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L’art de vivre dans les rénovations


Je vous ai déjà parlé de ce beau projet sur lequel mon copain planche à temps plein : la rénovation de notre tout nouvel achat, un duplex à Montréal. Moi, je tente de l’aider tant bien que mal malgré mon boulot et mes connaissances limitées dans ce domaine.

Nous avons « poppé » le champagne en décembre dernier : un magnifique projet de tout refaire une maison, la nôtre, de A à Z — enfin ! Une belle histoire commençait, on allait se construire notre chez-nous. Et pas qu’un peu, au complet !

Pendant que nous gardions notre joli et confortable appartement, on mettait la main à la pâte et on s’assurait de détails importants, ingénieur inclus : les fondations. Oui, la réparation des fondations qui aura été suivie de la démolition, pour ouvrir l’espace, d’un modèle trop cloisonné, façon années 50. C’est ce qu’on voulait, l’espace de nos rêves : à la fois contemporain et éclectique, avec de l’inspiration museum arts et l’esprit un brin punk de mon chum.

On a travaillé des plans, fait approuver le tout par un ingénieur et la ville, oui ! Le projet était ambitieux, on le savait, mais on croyait dur comme fer qu’au mois de juillet, il y en aurait suffisamment de fait pour nous installer, nous installer pour vrai. Une série de situations, dont les délais des permis, ont changé les choses…

OK, oui, c’est vrai, nous sommes installés. Toutefois, je peux vous garantir qu’en cette mi-août, date à laquelle j’écris ce billet, nous sommes bien loin du compte. Nous avons un bout de cuisine merveilleusement beau, mais sans eau courante et incomplète. Une toilette fonctionnelle ; pas de porte, seulement un rideau pour fermer l’espace, et juste un panneau de bois en guise de porte de douche (allo, l’intimité). Je dors sur un matelas à même le sol, au sous-sol. Le plancher de bois franc est au quart couvert au premier étage. En somme, rien ne fonctionne comme prévu. Je vis dans un espace pas du tout rénové et c’est ainsi depuis bientôt deux mois. Les rénovations, c’est un ensemble de circonstances.

Mais vous savez quoi ? Ce que je croyais qui allait me rendre complètement folle me dérange beaucoup moins, au final. Je ne vous dis pas à quel point j’ai hâte de prendre un bain, un jour, ou de prendre une douche dans un espace un minimum lumineux, ou même de faire ma vaisselle ailleurs que dans mon lavabo de toilette… Toutes ces réponses sont bonnes, mais, bizarrement, ça me va. Je suis arrivée à me faire un quotidien dans ce bazar : à prendre ce qui est nécessaire, à apprécier à cuisiner malgré la complexité des choses, à être heureuse d’écouter mes petites émissions Netflix dans ma chambre qui ressemble à une caravane de camping.

Je crois que j’ai réussi à lâcher prise face au résultat, à me créer un mode de vie au travers de tout ça, à trouver le confort dans l’inconfort, le beau dans le « pas si beau », le bien-être dans mon lit propre, même si je n’ai pas de sofa ni de vraie table de cuisine. En appliquant le lâcher-prise, je me suis approprié l’espace pour ce qu’il est. J’ai décidé de placer mes vêtements pour rendre mon choix matinal un minimum agréable, ou ma routine beauté, en mettant tous mes produits dans une boîte pratique. Le tapis de yoga n’est pas loin et je m’entraîne dans le parc en face.

J’ai la chance d’être dans ce processus. J’ai la chance de cultiver et de créer un projet qui sera hyper beau à la fin. Alors, je respire. Et puis, je pense souvent au reste de la planète : tant de gens n’ont pas de toit et trouveraient que ma situation est extraordinaire comme elle est aujourd’hui. Quand je m’arrête à ces gens qui n’ont pas grand-chose et qui sont heureux, je me dis que je me dois de l’être aussi.

Tout simplement.

À propos de moi

Julie se passionne pour le mieux-être et l’art de vivre. Professeure de Yoga et de Danga, elle craque pour l’humain et ses riches interactions. Créatrice d’ambiances et artiste dans l’âme, elle aime offrir des atmosphères et des concepts lors de ses ateliers : d’ART DE VIVRE, de DANGA et dans ses classes de yoga. Parallèlement à l’enseignement, elle met à profit dix années d’expérience dans le domaine des communications en offrant une alternative mieux-être avec sa plateforme Bohos et ses collaborations en tant que rédactrice. Au quotidien, Julie aime goûter aux petits bonheurs de la vie et prendre soin de ceux qu’elle aime. ♡

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