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Voyager consciemment


J’ai commencé à être consciente de l’environnement lorsque j’avais environ huit ans. Les pays se rencontraient alors à Kyoto pour en parler , le compost était arrivé aux Îles-de-la-Madeleine où je passais tous mes étés et, à Montréal, on s’habituait tranquillement au recyclage. Depuis, j’ai posé mille et une actions et j’ai essayé d’inspirer mon entourage à en faire autant. Je suis devenue (presque) zéro déchet et j’ai réduit ma consommation en général, notamment celle de produits venant des animaux et celle d’objets neufs. Il y a une chose pour laquelle je n’étais pas prête à renoncer ou à changer: les voyages (ce qui était correct. On fait notre transition écologique et systémique à son rythme). Cependant, depuis quelques mois, je vis avec de l’écoanxiété. Cela m’a incitée, finalement, à repenser ma manière de voyager. Je me sens prête, maintenant, à diminuer mes voyages et à modifier mes habitudes de touristes.

Slow travel

Depuis que je réduis ma consommation, je vis plus minimalement, jusqu’à inviter la décroissance dans ma manière d’être. La «décroissance personnelle», comme je l’ai déjà expliquée sur ce blogue, est ma façon de me centrer sur moi-même . Prioriser la lenteur au rythme de fou malade qu’on s’impose parfois parce que, tsé, pour la société, «ne rien faire», c’est un peu loser. C’est là que l’expression slow travel m’est apparue: prendre son temps en voyage. Ralentir au lieu de partir une semaine ici, une semaine là, les bagages à faire et à refaire, les voyages organisés au quart de tour avec quatre à cinq vols pour bien découvrir toutes les capitales d’Europe en trois semaines. Ouf! Juste l’écrire me stress.

Évidemment, j’ai déjà voyagé comme ça, mais à quel prix? Voyager lentement nous rend plus empathiques. On peut mieux s’imprégner de la population, comprendre les enjeux de chaque pays et de ses habitants, et devenir plus sensible à leur réalité et donc, plus ouvert d’esprit. En ayant le temps, on prend les transports en commun, on cuisine plus, on sort des sentiers battus… Par conséquent, on encourage l’économie locale et on respecte l’environnement. Partir plus longtemps et moins souvent nous donne de l’espace mental pour nous connecter à nous-mêmes et faire des choix éclairés.

Partir moins loin

Qui a dit qu’on était censé avoir visité toutes les grandes villes du monde? Ce n’est ni un concours ni une compétition. Ta nouvelle date se vante d’avoir visité 55 pays? Je te swiperais ça à gauche bien vite. Voyager, c’est explorer, apprendre et s’ouvrir l’esprit. Et on peut faire tout cela dans sa région d’origine, surtout grâce aux nombreux covoitureurs qui attendent un lift sur tous les grands axes du Québec (https://www.amigoexpress.com/), ça ne coûte presque rien. C’est sûr que Bali, Singapour ou même Capetown, ça flashe, ça fait cool! Mais a-t-on vraiment envie de passer son après-midi sur une plage entouré d’influenceurs qui se prennent en photo? J’ai rarement vu un influenceur poser au parc du Bic. Évidemment, il n’y a rien de catastrophique à partir loin, si c’est ce dont vous avez besoin, tant que ce n’est pas un automatisme. Il est bien d’apprendre à associer «voyage» à autre chose qu’aux palmiers et aux nombreuses escales en avion.

Payer son frais carbone

Si vous décidez que votre nécessité est de traverser la planète, faites-le de manière écoresponsable. Première chose à penser : compenser son empreinte carbone en payant une charge à un organisme qui plante des arbres. Il faut être honnête avec soi-même: si on est capable de se payer un billet d’avion à 600 $ pour Paris, on est capable de rajouter un 70 $ de frais carbone. Et si on est capable de payer 1000 $ pour Tokyo, on est capable de rajouter un 130 $. On peut le faire aussi en voiture, pour 1000 km avec une petite voiture, c’est autour de 10 $, pour une grosse, c’est 20 $. Pour le petit calcul, ça revient à 10 $ de l’arbre, donc ça prend environ 13 nouveaux arbres pour compenser un aller-retour Tokyo-Montréal. On est des gens privilégiés, on a la possibilité de voyager, c’est bien de le faire en toute conscience. Pour en savoir plus et pour leur service de compensation carbone, n’hésitez pas à visiter le site d’Arbre Évolution

