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À la découverte des Fermes Lufa


Êtes-vous « Lufavore » ?

Vous connaissez ou avez sans doute déjà entendu parler des Fermes Lufa, une florissante entreprise québécoise. Bohos a eu la chance de s’entretenir avec Laurence Hamelin, coordinatrice des communications chez Lufa. Elle a eu la gentillesse de nous guider pour une visite de la toute première serre active depuis 2011, et de nous conter la fabuleuse aventure des Fermes Lufa.

Petite histoire d’une grande idée :

La création des Fermes Lufa a germé dans l’esprit de Mohamed Hage et Lauren Rathmell au début des années 2000. Par la suite, le binôme fut rejoint par Kurt D. Lynn, pour la stratégie marketing, et par Yahya Badran, pour la supervision de l’ingénierie et de la construction. Ils apportèrent chacun leur savoir-faire et leurs compétences dans le développement du projet Fermes Lufa.

Après maintes recherches afin de trouver un bâtiment ayant un toit répondant aux critères nécessaires à la construction d’une serre, c’est en 2010 que commencèrent les travaux de la première serre commerciale sur les toits, à Ahuntsic, avec 32 000 pieds carrés de cultures. L’année d’après, une belle récolte de légumes de serre leur donna la satisfaction de pouvoir livrer les premiers paniers à 400 « Lufavores ».

Depuis, deux autres serres ont vu le jour : celle de Laval, en 2013, avec une surface de 43 000 pi2, et celle d’Anjou, en 2017, de 63 000 pi2,consacrés aux verdures.

Naissance d’un projet :

Pourquoi sur des toits ?

La surface des terres agricoles étant en diminution et le nombre de citadins ayant plutôt tendance à croître de façon exponentielle, Mohamed Hage et Lauren Rathmell s’interrogèrent sur le moyen de nourrir les populations des villes avec des produits frais et locaux. Ils commencèrent à explorer différentes pistes afin de répondre à la demande en fruits et légumes. Pour cela, ils cherchèrent le moyen le plus approprié et pratique afin d’utiliser l’espace restreint offert dans les villes.

C’est ainsi qu’a germé dans leur esprit le concept d’une ferme en hauteur répondant à leur objectif : proposer des produits frais et sains ayant poussé de façon responsable et locale.

Après plusieurs recherches sur les différents types d’agriculture existants, c’est vers le mode de culture hydroponique qu’ils se sont tournés. Celui-ci consiste à cultiver, hors sol, des plants dans un substrat riche en nutriments essentiels au bon développement des cultures.

Fonctionnement des Fermes Lufa :

Axées sur un mode de culture durable où sont bannis tous pesticides, herbicides et autres fongicides de synthèse, les Fermes Lufa ont choisi la culture hydroponique, car plus économique et moins énergivore. L’eau d’irrigation est récupérée et réutilisée à 100 % grâce à un ingénieux système. Il en va de même pour l’eau de pluie et celle de la fonte des neiges. Ces dernières sont filtrées et contrôlées avant d’être remises en circulation.

Pour lutter contre les parasites indésirables tels les pucerons, ils utilisent le contrôle biologique. Ils font appel aux insectes prédateurs, comme les charmantes et non moins féroces coccinelles, ou encore, la minuscule guêpe dite parasite, après avoir détecté, grâce à des capteurs thermiques, les sites d’invasion et de prolifération. Quant à la pollinisation des plants, elle se fait grâce à de robustes et travailleurs bourdons que nous avons eu le plaisir de voir en pleine action !

Les Fermes Lufa, c’est aussi une empreinte carbone réduite à son maximum. La cueillette se fait manuellement. Pour chauffer les serres, en complément au soleil, le chauffage au gaz est utilisé, ainsi que des rideaux thermiques qui se déploient au besoin afin de passer à travers les différentes fluctuations de température selon les saisons. La livraison des produits fraîchement cueillis étant journalière, elle ne nécessite pas l’utilisation d’un mode de réfrigération, ce qui réduit également, et de façon drastique, l’emballage.

