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L’eau, cet or bleu


Lorsque j’ai proposé d’écrire un billet sur l’eau, cet élément si vital et précieux, je ne m’attendais pas à être autant happée par le sujet.

C’était comme se retrouver au pied de l’Himalaya avant une ascension. Tellement de choses à dire, sur lesquelles s’alarmer, et dont je me suis rendu compte que nous minimisions l’impact à long terme.

Nous nous pensons souvent à l’abri dans nos pays où les réserves en eau potable et en eau douce semblent abondantes, car nous avons la chance d’avoir accès à une eau de qualité et à moindre coût pour étancher notre soif, ou pour nos besoins quotidiens comme cuisiner, nous laver.

Pourtant, garantir une qualité permanente et une accessibilité équitable n’est pas une mince affaire. La nécessité de mettre en place des plans de gestion durables, afin d’en garantir la qualité dans le temps, tout en la préservant de l’impact néfaste de nos sociétés humaines, s’impose et devient un enjeu vital pour l’humanité.

  • Les faits :

La planète Terre est composée à 70 % d’eau. C’est une ressource à la fois vulnérable et épuisable.

Seulement 2,5 % d’eau douce et potable, dont 0,7 % en surface, inégalement répartie sur le globe.

* Sur cette totalité, le Québec possède 3 % des réserves d’eau douce de la planète.

* * Notre corps contient en moyenne 56 % d’eau (soit 40 litres d’eau pour une personne de 70 kg), qui diminue au fil de l’âge.

Le précieux liquide devient une denrée rare et convoitée, et les aberrations de nos modes de consommation pèsent lourd dans la balance.

lemonde.fr

  • Eau, denrée commerciale :

Un des produits incontournables de l’industrie agroalimentaire, l’eau est privatisée, vendue, et vaut des millions de dollars. Un véritable business s’est mis en place. La production massive de bouteilles en plastique, qui pour la plupart, ne seront jamais recyclées, a un impact négatif de masse sur le plan environnemental.

***89 milliards de bouteilles d’eau en plastique sont vendues chaque année dans le monde. C’est 2822 litres d’eau mis en bouteille chaque seconde, soit une recette de 22 milliards de dollars.

  • Eau, denrée politique :

Dans de nombreux pays, l’eau devient un enjeu politique et économique.

Détournement de fleuves, pompage excessif des zones aquifères, vente de ces ressources en eau aux pays voisins…

Un enjeu géopolitique qui pèse de plus en plus lourd dans la balance, et ce, le plus souvent au détriment des populations.

L’eau, enjeu économique: YouTube

Géopolitique de l’eau: YouTube

Éthiopie: le barrage de la discorde: YouTube

Le Laos et ses rêves d’or bleu: YouTube

  • Eau et conflits sociaux :

La hausse du prix de l’approvisionnement en eau et l’accès aux ressources, deux facteurs à l’origine de conflits sociaux récurrents entre ceux qui la possèdent et ceux qui en demandent, entre ceux ayant les moyens de s’offrir le précieux liquide et les plus démunis.

28 juillet 2010, l’ONU promulguait une résolution faisant de l’eau potable un droit humain. Pourtant, dans de nombreux pays, la population continue de faire face au quotidien à cette problématique.

TV5 Monde

  • Agriculture

L’agriculture représente 70 % de la consommation d’eau. C’est l’une des activités humaines les plus gloutonnes, plus particulièrement l’agriculture intensive. L’homme redessine son environnement, pompe dans les nappes souterraines, canalise fleuves et rivières, détourne, construit des barrages afin d’irriguer les cultures. L’utilisation de pesticides conduit à la pollution des nappes phréatiques, à la désertification de certaines zones, ainsi qu’à des problèmes sanitaires. La plantation de cultures non appropriées au climat est l’une des causes majeures.

Planet-Vie

  • Accès à l’eau potable

Chaque minute, cinq personnes décèdent de maladies reliées à l’eau ou parce qu’elles sont privées d’un accès à de l’eau potable. C’est 11 % de la population mondiale qui n’a toujours pas accès à l’eau potable. L’un des objectifs de l’UNICEF est de permettre l’accès à l’eau. Qui dit accès à l’eau potable dit également installation de systèmes d’assainissement des eaux usées, de toilettes, de campagnes de sensibilisation sur l’hygiène pour limiter les maladies, de campagnes sur la gestion de l’eau (recyclage et économie), sans oublier la mise en place de distribution d’eau potable en cas de crise.

Radio-Canada

  • Eau et bouleversements climatiques

Les changements climatiques pourraient soumettre 4 milliards de personnes à des pénuries d’eau d’ici 2025. 

