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Changer de fuseau horaire


Ça faisait un bail que je n’étais pas partie aussi longtemps. Depuis que j’ai fait un 180 degrés dans ma vie : repartir à zéro ou presque impliquait quelques contraintes financières.

Voyager

Et je dois dire que même si j’y rêvais, je m’étais faite à cette idée. Je suis une personne qui trouve son bonheur dans les petites choses. Mon énergie était davantage dans mes projets, mes derniers déménagements (quand ça bouge !) et ma vie de couple. J’étais très occupée.

Trop occupée?

Quand mon copain m’a parlé de partir pour le Japon, c’était si incroyable que ce voyage m’a semblé de prime abord inaccessible. Ça faisait tellement longtemps que je me serrais la ceinture de pigiste/hard worker, à me bâtir une clientèle, que j’arriverais difficilement à partir aussi loin. Et comme je n’avais pas pris de très longues vacances depuis belle lurette, je n’arrivais pas à voir comment j’allais y arriver. Qui allait prendre le relai pour mes plateformes ? Comment allais-je arriver à finaliser mes contrats ? Qui allait me remplacer en yoga/Danga ? Tant de possibilités de collaborations dans le collimateur ; je devais répondre à la demande. J’allais faire comment ? Eh oui, sachez que les gens qui enseignent et vivent le yoga au quotidien doivent AUSSI travailler à trouver leur équilibre. J’y reviendrai d’ailleurs plus tard.

Je me suis donc attelée à la tâche de tout finaliser pour partir. Et c’est en travaillant sur ce processus qu’une première lumière s’est allumée : j’en faisais beaucoup. Pas un peu, beaucoup. Tout était passionnant. J’étais très très heureuse d’être où j’étais, mais je faisais BEAUCOUP de choses différentes. Tout s’avérait stimulant, mais était-ce nécessaire ? Qu’en était-il de mon énergie, pour de vrai ?

J’ai fermé mon ordinateur la veille de notre dernière journée de préparatifs après avoir passé du temps soit devant mon ordinateur, soit en meeting, soit à enseigner 16 heures sur 24. Je faisais mon eau citronnée le matin machinalement, je mangeais bien, oui, mais vite. Je ne dormais pas suffisamment… ça n’avait rien de réparateur. Quant à la famille, le chum et les amis, je les voyais, mais dans un genre d’état de « je-dois-les-voir-pour-être-vraiment-équilibrée ». J’étais sur le pilote automatique.

J’étais sur le pilote automatique depuis combien de temps, en fait?

Et je suis partie comme ça. Excitée comme une puce, mais épuisée et surtout, avec un premier son de cloche résonnant en moi. J’avais déjà ralenti au fil des ans, mais mon cerveau comprenait que ce n’était pas assez… encore. De l’ajustement, il y en avait à faire.

Le dépaysement

Je suis partie en voyage sans objectifs. Oui, il est vrai que je vous partagerai mon expérience sur le blogue et que vous trouverez des photos du Japon sur mon compte Instagram, mais ça n’avait rien à voir avec le increasing de mon following ou la cadence du contenu de mon blogue. J’étais en voyage avant tout pour moi, pour nous deux.

Et comme nous étions pratiquement toujours en mouvement d’une ville à l’autre, d’une gare à l’autre, chaque journée était une nouvelle aventure. Mon travail et mon quotidien étaient bien loin derrière. J’avais perdu la notion du temps, j’étais à 100 % dans mes découvertes, dans les plats que je mangeais, les magnifiques et différentes cultures, les paysages à couper le souffle. Nous étions si impliqués dans notre voyage qu’après une seule semaine, j’avais l’impression d’avoir quitté le Québec depuis déjà un mois.

Plus je me sentais dépaysée et plus je sentais que je me connectais avec ce moi profond. Un moi qui n’était pas endormi, mais qui vivait souvent sur le pilote automatique du « do it ». Qu’est-ce que j’avais envie de vivre aujourd’hui et maintenant ? L’envie de concevoir éventuellement un bébé, oui, mais dans quel contexte ? Dans un contexte où je me sens déjà dépassée par la vie, par les événements, par les projets et mon travail ?

Et puis, ont aussi ressurgi ces choses que j’avais tranquillement mises de côté : mon âme de voyageuse et ma grande soif de partir à la rencontre des autres. C’est d’ailleurs pour ça que j’enseigne : les gens, les rencontres, les histoires. C’est aussi pourquoi j’écris, pour raconter des histoires : des vraies ou des fictives.

Est-ce que je m’y prenais mal, tout compte fait, pour connecter à ce que je suis et à ces sources d’inspiration dernièrement ? Est-ce que j’entrais en véritable relation avec moi et avec les gens en voulant en faire autant ? Poser la question c’est y répondre.

Le retour

À mon retour, c’est un peu comme si mon cerveau avait intégré ce que je vous raconte avec fracas. Ça doit être les vagues de l’île d’Okinawa qui me revenaient en tête… Le voyage m’avait éclairci l’esprit. Me redécouvrir à l’extérieur du contexte montréalais, du rôle que je me donne (on ne peut blâmer que soi-même), me permettait de revenir à l’essentiel.

Il y aura toujours des opportunités, des projets, surtout lorsque nous sommes des gens créatifs et motivés par d’autres humains intéressants. Il y aura toujours moyen de « gagner des clients », de faire grandir son entreprise, d’en faire un peu plus. Et c’est très souvent excitant. Mais ce n’est pas toujours la réponse.

Du temps, de la découverte fondamentale sans objectifs précis, l’instant présent que l’on goûte, ça ne se trouve pas, ça se vit. C’est de l’inspiration pure. Pas pour son entreprise, pas pour son compte Instagram. Pour soi, pour vivre !

J’ai sincèrement le désir de vivre chaque seconde avec intention. Pas parfaitement, mais du mieux que je le peux.

C’est ce que je me suis promis de retour dans cet avion qui faisait la navette Tokyo/Toronto. Comme un arrêt dans le temps avant d’atterrir dans mon propre fuseau horaire.

1-0 pour le voyage/1-0 pour le Japon.

Montréal, je suis de retour.


Pour lire mes articles sur le Japon: Onsen l’expérience / l’Asie, la chaleur et les vêtements

À propos de moi

Julie se passionne pour le mieux-être et l’art de vivre. Professeure de Yoga et de Danga, elle craque pour l’humain et ses riches interactions. Créatrice d’ambiances et artiste dans l’âme, elle aime offrir des atmosphères et des concepts lors de ses ateliers : d’ART DE VIVRE, de DANGA et dans ses classes de yoga. Parallèlement à l’enseignement, elle met à profit dix années d’expérience dans le domaine des communications en offrant une alternative mieux-être avec sa plateforme Bohos et ses collaborations en tant que rédactrice. Au quotidien, Julie aime goûter aux petits bonheurs de la vie et prendre soin de ceux qu’elle aime. ♡

6 Comments

Isabelle
Reply 23 juillet 2017

Merci Julie pour ce très bel article qui, de plus, me parle énormément à l'heure actuelle... moi qui me prépare à arriver à Montréal
Je te souhaite encore de très nombreux voyages enrichissants pour toi et tes futurs projets :)

    Julie Thério
    Reply 25 juillet 2017

    Oh merci Isabelle ! Je ne savais pas que tu revenais à Montréal. On se souhaite de belles futures destinations. ;)

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