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Une fille sur son île — Une histoire de cœur


Apparemment, je suis une fille de feu : hyperactive, impulsive et passionnée. J’ai donc besoin d’un peu d’eau pour ralentir mes ardeurs et rafraîchir mes esprits. J’ai fait ce constat au cours des deux dernières années alors que je me suis amusée à sortir plus fréquemment de Montréal. Montréal, ville de l’exaltation. Ville dans laquelle je vis depuis près de dix ans et dont la symbolique s’est transformée au gré des saisons (pour ne pas dire que je vieillis !).

Je me suis installée à Montréal alors que j’étais aux études, période intense de ma vie en harmonie avec ma nouvelle cité d’adoption. J’ai cette chance de m’adapter facilement aux endroits où je m’établis, où je voyage. Lorsqu’on le formule ainsi, j’ai des airs de grande exploratrice nomade et avide d’aventures. Ce n’est pas le cas ! Je ne suis pas une adepte du changement et j’ai une tendance à toujours anticiper le pire. Malgré cela, lorsque je bouge, j’ai cette capacité à m’imprégner de mon environnement et à rapidement m’y sentir comme chez moi. Disons simplement que j’ai une bonne capacité d’adaptation.

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À cette époque, j’appréciais mon autonomie, sortir avec mes amis, essayer les nouveaux restaurants de l’heure… bref, profiter de tous les avantages de se retrouver en ville. Montréal était en phase avec la jeune femme que j’étais. Elle l’est toujours. J’aime l’effervescence culturelle et l’esprit d’entrepreneuriat qui y règne, son chaos contrôlé et la diversité de sa diversité. Malgré toute l’affection que je porte à cette ville, je suis consciente qu’aujourd’hui, son rythme m’épuise… peut-être plus que je ne veux me l’avouer. Montréal est ma terre de travail, de performance. C’est être constamment survoltée intellectuellement et socialement. C’est rouler à 100 milles à l’heure sur l’autoroute sans jamais s’arrêter aux haltes routières.

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Sortir de la ville. M’éloigner de ce feu ardent de béton, de trafic et d’activités. Me rapprocher de la nature. Cela s’avère un grand baume sur mes angoisses et mon stress. Longer les rives d’une étendue d’eau, s’imprégner du silence, humer les odeurs de la mer, de la forêt, sentir l’air frais sur sa peau et accueillir la passivité sont des plaisirs subtils, mais inestimables. Là où en ville je me sens confinée (malgré les multiples opportunités), les régions éloignées me dévoilent de vastes espaces, me rappellent l’immensité de la terre et l’ensemble des possibilités que représente le fait d’exister. Comme se sentir complet dans sa solitude au lieu de se sentir seul parmi les autres.

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Ces dernières années, ma vie personnelle m’a amenée à découvrir ma deuxième maison, celle des Îles-de-la-Madeleine. Chaque année, j’y retourne et je nourris mon amour pour cet endroit et pour ces gens que j’apprends à découvrir un peu plus à chaque visite. Un lieu où je suis réellement capable de décrocher, de ralentir le rythme et de calmer le feu qui m’habite. De me laisser bercer par le flot du vent et de l’eau, éléments omniprésents sur ce territoire maritime. Ils sont tous les deux puissants, mais libérateurs comme de grands remous qui emportent les soucis et ramènent à la berge l’optimisme. Havre-aux-Maisons, havre de paix.

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C’est dans cet esprit que je suis revenue à Montréal cette année : trouver ma Madeleine dans mon île urbaine. Oui, la fébrilité est toujours au rendez-vous. Cependant, je tiens à m’en inspirer plutôt qu’à m’étourdir. Semblable au tourbillon d’eau et de vent de mes vacances. J’ai deux maisons et, entre les deux, mon cœur balance. Pourtant ces univers font de moi une île à part entière. Entre l’eau et le feu, il y a la terre. Ma terre, mon ancrage, mon équilibre.

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À propos de moi

La danse fait partie intégrante de la vie de Marie-Pier. Initiée très jeune, elle se dirige professionnellement vers l’enseignement de la danse et intègre, suite à sa formation en Danga, la pratique du yoga à sa pédagogie. La technique est primordiale pour elle, mais elle ne doit jamais être travaillée au détriment de la notion de plaisir. La créativité est au cœur de son travail. Elle désire aider les gens à se surpasser et à trouver leur propre façon de bouger. Marie-Pier adore écrire, c’est pourquoi elle collabore à la rédaction de billets pour Bohos.

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