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Escapade en Écosse


Découvrir d’autres horizons est toujours la promesse de beaux souvenirs, d’images mentales et de sensations qui s’imprégneront dans votre esprit. Ils vous permettront, lors de votre retour au quotidien, de vous échapper encore et toujours en retournant les chercher dans les recoins les plus secrets de votre âme.

C’est à l’ombre de ses drapeaux « blasonnés d’azur au sautoir d’argent »que se balancent, au gré du vent, les chardons en fleur parsemant routes, chemins et landes. On ne peut rester indifférent devant les lumières changeantes des Highlands, ses collines, ses parfums, l’accent gaélique… Destination l’Écosse, terre où souffle un vent de liberté et de vérité, pays où j’ai parcouru les mythiques régions des Highlands et du Loch Ness avant de m’évader dans la West Highland Lineet ses îles.

C’est au départ d’Inverness, capitale des Highlands, que mon périple a commencé. Cette petite ville, dont le nom en gaélique écossais est Inbhir Nis,qui se traduit par l’embouchure de la Ness, est donc, comme son nom l’indique, située à l’embouchure de la rivière Ness, au nord-est de l’Écosse.

Elle est l’une des seules villes des Highlands à s’être vu attribuer le statut de Cité par la Reine, au même titre que ses consœurs écossaises : Édimbourg, Glasgow, Dundee, Stirling et Aberdeen. Cela lui confère le droit d’être officiellement appelée Cityet d’être placée à la tête d’un diocèse. Place forte depuis des millénaires, son actuel château repose sur les ruines du château de Macbeth, rendu célèbre par Shakespeare. La ville est de taille humaine, de nombreux petits pubs proposent des mets locaux, dont le traditionnel haggis accompagné de sa sauce au whisky, et si vous êtes amateur de tweed ou de laine, vous trouverez sans aucun doute votre bonheur. Nous sommes ici sur une terre riche d’histoire où souffle encore un vent de liberté, ce rêve de devenir un pays à part entière.

Autour d’Inverness se trouve la petite commune de Culloden. C’est ici qu’a eu lieu la dernière grosse bataille, la bataille de Culloden, qui marqua l’échec du débarquement des royalistes en Écosse, eux qui avaient pour ambition de remettre un Stuart sur les trônes d’Écosse et d’Angleterre. Celle-ci fut suivie d’une terrible répression du peuple écossais.

Le site, en lui-même, est entouré de landes sauvages sur lesquelles reposent de grosses pierres gravées du nom de tous les clans écossais ayant participé à cette terrible bataille qui ne dura pas plus d’une heure, mais qui les décima. Les survivants furent soit massacrés, soit déportés dans les colonies américaines. Cela signa la fin d’un mode de vie pour les highlanders et leur exode par la suite.

Après une visite du musée où l’histoire des jacobites est fort bien expliquée, vous pouvez déambuler sur le champ de bataille. L’atmosphère qui s’en dégage vous fait, au fil du parcours, voyager dans le temps. Les couleurs de la lande, la brume montant du sol, le vent et le ciel gris bleu d’où s’échappent quelques rayons de soleil poussent au recueillement, et ce, particulièrement lorsque vous avez précédemment découvert le périple et la fin de ces valeureux Scots. C’est un site instructif à découvrir afin de connaître un peu plus l’histoire du peuple écossais.

J’ai ensuite pris la direction de Clava Cairns, un site mégalithique datant de l’âge de bronze (soit 4000 ans avant notre ère). Trois monticules d’empilements de pierres (cairns) de forme circulaire font office de site funéraire. Ils sont entourés de grandes pierres dressées et d’arbres centenaires donnant au lieu un côté magique et mystique. Déposer sa main sur une pierre, c’est glisser, pour une fraction de seconde, dans les limbes du temps.

Puis, direction le château de Cawdor, dans le même secteur, dont les premières traces de sa construction datent du XIe siècle. Au fil du temps et de ses propriétaires, il s’est agrandi, adoptant les différents styles architecturaux des époques successives qui se sont écoulées. Demeure toujours habitée aujourd’hui par la même famille depuis plus de 600 ans, elle est remplie de souvenirs, aussi bien historiques que personnels. Il est d’ailleurs très pittoresque de pouvoir admirer les cuisines modernes (XXe) versus les cuisines anciennes. De plus, le château possède un magnifique jardin et cinq sentiers de randonnée pédestre, allant d’un à huit kilomètres, à emprunter pour une petite promenade.

Mon voyage continu ensuite le long des rives du Loch Ness. Première étape : le château de Urquhart.

Construit au XIIIe siècle et détruit au XVIIe afin d’éviter que les lieux ne deviennent une place forte jacobite, il doit sa célébrité, entre autres, à l’apparition de Nessie, le fameux monstre du Loch Ness ressemblant à un grand plésiosaure. D’ailleurs, à quelques kilomètres du château, se trouve un musée dédié à cette mascotte incontournable des Highlands.

À découvrir également sur les rives du Ness, tout en grignotant des frites maison et en papotant avec les plaisanciers : Fort Augustus et le spectacle des bateaux de plaisance se succédant au fil de ses écluses sur le canal calédonien qui coupe le village en deux. À Fort William, c’est au pied du Ben Nevis, la plus haute montagne du Royaume-Uni (1344 m), que j’ai fait une halte avant de tracer jusqu’à Oban.