  • Ces « pompes à eau » dans notre quotidien
  • Le maïs : culture très gourmande en eau.
  • Le lait : La filière laitière est l’une des grandes consommatrices d’eau (1 L de lait = 10 L d’eau). Ce chiffre comprend l’eau nécessaire pour abreuver les animaux (une vache boit en moyenne 50 L par jour) et celle nécessaire au nettoyage de l’installation laitière, sans conter la farine de maïs utilisée dans leur alimentation.
  • La pâte à papier : Certains industriels détournent fleuves et rivières pour pouvoir répondre à leurs besoins : Fibria (6 millions de tonnes de pâte par an), au Brésil.
  • 1 kg de viande de bœuf, 13 500 L.
  • 1 kg de coton, 5263 L d’eau.
  • 1 kg de riz, 5000 L d’eau.

www.futura-sciences.com

Solutions et idées appliquées

À notre échelle : il est possible d’instaurer quelques bonnes initiatives dans notre quotidien pour réduire notre empreinte en eau : récupérer l’eau de pluie pour les plantes, ne pas faire couler l’eau inutilement, douche au lieu de bain, ne pas faire tourner lave-vaisselle et laveuse presque vides, utiliser du papier recyclé, diminuer la consommation de produits voraces en eau, installer une chasse d’eau économique à double débit.

Vu du ciel, Yann Arthus-Bertrand: YouTube

À grande échelle 

  • Choix de cultures appropriées au climat. S’orienter vers un autre type d’agriculture comme l’agroécologie, l’agriculture biologique, l’agriculture naturelle, l’agriculture raisonnée, l’agriculture durable ou la permaculture, l’agroforesterie…

Huffington Post

  • Traitement aux UV : En Inde, où la population fait face à une pénurie croissante d’eau, le professeur Ashok Gadgil propose un moyen peu onéreux de traiter l’eau grâce aux UV qui tuent les bactéries pour produire 10 L d’eau, par personne et par jour, pour 2 $ US par an (système utilisé au Ghana, au Nigéria, au Mexique, et aux Philippines).
  • Récupération des eaux pluviales.
  • Traitement des eaux usées (dites grises). On pourrait croire que ça coule de source et pourtant, elles restent un des principaux polluants. C’est un domaine en développement. Par exemple, au Québec, le Centre des technologies de l’eau rattaché au cégep Saint-Laurent a pour but de réaliser et de financer des activités de recherches dans le domaine des activités de l’eau avec, par exemple, le développement d’un procédé électrochimique hybride, ou encore, un projet permettant de traiter les eaux pluviales en les épurant de contaminants comme l’huile ou d’autres matières en suspension (le SDD-3).

http://www.cteau.com/, http://www.waterhealth.com/.

C’est non seulement notre avenir qui est en jeu, mais également celui de notre planète. L’eau est avant tout source de vie. Sans elle, nous sommes bien peu de chose. La bataille de l’eau a commencé, insidieusement, mais sûrement.


Liens :

* http://www.mddelcc.gouv.qc.ca/eau/inter.htm

**https://fr.wikipedia.org/wiki/Masse_corporelle_(anthropom%C3%A9trie)

***https://www.planetoscope.com/dechets/321-consommation-mondiale-de-bouteilles-d-eau-en-plastique.html

https://www.unicef.fr/article/acces-l-eau-potable-une-grande-reussite-inachevee-travers-le-monde

http://www.ledevoir.com/environnement/actualites-sur-l-environnement/435169/l-onu-redoute-une-penurie-mondiale-d-eau-d-ici-15-ans

http://www.lesaffaires.com/blogues/l-economie-en-version-corsee/le-nouvel-or-bleu-du-quebec/587028

http://www.nationalgeographic.fr/environnement/2017/05/lor-bleu-la-bataille-de-leau

https://www.youtube.com/watch?v=6NVYphmGy5Q

https://www.monde-diplomatique.fr/2005/03/A/12122

Documentaires à visionner :

La guerre sur l’eau: YouTube

Pour l’amour de l’eau, documentaire d’Irena Salina.

À propos de moi

Parce que la vie est un voyage, une aventure ; que l’on ne sait jamais vraiment de quoi demain sera fait ; et surtout parce qu’elle n’est pas une question de « pourquoi », mais de « pourquoi pas », c’est en 2009 que Daphné quitte la France pour s’installer au Québec après y avoir passé un an en tant qu’étudiante à l’Université de Montréal en 2001. Curieuse, autodidacte, gourmande et surtout discrète, elle aime utiliser ses sens et savourer le temps qui lui est imparti en s’offrant la chance de pouvoir réaliser le maximum de ses rêves. Amoureuse de la bonne cuisine, des vieilles pierres, du bon vin et des livres, elle espère faire naître le goût des choses bonnes et simples qui nous entourent et qui bien souvent deviennent si familières que l’on ne prend plus la peine de les apprécier : la caresse du soleil sur votre peau, un morceau de chocolat fondant délicatement sous votre langue, la lecture d’un bon livre… Massothérapeute sur ses temps libres, son mantra : « On est tous l’artisan de son bien-être ». Elle évolue d’une passion à l’autre, en espérant rendre les gens heureux, désireux et curieux de pousser d’autres portes afin de découvrir ce qui se cache derrière.

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