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Les tisanes et leurs bienfaits


L’automne est là, les arbres se sont parés de leurs plus belles couleurs pour l’occasion. Les soirées se font plus fraîches, les jours sont définitivement plus courts et le soleil s’éclipse de plus en plus tôt. Nous, au milieu, petits hominidés que nous sommes, voyons au fil des saisons nos besoins changer. Naissent avec l’automne ces envies récurrentes et saisonnières de nous dorloter, de traîner enroulées dans un châle de laine tout doux et moelleux, de tranquillité, de réconfort et de tendresse. Quoi de mieux que de s’offrir une petite tisane réconfortante ?

D’après le Larousse, une tisane est une « Boisson aqueuse contenant une faible proportion d’une substance végétale peu chargée en principes médicamenteux. » Elles sont connues depuis la nuit des temps et réchauffent aussi bien corps et esprit. Selon la plante utilisée, ses effets sont multiples : aide à la digestion ou à l’endormissement, propriétés fortifiantes, diurétiques ou calmantes, dégagement des bronches… Bref, à chaque plante ses vertus.

Comment la préparer :

 Il existe plusieurs modes de préparation pour les tisanes. Les deux plus courants sont l’infusion et la décoction.

L’infusion consiste à verser sur la plante de l’eau frémissante et non bouillante qui entraîne l’évaporation des huiles essentielles. Laisser infuser quelques minutes et filtrer.

Une infusion peut se boire aussi bien chaude que froide. Généralement, pour les fleurs, le temps d’infusion est de 10 minutes, 30 minutes pour les racines et 20 minutes pour les feuilles. Quant au dosage, on parle de trois cuillères à soupe de plante séchée ou d’une poignée de plante fraîche pour un litre d’eau.

Une décoction utilise habituellement les racines, l’écorce et les fruits que l’on concasse au préalable. Ensuite, il faut plonger les plantes dans l’eau froide, puis porter à ébullition, toujours à couvert, afin de ne pas voir les huiles essentielles s’évaporer. Laisser mijoter selon le temps requis pour telle ou telle plante, filtrer et consommer aussi bien chaude que froide.

 Dans les deux cas, vous pouvez agrémenter votre boisson d’une délicieuse cuillère de miel.

Où vous procurer votre tisane :

Les herboristeries : Vous la trouverez en vrac. Un peu plus dispendieuse, sans doute, mais le choix est grand et vous serez normalement bien conseillée.

Les pharmacies : Plus souvent sous forme de sachets, les marques proposées dépendent du choix du propriétaire. Vous retrouverez les basiques, comme la verveine, la menthe…

Les magasins de produits naturels : Plus souvent, comme pour les pharmacies, en sachets. Là aussi vous trouverez plus fréquemment des tisanes classiques.

Les boutiques de thé : Si vous voulez sortir de l’ordinaire, vous trouverez des tisanes un peu plus fantaisistes. N’hésitez pas à découvrir leurs produits phares de saison !

Les épiceries et supermarchés : Prix abordable, de bonne qualité en général, à ne pas dédaigner, car vite glissée dans son sac à main pour emmener avec vous au travail en prévision d’une petite pause douceur.

Quelques petits conseils pratiques :

  • Toujours conserver la tisane en vrac dans un bocal hermétique et opaque, au sec et à l’abri de la lumière.
  • Une plante séchée ne se conserve pas indéfiniment : en moyenne, 12 à 18 mois maximum.
  • Un bon test à faire pour savoir si elle est encore bonne, sentez-la. Si elle a perdu son arôme, c’est qu’elle est passée.

Quelques plantes à avoir sur son étagère :

Angélique archangélique (Angelica archangelica L.) :

Connue depuis le Moyen-âge, elle est surnommée Racine du Saint-Esprit. La légende dit qu’elle fut offerte aux hommes par l’archange Raphaël pour les protéger contre la peste.

Nombreuses vertus, dont : digestive (calme les spasmes intestinaux et facilite l’élimination de la bile) et tonifiante (pour stimuler l’organisme). Elle facilite également la respiration en cas de bronchite. En décoction, trois cuillerées à soupe par litre et porter à ébullition pendant 5 minutes, puis laisser infuser 10 minutes. Partie utilisée : tige, racine.

Bourrache (Borago officinalis L.) :

Nom d’origine arabe (abu rach) signifiant « père de la sueur ». Elle est également à l’origine d’un joli petit dicton « Ego borago gaudia semper ago » traduit comme suit : « Moi, la bourrache, je donne toujours du courage ».

Connue pour ses propriétés sudorifiques, elle est excellente, entre autres contre la toux (calmante) et les maux de gorge (adoucissante) et possède une action expectorante. Pour cela, vous pouvez la coupler avec la guimauve. En infusion, deux cuillerées à soupe à une poignée par litre d’eau et infuser 10 minutes.

Recommandée également pour combattre la grippe et les symptômes fébriles.

Camomille :

Il existe plusieurs variétés de camomille : la Romaine, la matricaire ou Allemande, et la grande camomille aux vertus différentes

La Romaine est connue, entre autres, pour ses vertus calmante et digestive (deux à trois cuillerées à soupe par litre à infuser 5 à 10 minutes).

La matricaire est calmante et régularise les règles (trois cuillerées à soupe par litre, laisser reposer 10 min avant de consommer).