Bien se préparer

Le plus important pour moi, quand je pars en voyage, c’est de continuer à être le plus zéro déchet possible, même à distance. Le zéro déchet peut parfois faire peur aux gens. Pourtant, c’est super simple! Première règle: REFUSER. Refuser tous les déchets qu’on peut produire, refuser les serviettes en papier, les verres de carton, les brochures, les besoins superflus… Donc, dans ma valise, j’apporte: un pot Mason (pour les boissons pour emporter), une gourde d’eau (mais n’oubliez pas de la vider avant de passer à la sécurité aéroportuaire), un contenant pour mes lunchs, des ustensiles réutilisables, un mouchoir en tissus (j’utilise une vieille guenille douce), un linge à vaisselle, un sac en tissus (pour le vrac) et une pellicule alimentaire de cire d’abeille. Ce dernier objet est 100 % facultatif. Je n’en ai jamais eu besoin à la maison, mais comme on m’en a offert une un jour, j’ai essayé de lui trouver une utilité avant de la porter chez Renaissance. L’an dernier, je me suis rendu compte que ça pouvait être pratique, en voyage, pour le take-out. Au lieu de toujours trimballer son contenant, et si on prévoit juste s’acheter un sandwich, c’est parfait! Vous trouverez peut-être que ça fait beaucoup d’objets, mais ça demande seulement un peu d’organisation. La preuve, je réussis à faire rentrer tout cela ET ma valise normale dans un sac de type carry-on. Comme je le dis souvent, pour moi, ce n’est pas négociable. Je suis capable de faire avec moins d’options de vêtements pour pouvoir continuer à être zéro déchet en voyage. Pour en savoir plus sur le Zéro Déchet, je vous invite à lire LA bible du zéro déchet, l’ouvrage de Béa Johnson qui s’intitule simplement Zéro Déchet. Sinon, au Québec, nous avons aussi des adeptes de ce mouvement. Le livre Tendre vers le zéro déchet,de Mélissa De La Fontaine, est un incontournable. À vous de voir jusqu’où vous voulez aller!

D’ailleurs, voici quelques liens pour vous permettre de garder vos bonnes habitudes en voyage. Premièrement, au Québec, il y a une carte du circuit zéro déchet qui vous montre où sont les endroits, partout dans la province, où sont offerts certains produits en vrac: https://circuitzerodechet.com/carte-interactive/. La même carte existe pour l’international sur le site de Béa Johnson: https://app.zerowastehome.com/. Pour l’avoir testée, elle n’est pas 100 % exacte, mais elle reste un bon départ. De plus, dans chaque ville, il y a des groupes Facebook zéro déchet auxquels vous pouvez vous abonner le temps de prendre toutes leurs bonnes suggestions d’adresses. Finalement, je tiens à vous parler du réseau La Tasse, à Montréal. Vous avez sûrement déjà vu cette tasse bleue pour emporter dans certains cafés. Bien, dernièrement, j’ai constaté que leur réseau avait carrément explosé en popularité partout au Québec. Que vous ayez oublié votre tasse réutilisable ou que vous n’en ayez jamais eue, vous n’avez plus de raison de partir avec un gobelet en carton. Vous faites un dépôt de 5 $ pour obtenir une tasse consignée que vous pourrez ramener dans n’importe quel autre café participant, et ce, même sans la laver. C’est magnifique! Voici la carte du réseau: https://www.latasse.org/lereseau. Pensez-y la prochaine fois que vous ferez le trajet Chicoutimi–Sherbrooke!

Je considère que je voyage plus consciemment maintenant. Toutefois, je sens que, bientôt, je mettrai d’autres changements en œuvre pour aller encore plus loin dans ma réflexion. Je ne ressens plus le besoin de voyager comme avant. Je n’ai plus envie de consommer le voyage comme chacun le fait en général, en répondant à l’unique raison : «parce que je peux». Voyager est devenu tellement facile grâce aux nombreux vols à bas prix, à Airbnb et à l’accessibilité des réseaux Internet. On dirait que cela fait simplement partie de notre vie. Dans un monde où il faut repenser tous nos systèmes de consommation, j’aimerais que le voyage redevienne quelque chose de spécial, qu’on prenne le temps de vivre au moment présent et non pas pour rapporter des likescomme souvenir.

À propos de moi

Après avoir étudié dans plusieurs domaines artistiques, Jaëlle étudie maintenant la vie. Passionnée et connectée à la joie, elle souhaite pouvoir inspirer les autres à trouver de la lumière dans leur quotidien.

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