurs bienfaits :

  • Le miel

Source indéniable de vitamines, d’oligo-éléments et de sels minéraux avec, selon sa provenance, des goûts et parfums différents. Le miel nous gâte avec son apport nutritif riche et naturel, sans comparaison avec tous les sucres raffinés qui nous entourent. Ses vertus antibactériennes, anti-inflammatoires, antioxydantes, antiseptiques et cicatrisantes sont connues depuis Hippocrate et ont été scientifiquement prouvées, sans oublier ses propriétés adoucissantes et hydratantes utilisées en cosmétique.

Dans du lait chaud, une tisane, un thé, il réconforte nos petites gorges irritées automne comme hiver, tout en nous régalant, bien emmitouflés dans notre chandail préféré.

À noter qu’étant un produit naturel, le miel doit se consommer dans les deux à trois ans suivant sa récolte. Quant à son moyen de conservation, le garder dans un endroit tempéré, mais jamais au frigo, ce qui le dénature.

  • Le pollen

Excellent afin de lutter contre la fatigue et les infections, il fait partie de ces fortifiants naturels exceptionnels.

  • La propolis

Antibiotique naturel, il est fabriqué par les abeilles à partir de résines végétales.

  • La gelée royale

Revitalisant remarquable, son prix est relativement élevé dû au fait de la difficulté à l’obtenir.

  • La cire

Présente aussi bien dans la fabrication de cosmétiques comme les rouges à lèvres, que dans la fabrication de bougies ou de produits encaustiques pour traiter le bois et donner du lustre et un effet poli.


Mais malgré le fait que nous jouissons sans complexes de toutes ces largesses, cela n’empêche nullement nos sociétés modernes de conduire progressivement à l’extinction cette espèce pourtant si vitale.

Déjà mis en évidence depuis les années 1970, avec une accélération significative depuis les années 90, le déclin des populations d’abeilles devient de plus en plus inquiétant. Partout sur la planète, le même refrain : les essaims éprouvent de plus en plus de difficultés à se pérenniser. Chaque printemps, les apiculteurs assistent, impuissants, à une disparition massive des abeilles domestiques. Cela est aussi le cas des abeilles dites « sauvages ».

L’Amérique du Nord semble particulièrement touchée. Au Canada, les pertes s’élèvent jusqu’à 25 %. L’Ontario semblerait être la province la plus touchée avec des pertes s’élevant jusqu’à 58 % en 2014. Quant au Québec, la mortalité semble avoir doublé, voire triplé.

Cette disparition multifactorielle s’explique en premier lieu par l’utilisation intensive de certaines familles de pesticides et d’insecticides (plus particulièrement les néonicotinoïdes) qui s’attaquent au système nerveux de nos précieuses abeilles. Ces derniers se retrouvent aussi bien dans l’eau (eh oui, l’abeille a besoin d’eau et s’hydrate régulièrement), sur les fleurs, dans le sol, dans les poussières…

Moins dangereux que les pesticides, mais tout aussi nocifs, s’ajoutent à cela l’apparition de nombreux parasites tels des champignons, ou encore le varroa (véritable acarien vampire), le frelon asiatique, l’ogre féroce importé de Chine et qui fait des ravages en Europe au sein de cheptels d’abeilles.

N’oublions pas de citer la monoculture intensive (maïs, soja…), la disparition des haies et la diminution d’espaces « sauvages » qui favorisent ainsi le déclin des colonies. Ces dernières souffrent de malnutrition reliée à une non-diversification de leur alimentation.

Nous faisons tous partie d’une seule et même chaîne. Ôter un maillon, c’est déséquilibrer l’écosystème dont nous faisons partie. Même si les abeilles ne sont pas les seules pollinisatrices dans la nature, elles ont un rôle majeur à jouer malgré tout. Il faut faire en sorte de préserver toutes ces espèces pollinisatrices (papillons, bourdons…) afin que nous ayons encore de quoi régaler nos palais avec moult fruits et légumes variés venant de Dame Nature.


Les solutions sont comme à chaque fois entre nos mains : celles des agriculteurs, des apiculteurs et plus particulièrement des grandes entreprises, en changeant notamment les pratiques agricoles. (À lire l’article très intéressant en lien ci-dessous du Devoir).