Aussi, les Fermes Lufa ont mis en place tout un système de compostage, ce qui permet de produire un compost 100 % local et végétalien, exempt de produits chimiques ou de tout autre produit nocif. D’ailleurs, vous pouvez vous en procurer sur leur site Internet.

Ayant opté pour une agriculture hors-sol (hydroponie), les Fermes Lufa ne peuvent être éligibles à l’appellation biologique au Canada. Malgré cela, leur éthique de culture reste inchangée : celle d’offrir aux consommateurs des produits sains, frais et de qualité tout en minimisant leur impact au quotidien sur l’environnement.

Tout ne peut être cultivé en hydroponie, c’est le cas, par exemple, des légumes racines. Afin d’offrir de la variété à ses « Lufavores », les Fermes Lufa se sont alliées avec différents partenaires, soit 230 fermiers et artisans sélectionnés grâce à une chartre précise correspondant à l’éthique de l’entreprise, soit de respecter une agriculture sans pesticides, herbicides ou fongicides de synthèse, avec un mode de culture responsable et local.

Le marché en ligne :

C’est en 2013 que fut inauguré le marché en ligne qui permit aux « Lufavores » de personnaliser leurs paniers. Depuis ce mercredi, vous pourrez découvrir leur tout nouveau site Internet !

Le mode de livraison :

Aujourd’hui, les Fermes Lufa, ce sont 12 000 paniers par semaine. Le fonctionnement est simple. Une fois inscrit sur le site Internet, vous devez choisir votre mode de livraison : soit dans un point de cueillette (450 en tout), soit à domicile, grâce à la flotte de véhicules électriques mise à votre disposition pour la modique somme de cinq dollars. Ensuite, vous avez trois jours pour personnaliser votre panier. Un panier de base vous est proposé, mais vous êtes libre de le recomposer totalement. Tous les produits seront préparés ou cueillis le jour même. À vous le récupérer ensuite le jour J avec votre sac réutilisable !

Les Fermes Lufa, en route vers le futur !

L’objectif premier des Fermes Lufa,pour les années à venir, est de continuer à se spécialiser et à développer leur savoir-faire afin d’améliorer leurs serres. Pour le moment, elles restent centrées sur Montréal. Il est certain que, dans un idéal, ils aimeraient que d’autres villes puissent avoir le plaisir de jouir de produits sains, frais et locaux. Mais comme nous l’a si bien enseigné La Fontaine dans ses fables :

« Rien ne sert de courir ; il faut partir à point. »

L’Équipe souhaite également développer l’accès aux serres grâce à des « Portes ouvertes » auprès de groupes scolaires, d’organisations ou d’organismes. Elle pense aussi à la création d’un programme éducatif dans le but de sensibiliser la communauté sur l’agriculture en ville et sur les bienfaits d’une bonne alimentation par le biais d’ateliers.


Liens :

https://montreal.lufa.com/fr/

Envie d’en apprendre un peu plus sur la culture hydroponique : Futura-sciences / Hydroponie

Photos: BODOÜM Photographie pour Studio Bohos

À propos de moi

Parce que la vie est un voyage, une aventure ; que l’on ne sait jamais vraiment de quoi demain sera fait ; et surtout parce qu’elle n’est pas une question de « pourquoi », mais de « pourquoi pas », c’est en 2009 que Daphné quitte la France pour s’installer au Québec après y avoir passé un an en tant qu’étudiante à l’Université de Montréal en 2001. Curieuse, autodidacte, gourmande et surtout discrète, elle aime utiliser ses sens et savourer le temps qui lui est imparti en s’offrant la chance de pouvoir réaliser le maximum de ses rêves. Amoureuse de la bonne cuisine, des vieilles pierres, du bon vin et des livres, elle espère faire naître le goût des choses bonnes et simples qui nous entourent et qui bien souvent deviennent si familières que l’on ne prend plus la peine de les apprécier : la caresse du soleil sur votre peau, un morceau de chocolat fondant délicatement sous votre langue, la lecture d’un bon livre… Massothérapeute sur ses temps libres, son mantra : « On est tous l’artisan de son bien-être ». Elle évolue d’une passion à l’autre, en espérant rendre les gens heureux, désireux et curieux de pousser d’autres portes afin de découvrir ce qui se cache derrière.

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