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J’inspire… J’expire… et je ralentis


Êtes-vous de celles qui croient que la vie nous envoie parfois des signes ? Croyez-vous que nous sommes à l’écoute de ce qu’elle essaie parfois de nous dire ?

Lorsque j’étais petite, je me rappelle avoir entendu une conversation où quelqu’un mentionnait que : « … dans la vie, il faut embarquer sur l’autoroute un moment donné… on ne peut pas toujours rester sur l’accotement ». Cette image est longtemps restée en moi. Comme s’il fallait appuyer sur l’accélérateur et prendre la voie rapide… comme tout le monde. J’étais capable de me visualiser, prenant l’autoroute. Mais elle était belle ! C’était exactement comme à la mer, lorsqu’on veut prendre la vague. Saisir le moment, la fraction de seconde où il faut sauter, et hop !

D’aussi longtemps que je me rappelle, j’ai toujours vécu comme s’il n’y avait pas de lendemain. Sans trop savoir pourquoi, j’ai souvent pensé que j’allais mourir jeune, alors je vivais à fond. Entre l’école, le volley-ball, les emplois à temps partiel, les amis, les sorties et les voyages, j’étais constamment occupée. Rarement à la maison plus d’une journée, je me promenais avec mon petit baluchon.

À l’aube de mes 16 ans, j’ai été gravement atteinte par la mononucléose, cette maladie qui te vole ton énergie et qui t’oblige à ralentir. Dans mon cas, elle m’a obligée à ARRÊTER. J’ai dormi. J’étais incapable de bouger, de manger, de marcher. É-pui-sée ! J’ai eu quelques complications et un danger d’hémorragie qui m’obligea à arrêter toutes activités. TOUTES. BOUM ! Premier avertissement.

Avant même d’être complètement remise, j’ai repris la route. Peu de temps après, l’autoroute.

Les années passèrent et alors que je venais tout juste de changer d’emploi, la crise économique a fait en sorte qu’un beau mercredi matin, je me suis retrouvée devant chez moi avec ma boîte d’effets personnels.

  • Moi : « Allo, chéri »
  • Chéri : « Allo ! Que fais-tu à la maison à cette heure un mercredi ?»
  • Moi : « J’ai perdu ma job. C’est effectif maintenant. Je n’y retourne plus. »

BOUM ! Deuxième avertissement.

Tout comme des dizaines d’autres collègues, nous avions appris ce jour-là que nous ne reviendrions pas travailler le lendemain. Le temps venait littéralement de s’arrêter. Mon agenda c’était soudainement libéré de plus de 40 heures par semaine, et ce, pour une durée indéterminée.

Trois mois suffirent pour je reprenne l’autoroute de plus belle, et pas n’importe quelle voie ! Celle de gauche, en roulant à toute vitesse ! J’ai jonglé entre deux emplois à temps plein pendant quelques mois. Je surbookais mon agenda. À un certain moment, ça n’avait plus de sens.

Mon corps me parlait. Les mêmes troubles physiques de mes 16 ans ont refait surface. Le médecin m’a alors recommandé de cesser mes activités et de garder l’essentiel, sans quoi je devrais tout arrêter. Je faisais face à un épuisement social et professionnel. J’étais au bout du rouleau. Com-plè-te-ment vidée.

BOUM ! Troisième avertissement.

Cette fois-là, j’ai compris. Sans toutefois m’arrêter, j’ai ralenti. J’ai pris la première sortie et j’ai emprunté la voie de service.

« Exister est un fait, vivre est un art. » — Frédéric Lenoir

La vie tentait de me dire des choses depuis plusieurs années et j’avais décidé de faire la sourde oreille. Je le savais, mais je ne voulais pas. Je ne souhaitais pas m’arrêter. Pour diverses raisons, j’étais incapable d’être seule et je fuyais en me gardant toujours occupée.

Quelques années plus tard, toujours sur la voie de service et heureuse de l’être, j’ai fait l’expérience de la méditation. L’objectif ? Trouver 11 minutes par jour pour prendre conscience de ce qui m’entoure et réfléchir positivement, musique de circonstance à l’appui. Ce fut une des choses les plus difficiles à faire ! Imaginez ! Seulement 11 petites minutes et j’avais de la difficulté à me les accorder.

J’ai persévéré et ce fut très bénéfique. Le moment idéal pour moi était le matin, en me levant. Ainsi, aucune excuse, car la journée ne faisait que débuter. Je me rendais ensuite au travail en étant dans un état léger et doux, spectatrice d’un monde effréné où les gens agissent comme des robots.

Prendre le temps. Prendre CONSCIENCE du moment présent. Respirer !

Aujourd’hui, je suis plus à l’écoute. Je vous mentirais si je vous disais que suis complètement zen, mais je me rapproche d’un certain équilibre. Mon agenda est toujours bien rempli, mais il est également composé de moments LIBRES qui sont planifiés. Des moments spécifiques pour moi ou encore pour ma petite famille. J’ai encore des ajustements à faire, surtout avec ma nouvelle réalité de vie de maman, mais aujourd’hui, l’autoroute ne m’inspire plus. Je la trouve laide, polluée et stressante. Je préfère de loin la route calme et sereine. Une belle route de campagne qui peut parfois être plus longue, mais beaucoup plus agréable ! J’ai davantage de facilité à dire non et je ne tiens pas à être partout à la fois.

Tout se passe tellement vite. Prenons le temps de ralentir et de vivre le moment présent, quel qu’il soit ! Soyons à l’écoute de ce qui nous entoure, de ce que la vie met sur notre chemin et agissons. Nous avons le droit de ralentir. Nous pouvons dire non et nous avons le droit de faire des choix de vie qui nous permettent de respirer un peu plus chaque jour !

Prenez une seule petite minute de votre temps MAINTENANT pour prendre trois grandes respirations profondes… et vous verrez !

À propos de moi

Lyne est une femme impliquée, curieuse et sensible. Depuis maintenant 8 ans, elle travaille pour un OSBL dont la mission est d’inciter les citoyens et gouvernements à faire des choix écoresponsables. Dévouée pour cette cause, elle souhaite inspirée son entourage et les gens qui croisent sa route. Bien que son nouveau rôle de maman l’occupe à temps plein, Lyne siège également sur le CA de la boutique La Gaillarde dans le quartier St-Henri à Montréal. Amoureuse des plantes, du grand air et n’ayant pas peur de se salir les mains, elle a également suivi un cours en agriculture urbaine. Sociable et toujours prête à aider les autres, elle ne sait pas toujours quand s’arrêter ! Adepte de yoga, de méditation, de marche et de vélo Lyne croit que nous devons apprendre à se déposer, respirer et profiter du moment présent !

1 Comments

Michel
Reply 13 juin 2017

Wow, ça fait réfléchir!! :-)

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