Promouvoir et s’orienter vers une agriculture plus écologique (et biologique), respectant la biodiversité, exempt d’engrais chimique et de pesticides.

Dans certaines parties du monde, comme en Chine, le déclin des abeilles et autres pollinisateurs est si important que la pollinisation se fait à la main.

Bien évidemment, pour être à grande échelle, les changements doivent avant tout venir des politiques…

Mais à notre niveau, comment agir pour aider les abeilles ?

  • La règle numéro un : favoriser la biodiversité.

C’est un des aspects les plus importants afin que tout au long de l’année les abeilles puissent avoir de quoi butiner.

  • Éviter pesticides et insecticides nuisibles aux abeilles.

Non seulement vous favorisez la bonne santé de la colonie, mais votre jardin ou balcon sera toujours bien fleuri, car visité régulièrement par les petites butineuses.

  • Planter des plantes mellifères :

C’est-à-dire des plantes qui sécrètent du nectar ou du miellat qui sont les substances à partir desquelles l’abeille fabrique son miel. À savoir que toutes les plantes ne sont pas « mellifères ». Se renseigner auprès de votre horticulteur.

  • Les abeilles raffolent des vivaces :

Campanules, roses trémières, myosotis… n’hésitez pas à en parsemer vos massifs et jardinières tout au long des saisons.

  • Potager et arbres fruitiers :

Eh oui, vergers et potagers sont des sources non négligeables de nectar et de pollen. Alors, n’hésitez plus l’année prochaine et faites d’une pierre deux coups en cultivant vos propres légumes et fruits si vous avez la chance d’avoir un jardin (pommiers, poiriers…). Pour les jardinières de vos balcons, pourquoi ne pas opter pour les courgettes, tomates, thym, romarin, verveine, sauge ?

Quoi qu’il en soit, n’oubliez jamais que c’est l’accumulation de petites actions répétées et amplifiées qui finissent à la longue par changer la donne.

Alors bzzzz, c’est parti, à nous de jouer !


Liens à lire :

  • Les abeilles à miel en danger

Texte de Ginette Marceau et Lou Sauvajon de La semaine verte: ici.radiocanada

  • Le déclin des abeilles, quand l’industrie récupère la cause à nos dépens: ledevoir.com
  • Un plan pour endiguer le déclin des abeilles: lapresse.ca
  • Vidéo : le déclin des abeilles expliqué en 3 minutes: lemonde.fr

Distributeur proposant une gamme de peintures, d’enduits, d’apprêts, de cires… de finitions naturelles composées d’ingrédients écocompatibles avec l’environnement et la santé.

Adresse : 5425 avenue Casgrain, local 408 – 4e étage, Montréal, QC, H2T 1X6.

  • Le soja, sa culture et son impact sur l’environnement: futurama
À propos de moi

Parce que la vie est un voyage, une aventure ; que l’on ne sait jamais vraiment de quoi demain sera fait ; et surtout parce qu’elle n’est pas une question de « pourquoi », mais de « pourquoi pas », c’est en 2009 que Daphné quitte la France pour s’installer au Québec après y avoir passé un an en tant qu’étudiante à l’Université de Montréal en 2001. Curieuse, autodidacte, gourmande et surtout discrète, elle aime utiliser ses sens et savourer le temps qui lui est imparti en s’offrant la chance de pouvoir réaliser le maximum de ses rêves. Amoureuse de la bonne cuisine, des vieilles pierres, du bon vin et des livres, elle espère faire naître le goût des choses bonnes et simples qui nous entourent et qui bien souvent deviennent si familières que l’on ne prend plus la peine de les apprécier : la caresse du soleil sur votre peau, un morceau de chocolat fondant délicatement sous votre langue, la lecture d’un bon livre… Massothérapeute sur ses temps libres, son mantra : « On est tous l’artisan de son bien-être ». Elle évolue d’une passion à l’autre, en espérant rendre les gens heureux, désireux et curieux de pousser d’autres portes afin de découvrir ce qui se cache derrière.

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