De cette bourgade partent nombre de randonneurs pour une ascension de huit heures jusqu’au sommet afin d’admirer la vue panoramique sur les landes. C’est à partir d’Oban que j’ai découvert l’autre visage de l’Écosse, celui où flottent dans l’air mystères et légendes du folklore écossais.

D’Oban, direction l’île de Mull par le traversier. Située à l’ouest, elle est la troisième plus grande île de l’Écosse. Elle fait partie des Hébrides intérieures.

Sa ville principale est Tobermory, une charmante petite ville portuaire aux maisons multicolores. Et là, il y a peu de routes. Je me suis alors enfoncée dans les terres où moult petits moutons blancs à pattes noires gambadent en liberté, monopolisant routes et chaussées. Ils n’éprouvent aucune crainte des quelques véhicules qui croisent leur chemin. Ils ne bougent pas d’un poil, vous regardant, impassibles, en mâchouillant élégamment leur touffe d’herbe. Ici, c’est leur territoire. Parfois aussi, dans les champs, vous apercevrez l’incontournable vache Highland, reconnaissable entre toutes par ses longues et puissantes cornes et par son poil long et soyeux de couleur caramel, noir, voire blanc. C’est le paradis des oiseaux et des animaux que vous pourrez observer si vous savez rester discret et respectueux de leur habitat. Loutres, aigles royaux, pygargues à queue blanche, cerfs, moutons… tout le monde cohabite cordialement.

Se rendre d’un point A à un point B peut sembler facile étant donné le nombre restreint de routes. Pourtant, on est vite surpris de se retrouver au milieu de nulle part, parcourant de petites routes sinueuses et étroites qui surplombent parfois l’océan Atlantique.

Balayez du regard vallées et collines et vous apercevrez plein de petites taches blanches. Chacune correspond à un mouton égaré de son plein gré, gambadant paisiblement en quête des brins d’herbe les plus tendres. Le plus surprenant reste encore, par endroit, cette eau turquoise caressant des plages de sable blanc.

Au sud-ouest de l’île de Mull se trouve l’île de Iona. Accessible par traversier au niveau de Fionnphort, ce minuscule îlot de terre est célèbre grâce à son monastère fondé par Saint-Colomba, en 593, lequel était venu propager la foi chrétienne chez les Pictes et les Scots.

Ayant subi les outrages du temps et diverses invasions vikings, le monastère fut restauré dans les années 30, sous la gouverne de George MacLeod, par une petite communauté chrétienne, redonnant vie au patrimoine local. Le travail accompli est magnifique. Franchir le seuil, c’est d’emblée se laisser happer par la quiétude des lieux, laissant alors éclore en vous une profonde paix intérieure.

Au Nord de Ionase trouvel’île d’Ulvaqui a la particularité d’avoir été rachetée par ses habitants au propriétaire grâce à une collecte de fonds sur Internet. L’objectif était de raviver leur petite île en la repeuplant et en développant son économie.

L’Écosse est un pays qui vous jette un sort dès vos premières foulées sur son sol. Pour ce peuple de caractère et au grand cœur, la devise « Nemo me impune lacessit » (Personne ne me provoque impunément) en dit long sur cette pugnacité dont chacun fait preuve, à l’image de leur pays, si imposant et apaisant.

Envie de vous évader et de renouer avec l’essentiel ? L’Écosse, un pays à découvrir et à ressentir.


Liens :

Musée de Culloden: https://www.nts.org.uk/visit/places/culloden

Cawdor Castle: https://www.cawdorcastle.com/

Loch Ness Centre and Exhibition: http://www.lochness.com/

Fort William et Ben Nevis: https://www.visitscotland.com/fr-fr/destinations-maps/fort-william/

Île d’Ulva: https://fr-ca.facebook.com/ulvabuyout/

Île de Iona: https://iona.org.uk/ / http://www.welcometoiona.com/

À propos de moi

Parce que la vie est un voyage, une aventure ; que l’on ne sait jamais vraiment de quoi demain sera fait ; et surtout parce qu’elle n’est pas une question de « pourquoi », mais de « pourquoi pas », c’est en 2009 que Daphné quitte la France pour s’installer au Québec après y avoir passé un an en tant qu’étudiante à l’Université de Montréal en 2001. Curieuse, autodidacte, gourmande et surtout discrète, elle aime utiliser ses sens et savourer le temps qui lui est imparti en s’offrant la chance de pouvoir réaliser le maximum de ses rêves. Amoureuse de la bonne cuisine, des vieilles pierres, du bon vin et des livres, elle espère faire naître le goût des choses bonnes et simples qui nous entourent et qui bien souvent deviennent si familières que l’on ne prend plus la peine de les apprécier : la caresse du soleil sur votre peau, un morceau de chocolat fondant délicatement sous votre langue, la lecture d’un bon livre… Massothérapeute sur ses temps libres, son mantra : « On est tous l’artisan de son bien-être ». Elle évolue d’une passion à l’autre, en espérant rendre les gens heureux, désireux et curieux de pousser d’autres portes afin de découvrir ce qui se cache derrière.

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