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Voyager écoresponsablement


Dans les dernières années, j’ai changé beaucoup de choses dans ma vie pour essayer de pallier les décennies de négligence mondiale quant à l’environnement. Gros mandat, je sais. Mais je me dis que si tous les «grains de sable dans le désert» faisaient quelque chose, le problème serait déjà réglé. On ne peut plus mettre ça sur le dos de l’ignorance, alors qu’est-ce qu’on attend pour changer le monde?

J’ai commencé ma transition vers le zéro déchet il y a 5 ans et, heureusement, je ne semble pas être la seule à avoir changé de mode de vie. Avez-vous remarqué que les magasins offrent maintenant des options zéro déchet? Et je parle de VRAIES options, pas de celles qui te font dire: «Ouais, au moins l’emballage se composte, tsé…»

Il y a maintenant deux magasins en vrac à moins de 10 minutes de mon appartement dans La Petite-Patrie. Yay! Et aujourd’hui, avec l’objectif de toujours m’améliorer, c’est ma manière de consommer qui change. Je tends vers le minimalisme; j’achète seulement quand j’en ai vraiment besoin (salut, McSween!) et quand c’est le cas, je priorise l’usagé et les produits locaux.

Voyager ou ne pas voyager?

Mon gros vice reste les voyages. Voyager ça me permet de respirer, de me poser (même en me déplaçant), de rêver, de faire des bilans, d’apprendre, d’échanger, de contempler… Mais voyager, c’est polluant et ce n’est clairement pas un vrai besoin. Comme je ne suis pas prête à dire adieu à mes amis d’outre-mer, je cherche des moyens alternatifs de découvrir le monde.

Bien sûr, à petite échelle, je suis déjà une grande abonnée à Amigo Express et j’attends avec impatience le jour où les prix d’Orléans Express (tout est express ou quoi?) seront moins élevés. À grande échelle, je laisse l’avion de côté… le plus souvent possible. Évidemment, se concentrer sur la problématique «avion» c’est comme se concentrer sur la problématique «plastique». Remplacer le plastique ou l’avion par autre chose ne règle pas vraiment le problème. La solution étant simplement de réduire ses déplacements, voire de ne pas voyager du tout.

Comme je le dis, je ne suis pas encore prête à ça… je me cherche donc des solutions imparfaites dans la bienveillance. Voici donc les quelques fruits de ma réflexion.

Mon kit zéro déchet de voyage

Même en «carry-on», je me promène toujours avec mon ensemble zéro déchet: un pot Mason (vide parce que sinon il va falloir tout boire rendu à la sécurité!), une gourde, des ustensiles, une guenille, un contenant pour les lunchs pour emporter, un emballage de cire d’abeille et deux petits sacs à collation, cousus avec un vieux drap (merci, Maman!). Je n’utilise jamais la pellicule de cire d’abeille à Montréal, mais en voyage, quand l’espace et le poids de mes sacs sont restreints, c’est parfait. Avant, j’avais un thermos pour mon thé, mais comme je le perdais tout le temps, j’ai choisi le pot Mason: ça fonctionne très bien et ça coute tellement moins cher que les bouteilles fancyde chez David’s Tea.

Où dormir?

Comment choisir un hébergement écologique? On sait ce que les sites comme Airbnb font aux villes: ils restreignent l’accès aux logements locatifs et font augmenter le prix des appartements restants. Même si c’est vraiment cool de vivre comme un local, c’est de moins en moins conforme à mes valeurs. Quand je suis seule, je m’invite souvent chez des amis ou des connaissances, sinon je choisis les auberges de jeunesse.

Pour la population locale, l’auberge de jeunesse est souvent moins grosse et moins envahissante qu’un hôtel. J’ai l’impression que c’est aussi moins énergivore puisqu’on partage les salles de bains et qu’on peut se faire à manger directement sur place. Et je me rends compte que les auberges de jeunesse sont moins «jeunes» qu’avant. Il y a toutes sortes de personnes qui les préfèrent à l’hôtel, même les familles! En plus, le déjeuner est souvent inclus, il y a toujours un coin «free food» et parfois, des soirées sont organisées directement par l’auberge, ce qui crée des moments parfaits pour se trouver du covoiturage pour les activités du lendemain.

Bye bye l’avion

Je déteste prendre l’avion. Malheureusement, n’étant pas Greta Thunberg et n’ayant pas accès à son équipe de matelots de rêve (euh… Allô, Pierre Casiraghi!), je ne suis pas encore rendue à traverser l’Atlantique en bateau. Mais quand je peux, j’opte pour le covoiturage, le train ou le bus. C’est souvent plus long, parfois plus cher, mais je ne me donne plus le choix.

