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Raphaëlle Bonin : l’ambition au féminin


Aujourd’hui, j’ai le goût de vous faire connaître une jeune femme pétillante aux idées novatrices et j’ai nommé : la charmante Raphaëlle Bonin, conceptrice de la plateforme Station Service.

Ce nom ne vous dit rien ?

Attendez quelques années et vous verrez.

Il suffit d’une rencontre avec la jeune entrepreneure pour qu’elle pique notre curiosité avec sa nouvelle vision. Elle a d’ailleurs récemment fait la une du journal le 24 h, a paru dans Le Journal de Montréal et le magazine Loulou. Le moins que l’on puisse dire, c’est que son concept de location de vêtements haut de gamme fait jaser !

Raphaëlle est née de parents entrepreneurs et a toujours su au fond d’elle qu’un jour, elle aurait son entreprise. Ceci dit, elle ne savait pas dans quels domaines… Elle a commencé par s’impliquer au niveau socioculturel, ayant toujours eu un désir de faire avancer les choses à sa manière.

C’est à la suite du documentaire : « The True Cost » (disponible sur Netflix), qu’elle a eu une réflexion plus poussée sur sa consommation personnelle. Dans le documentaire, la problématique qui est exposée traite de l’envers du décor de l’industrie du textile. La réalité des travailleurs est complètement accablante dans les manufactures. En consommant les vêtements, nous encourageons indirectement cette industrie et ses conditions de travail exécrables.

Alors, comment éviter la surconsommation et garder notre intérêt pour la mode ?

C’est au fil de ce questionnement qu’elle a eu le flash pour une idée de service novateur : la location de vêtements haut de gamme ! Quand nous parlons haut de gamme, nous faisons référence à des créateurs montréalais qui font partie intégrante du processus de création.

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Plusieurs démarches ont été faites avant que le projet prenne forme. Raphaëlle est entrée en contact avec des designers montréalais, afin de connaître leurs réalités et leur intérêt face à son projet. La réponse fut étonnamment positive ! Ensuite, il restait à tâter le terrain auprès de jeunes femmes, afin de connaître le potentiel réel du service. Est-ce qu’il y aurait une demande pour ce type de location ? Après de nombreux entretiens, la conclusion fut claire : il y avait un potentiel. Les gens souhaitaient consommer autrement. Il ne lui en fallait pas plus pour se donner le feu vert et concrétiser son idée !

Voici un petit topo de notre rencontre au joli Café Mucho Mucho :


L : Pour les moins familiers avec Station Service, comment expliquerais-tu le concept ?

R:Alors, c’est simple, c’est comme un énorme switch and bitch ! 😉 Plus sérieusement, ce que je veux, c’est créer une plateforme en ligne où tu magasines directement via notre garde-robe. Tu sélectionnes les morceaux que tu veux. Il y aura une belle description des tailles et de la coupe. Il y aura une suggestion pour connaître quels types de silhouettes sont avantagés dans ce vêtement. Une description du designer sera également à votre disposition. Donc si tu veux en connaître plus sur le designer, ce sera possible. Je veux vraiment que les gens sachent qu’est-ce qu’ils vont porter et qui est derrière le vêtement. Tu peux également choisir ta date de livraison. Nous te le livrons soit chez toi ou à ton bureau. Tu auras le choix d’avoir le morceau pour 5 ou 10 jours.

L : En termes de tarifs, on peut s’attendre à quoi ?

R : Chaque morceau pourra être loué au quart de sa valeur initiale. Le but, c’est vraiment de rendre plus accessibles les designers montréalais et de leur apporter de la visibilité. Pour que la jeune femme professionnelle (exemple) puisse avoir accès à des morceaux qu’elle n’aurait jamais pu se permettre d’acheter avec son budget.

L : Est-ce que vous allez avoir éventuellement une boutique ou ce sera simplement une plateforme Web ?

R : Je veux vraiment trouver le lieu idéal. J’aimerais avoir un atelier ouvert au public, donc avoir l’inventaire sur place, les bureaux de l’équipe et offrir des heures d’ouverture à notre clientèle. Le but, c’est vraiment que les gens puissent parler avec nous, poser leurs questions et tester les produits.

L:Sinon, au niveau plus technique, est-ce qu’il y a un service de nettoyage qui est inclus dans la location ?

R : Oui, tout à fait ! Le morceau va vous arriver comme neuf ! Souvent, avec les vêtements de designers, il y a un nettoyage précis et c’est compliqué. Quand tu nous retournes la location, tu n’as pas à le nettoyer, on s’occupe de tout.

Plusieurs personnes vont se demander : « Qu’est-ce qui arrive en cas de bris ? » Je désire intégrer à la location une assurance. Alors, s’il t’arrive un petit pépin : tache de vin, maquillage ou autres bris mineurs : c’est OK. Toutefois, s’il y a un bris majeur, là il y aurait un coût supplémentaire. C’est un peu, par exemple, comme lorsque tu loues une caméra vidéo chez Lozeau.

L : À qui est-ce que tu veux adresser ton concept principalement ? 

