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Slow économie, le prix juste


Depuis la dernière décennie, on entend parler de « slow fashion », de « slow design », de « slow wear ». J’ai déjà abordé plusieurs fois ici ce sujet qui me tient à cœur. J’ai eu vent de ce courant pour la première fois en 2011. En 2012, je découvrais le « slow made », plus relié au monde des métiers d’art (notamment la maroquinerie, vous comprendrez pourquoi il m’est important de suivre ce mouvement). Dans cette vague des mouvements « slow » et de la « slow life », on évoque peu la « slow économie ».

Il va de pair qu’avec de nouveaux modes de vie, une nouvelle économie survient. L’écolonomie : économie axée sur le made in local. Comme les mouvements « slow », la « slow économie » repose sur la durabilité, le long terme, l’humanisme et la décélération. La « slow économie » veut donc voir une renaissance de l’économie locale.

De partir d’un modèle plus capitaliste pour arriver à une « slow économie », il en faudra beaucoup. Je crois que ça commence par la traçabilité des entreprises. En réponse au Rana Plaza qui s’est effondré le 24 avril 2013, le consommateur d’aujourd’hui demande plus d’informations. D’où est fait le produit à qu’est-ce qui le compose et à combien de temps durera-t-il, ces questions sont de plus en plus répondues. Mais ce qui est de plus en plus trendy, c’est de savoir le prix juste. Les mouvements « slow » en parlaient beaucoup, mais voilà qu’on commence à s’y intéresser et à se pencher réellement sur ce que ça veut dire et surtout, de le vulgariser.

Fashion Revolution fait une superbe revue de la mode eco-responsable.

Source : Elizabeth Suzann

Étant dans le domaine de la mode, il m’arrive parfois d’être choquée des prix, qu’ils soient trop bas ou trop hauts, l’un ou l’autre a ses inconvénients. La transparence dans le prix n’est pas une mince affaire, il faut bien se mettre à nu. Toutefois, une entreprise (non) locale le fait très bien : Everlane. On peut voir le détail des coûts de la matière, des garnitures, de l’emballage, des douanes, de la livraison, etc. Entre le fast fashion et les créateurs de renom, il est difficile de savoir quel est le prix juste et on peut souvent être mêlée.

Si le juste prix ne vous dit rien, voici quelques indices à aller chercher : matières premières (tissus, cuir, garnitures, fermoirs à glissière, etc.), coût de la main-d’œuvre, emballage (livraison, étiquettes). Une fois les dépenses calculées, il faut comprendre que le pourcentage de profit peut être réinvesti dans l’entreprise et dans le paiement des frais fixes.

Un prix trop bas peut être inquiétant. On peut se demander ce qui reste pour le fabricant. Un prix n’est jamais trop élevé avec de bonnes explications. Le prix est juste.

Petite liste de créateurs transparents :

  • Elizabeth Suzann
  • Oliver Cabell
  • Honest by
  • Everlane
  • Miljours Studio
  • Maguire
  • Khoj Sydney
À propos de moi

Marie-Anne aime les espaces vides, les photos Instagram et le café. Elle aime s’éparpiller, dessiner et faire naître de nouvelles idées. Son atelier est le repère de sa créativité. Elle est designer d’accessoires en cuir tanné végétal essentiels à la vie quotidienne. Elle a commencé comme aide-designer chez Betina Lou, une ligne de prêt-à-porter féminin située à Montréal. Elle a, par la suite, vécu quatre mois à New York, a travaillé pour la compagnie Rhié et est tombée en amour avec Williamsburg. À son retour, elle a lancé une ligne d’accessoires en cuir tanné végétal pour combiner son amour de la création et de la mode écoresponsable.

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