La grande camomille, quant à elle, a des vertus antimigraineuse et apaisante, car au coucher, elle favorise l’endormissement (deux à trois cuillerées à soupe par litre à infuser 5 à 10 minutes).

Guimauve (Althaea officinalis L.) :

Son petit nom vient du latin « bis malva », qui signifie « deux fois mauve », donc plus puissante que sa consœur la mauve. Son nom botanique est tiré du grec « altho » pour « guérir ».

En infusion, on utilise soit les feuilles et les fleurs (trois cuillerées à soupe à une grosse poignée par litre à infuser 10 minutes) ou la racine en décoction (trois cuillerées à soupe par litre à cuire pendant 10 minutes pour un usage interne). Ses vertus : antitussive (propriétés expectorantes), anti-inflammatoire (à utiliser également en cas de cystite), digestive et adoucissante.

Hamamélis (Hamamelis virginiana L.) :

Originaire d’Amérique du Nord, l’hamamélis était connu dans la pharmacopée traditionnelle amérindienne. On utilise généralement en infusion ses feuilles (trois cuillerées à soupe par litre à cuire 10 à 15 minutes). Excellent pour la circulation, car riche en flavonoïdes (antioxydants) et en tanins astringents qui renforcent, entre autres, la résistance des capillaires. En plus, il a des effets anti-inflammatoires. Excellent pour les jambes lourdes.

Lavande (Lavandula spp.) :

Là aussi, il existe plusieurs variétés de lavande aux propriétés similaires. Son nom vient du latin « lavare », car les Romains l’infusaient dans leurs bains. Réputée depuis l’antiquité pour ses bienfaits, la lavande possède de nombreuses vertus : sédative (combat le stress et la nervosité), apaise les maux de tête, digestive (personnellement, je l’utilise assez fréquemment en infusion avec une cuillerée de miel), calme également la fièvre et la toux. En infusion, ce sont les fleurs qui sont les plus utilisées (deux cuillerées à soupe par litre à infuser 10 minutes).

Thym (Thymus vulgaris L.) :

Pour la petite histoire, le thym serait né des larmes qu’Hélène de Troie aurait versées suite aux calamités provoquées par son immense beauté. Utilisé depuis l’antiquité comme tonique (combat la fatigue), digestif (grâce à la présence de thymol, il est antispasmodique), il lutte aussi contre les affections respiratoires (essayer en inhalation pour les nez congestionnés et enrhumés ou en infusion pour adoucir la gorge ; est également antitussif). En infusion, deux à trois cuillerées à soupe par litre à laisser infuser 10 minutes.

Verveine officinale (Verbena officinalis L.) :

En vieux provençal « erbo de la merbelo » ou herbe de la merveille. Les Romains la considéraient comme une plante sacrée et l’avaient dédiée à la déesse de l’amour, de la séduction et de la beauté : Vénus. En infusion, on utilise principalement ses feuilles et ses fleurs, soit deux à trois cuillerées à soupe par litre à infuser 10 minutes. Ses vertus : facilite la digestion lors de troubles digestifs mineurs (ballonnements, flatulences), sédative (apaise l’anxiété), fébrifuge (a des effets sudorifiques qui stimulent les défenses immunitaires).

Voici quelques exemples de plantes à utiliser en tisane cet hiver. Bien évidemment, ces conseils ne remplacent nullement l’avis d’un médecin. Il existe encore une multitude de plantes riches de bienfaits que vous pouvez utiliser au quotidien, aussi bien en usage interne qu’externe. Surtout, n’hésitez pas à vous renseigner auprès de votre pharmacien ou de votre herboriste.

Liens :

  • La Bottine aux herbes, 3778 rue Saint-Denis.
  • Alchimiste en herbe, 4567 rue Saint-Denis.
  • Herbier de France, 680 avenue Victoria, local 125, Saint-Lambert.
  • Les Thés David’s Tea :

https://www.davidstea.com/ca_fr/

  • Camellia Sinensis :

http://camellia-sinensis.com/fr/

Livres :

  • Les vertus des tisanes, Anne Lavédrine.
  • Tisanes : guide pratique pour toute la famille, Claire Laurant-Berthoud.
  • Le livre des tisanes, Laurence Albert.

Référence de l’image à la une: localmilkblog

À propos de moi

Parce que la vie est un voyage, une aventure ; que l’on ne sait jamais vraiment de quoi demain sera fait ; et surtout parce qu’elle n’est pas une question de « pourquoi », mais de « pourquoi pas », c’est en 2009 que Daphné quitte la France pour s’installer au Québec après y avoir passé un an en tant qu’étudiante à l’Université de Montréal en 2001. Curieuse, autodidacte, gourmande et surtout discrète, elle aime utiliser ses sens et savourer le temps qui lui est imparti en s’offrant la chance de pouvoir réaliser le maximum de ses rêves. Amoureuse de la bonne cuisine, des vieilles pierres, du bon vin et des livres, elle espère faire naître le goût des choses bonnes et simples qui nous entourent et qui bien souvent deviennent si familières que l’on ne prend plus la peine de les apprécier : la caresse du soleil sur votre peau, un morceau de chocolat fondant délicatement sous votre langue, la lecture d’un bon livre… Massothérapeute sur ses temps libres, son mantra : « On est tous l’artisan de son bien-être ». Elle évolue d’une passion à l’autre, en espérant rendre les gens heureux, désireux et curieux de pousser d’autres portes afin de découvrir ce qui se cache derrière.

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