R : À la base, c’est certain que ça va s’adresser à une clientèle qui a plusieurs événements. En fait, je me suis rendu compte que c’est beaucoup des gens dans des milieux créatifs ou de jeunes professionnels qui ont un intérêt pour la mode. Ils ont des lancements, des [email protected], des entrevues d’embauche pour de nouvelles jobs. C’est important de se sentir femme et en contrôle. Nos vêtements ont souvent un impact sur notre confiance.

Le concept s’adresse à celles qui ont envie de porter des vêtements haut de gamme, mais qui n’ont pas nécessairement le budget et qui ont envie d’encourager localement. C’est certain qu’il y a les friperies pour éviter de surconsommer : oui. Ceci dit, il faut que tu tombes sur une bonne trouvaille, parce que tu peux chercher longtemps ! Je dirais que c’est vraiment adressé à celles qui ont une curiosité de consommer autrement. 

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L : À travers tout ce processus de mise sur pied de ton projet, quel a été ton plus grand défi ?

R : J’ai eu énormément de remises en question et de doutes. Il faut préciser que ce n’est pas tout le monde vers qui j’allais qui recevait l’idée positivement. Honnêtement, le fait d’être une femme, je peux te dire que c’est parfois un gros défi en soi. C’est souvent difficile parce que je suis perçue comme une jeune fille qui sort tout juste de l’école, sans expérience. Parfois, lorsque je rencontrais des (possibles) partenaires d’affaires masculins, je sentais qu’ils avaient un regard, une approche différente à mon égard. J’ai réalisé que ça leur prenait plus de temps que les femmes avant d’être convaincus de mon projet. Je te dirais que je réussissais quand même à les convaincre, un peu grâce à mon caractère. Je ne m’assois pas sur mes lauriers, je me sers de ma force de persuasion et la plupart du temps, c’est ce qui fonctionne le plus. Quand les gens doutent, ça me permet de me motiver davantage et de mieux m’informer. C’est en quelque sorte un moteur d’actions pour moi !

L : J’aimerais terminer en te posant une question plus délicate. Le milieu de la mode a la forte réputation d’être très compétitif et plutôt hostile. Selon ton expérience, est-ce que tu dirais que c’est le cas ?

R : Il faut savoir que je ne viens pas du milieu de la mode. Je ne suis pas une fashionista. Les échanges que j’ai avec les créateurs me touchent et me motivent. Je collabore beaucoup avec des femmes. Elles me donnent énormément d’appui dans ma démarche. En ce moment, j’ai l’impression qu’il y a quelque chose de très beau qui est en train de se créer. C’est vraiment fascinant de voir la persévérance et la volonté de ces créatrices. Je les vois aller et elles ont déjà leur expérience et leur avancement et ça m’inspire énormément.

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Quand je repère une femme leader, j’essaye de la mettre dans mon bassin de collaborateurs pour que l’on travaille ensemble et que l’on s’entraide. Personnellement, j’ai souvent eu plus d’amis garçons que d’amies filles, parce que moi, les drama, ça ne m’a jamais intéressée. J’aime pas le chichi. Alors, c’est assez drôle parce qu’en ce moment, dans ma vie, je suis principalement entourée de femmes. Je me rends compte que nous sommes beaucoup de « filles à gars » (qui n’aiment pas le chichi). Nous collaborons super bien, en restant transparentes et authentiques. Ce n’est pas du tout le mean girl que l’on s’imagine !

L : Wow, ça fait du bien à entendre ! Je te remercie, ma chère, de m’avoir accordé ce café ! 🙂


J’espère que ma rencontre avec la pétillante mademoiselle Bonin a piqué votre curiosité sur le nouveau modèle de consommation qu’elle nous propose. Pour ma part, j’en suis sortie complètement exaltée. J’étais fière de constater qu’entre femmes, une solidarité peut s’installer (dans un milieu comme la mode). J’admire la détermination et l’entêtement que cela demande de mettre sur pieds un tel projet. Sachez que vous pouvez toujours contribuer si le cœur vous en dit !

Actuellement, la campagne de sociofinancement de ce magnifique projet est toujours en vigueur jusqu’au 18 novembre.

Pour un petit coup de pouce, c’est juste ici : https://fr.ulule.com/station_service/.

Vous pouvez également suivre les développements de Station Service en aimant la page Facebook et/ou le compte Instagram @station_service.

N’hésitez pas à partager !

Soyons fiers de nos créateurs et de nos entrepreneurs ! 😉

Crédit des photos: Béatrice Mun

À propos de moi

Sans contredit, il vous suffit d’une soirée avec Mme C. Germain pour comprendre son essence : un heureux mélange de la familiarité de la région et du rythme effréné de la ville. Intervenante psychosociale depuis 2013, elle a mis à profit ses connaissances avec la Fondation Jeunes en Tête en travaillant comme conférencière pour sensibiliser les jeunes à la dépression. Elle s’implique actuellement auprès des entreprises en démarrage en y faisant des groupes focus, en plus de travailler comme chargée de comptes pour l’entreprise Succès Scolaire. C’est à travers son lexique qui vous rappelle autant votre grand-mère du bord du fleuve que votre professeur d’université que l’on a le goût de plonger dans son univers qui pose un regard franc et honnête sur des thématiques comme : notre société, la place de la femme au sein de celle-ci, l’entrepreneuriat et l’importance du dépassement de soi.

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