Par exemple, dernièrement, en voulant aller en Écosse depuis Londres, j’ai payé 150£ pour un voyage de 9h30 en train au lieu de payer 60£ pour un voyage de 1h30 en avion… Ouin, je sais, c’est quand même étrange comme décision. Mais c’était juste non négociable pour moi et de toute façon, la vue magnifique au retour valait le détour.

Aussi, tout cela m’apprend à voyager plus lentement, à ne pas trop m’en demander. Comme le jour où j’ai pris un bus de nuit de 12 heures au lieu de prendre un avion entre deux grandes villes européennes, tout cela pour ne passer qu’un petit 24 heures à destination et ensuite continuer ma route. Sérieusement, je suis rendue trop vieille pour les bus de nuit. J’ai donc compris que parfois, même en voyage, less is more. J’aurais pu juste dormir, prendre un bus de jour et oublier mon 24 heures dans la ville intermédiaire. Si je souhaite prendre plus mon temps dans mes déplacements en omettant l’avion, je devrais peut-être m’arranger pour que ma longue excursion en vaille la peine.

Payer son empreinte carbone

Il y a une chose que je n’ai commencé à faire que cette année: payer mon empreinte carbone. Ça faisait longtemps que j’en entendais parler, mais je ne comprenais pas trop ce qu’il fallait faire. En fait, payer son empreinte carbone signifie payer des organismes qui plantent des arbres permettant de compenser pour sa consommation de carbone liée aux voyages.

Pour ma part, j’ai choisi la coopérative québécoise Arbre Évolution (https://www.arbre-evolution.org/), mais il y a maintenant plusieurs associations qui offrent ce genre de service. Arbre Évolution se sert d’un calcul pour évaluer combien d’arbres seront nécessaires pour pallier notre utilisation de carbone. Selon quelques études, les calculs semblent justes. Évidemment, ces sites ne prennent en compte que les déplacements et non pas toute l’énergie utilisée pendant le voyage. Encore à nous de faire les bons choix.

Dorénavant, que ce soit pour un voyage en voiture vers le Bas-Saint-Laurent ou un voyage en avion vers la Californie, je paye mon empreinte carbone. Et ce n’est vraiment pas si cher: environ 55$ pour un voyage en avion jusqu’en Europe, pour 6 arbres plantés!

Rien n’est parfait, comme d’habitude

 En terminant, j’ai envie de vous glisser un mot sur l’expression «écotourisme» qu’on commence à voir partout. Pour moi, ça ne se peut pas. Un resort écoresponsable, par exemple, c’est comme un oxymore.

Avez-vous vu ce qui est offert quand on parle d’écotourisme? C’est rarement une cabane de 10mqui fonctionne à l’énergie éolienne avec une toilette à compost. C’est plutôt un gigantesque loft sur une montagne, décoré pour attirer les likes sur Instagram avec vue sur la jungle. Est-ce que je me trompe ou un endroit qui promeut la consommation ne peut pas faire du bien à l’environnement? OK, merci de recycler l’eau de ma douche et de mettre le shampoing dans des bouteilles en vrac réutilisables, mais pensons un peu aux nombreux bateaux et avions qui amènent toute cette clientèle, à la nourriture qu’il faut cuisiner pour tout ce beau monde et à l’énergie nécessaire pour illuminer les rues pendant que tout le monde retourne chez soi un peu saoul, mais en sécurité? Et sérieusement, à partir de quand on a commencé à ne plus être capable d’amener son propre savon en voyage?

Je ne dis pas que tous les organismes qui offrent de l’écotourisme sont condamnables, mais vous comprenez mon point: voyager n’est pas écologique, alors même si ton hôtel dit l’être, merci, bel effort, mais ça ne règle pas tout.

Évidemment, il n’y a rien de parfait: l’ultime solution serait de partir moins loin ou de ne pas partir du tout. Alors si vous voyagez, s’il vous plaît, continuez de réduire vos déchets à la source et surtout, respectez la faune, la flore et les habitants de l’endroit que vous visitez. De mon côté, la bonne nouvelle dans tout ça, c’est que, ayant voyagé surtout à l’extérieur de ma province, je ne connais pas bien le Québec. Donc quand je serai prête à mettre les grands voyages de côté, j’aurai toutes les routes d’ici à emprunter, en covoiturage!

P.S. Je n’ai pas abordé ce sujet dans ce texte, mais évidemment, la folie Instagram tue aussi les beaux paysages et c’est quelque chose qu’il est bon de garder en tête lors de son prochain voyage. Pour plus d’info je vous invite à lire ce texte de Radio-Canada écrit en collaboration avec le magazine Beside.

À propos de moi

Après avoir étudié dans plusieurs domaines artistiques, Jaëlle étudie maintenant la vie. Passionnée et connectée à la joie, elle souhaite pouvoir inspirer les autres à trouver de la lumière dans leur quotidien.

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