Par 

Miroir, miroir


« Quand on se regarde, on se désole ; quand on se compare, on se console. » Nous avons tous déjà entendu ce proverbe, mais aujourd’hui, je ne sais plus s’il est toujours d’actualité. Avec les médias sociaux, nous sommes surexposées à l’image des autres : au quotidien, lors d’évènements spéciaux, durant des voyages, etc. L’intimité n’a plus de secret pour personne ! Au départ, la vocation de ces plateformes était louable : permettre aux gens de communiquer facilement et de partager des souvenirs ou encore de donner l’opportunité à monsieur et madame Tout-le-Monde d’avoir une visibilité, une tribune pour se faire entendre dans un esprit de divertissement. Malheureusement, au fil du temps, ces outils se sont vus dénaturés. Il devient difficile de discerner le vrai du faux. On se prend au sérieux. Oui, je crois que c’est cela, le problème : on se prend beaucoup trop au sérieux, moi y compris !

Pinimg

Que notre vie a l’air ennuyante quand on regarde notre fil d’actualité ! Lorsqu’on passe beaucoup de temps sur les réseaux sociaux — et c’est extrêmement facile — nous n’avons plus de distance face à l’information reçue. Tout est fascinant, beau, facile. On a envie d’en voir plus et, surtout, de montrer comment notre quotidien est palpitant. Rien à envier aux stars d’Hollywood ou aux joueurs de hockey. Notre vie est tout aussi est glamour ! Tout semble si beau à travers cette vitrine : les gens sourient, s’amusent, sortent aux endroits « in », portent leur garde-robe dernier cri… Comme si la quotidienneté, la banalité de certains moments devait être oubliée ou même pointée du doigt comme insignifiante et perçue comme une perte de temps, un manque d’optimisation dans notre journée. Facile alors de culpabiliser et de remettre en question nos choix et nos actions. Pourtant, en prenant du recul, on se rend compte de la différence flagrante entre ce monde virtuel et le réel. Tout n’est pas rose et glamour. Tout le monde a ses moments « habituels », ses moments inintéressants (d’après les standards établis) à dévoiler aux autres. Si certains le font, la mise en scène est toujours conçue afin de rendre l’instant mémorable et enviable. Cependant, les images et les publications ne sont pas toujours le reflet de la réalité. On fait affaire à du marketing personnel. On se présente sous son meilleur jour. Ce n’est cependant qu’un léger instant dans nos longues journées. C’est peut-être même une façade dissimulant autre chose. Peu importe. Ce n’est qu’une pièce du casse-tête, ne l’oublions pas.

Pinimg

Je ne dénonce pas cette situation afin de changer les choses. Comme la majorité des gens, je publie moi-même mes meilleurs passages et je préfère de loin suivre des épisodes grandioses de la vie des gens plutôt que de les voir dormir sur leur canapé. Mon point est de relativiser les informations perçues, de faire la part des choses et d’user de notre sens critique. Notre existence, aussi platonique ou excitante soit-elle, ne devrait pas être diminuée en comparaison à des images sur un fil d’actualité. D’accord, vous ne faites pas autant de voyages que Mme X, je ne sors pas tous les vendredis soirs, et notre café n’est pas aussi romantique que dans certaines photos… Mais c’est OK ! Notre parcours est unique et, souvent, plus près de nos valeurs, de notre personne, de notre vrai « moi ». Bien sûr, j’aimerais avoir un « storytelling » captivant. Il faut cependant garder en tête que notre histoire l’est, même si elle n’est pas virtuellement visible. Vous la vivez, un point, c’est tout. Et tant mieux si nous avons la chance de suivre une personne dont les péripéties sont passionnantes ! Peut-être êtes-vous cette personne. L’idée est de voir cela comme du divertissement, sinon, quand on finit par se comparer, on n’est pas toujours consolée.

Référence de l’image à la une

À propos de moi

La danse fait partie intégrante de la vie de Marie-Pier. Initiée très jeune, elle se dirige professionnellement vers l’enseignement de la danse et intègre, suite à sa formation en Danga, la pratique du yoga à sa pédagogie. La technique est primordiale pour elle, mais elle ne doit jamais être travaillée au détriment de la notion de plaisir. La créativité est au cœur de son travail. Elle désire aider les gens à se surpasser et à trouver leur propre façon de bouger. Marie-Pier adore écrire, c’est pourquoi elle collabore à la rédaction de billets pour Bohos.

Laisser un commentaire

Votre courriel ne sera jamais partagé. Les champs exigés sont marqués.