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Douceur germanique


Il y a peu de temps, j’ai fait quelque chose pour moi, vraiment juste pour moi. Malgré les contraintes financières et malgré le mauvais « timing » au niveau professionnel (car il n’y a jamais vraiment de bon moment pour faire relâche au travail), j’ai pris mon courage à deux mains. Je me suis volontairement soustrait de tout ce qui m’entourait et je me suis envolée pour l’Allemagne ! Un beau 16 h de vol en solo pour une semaine outre-mer. Cela peut sembler bien banal pour certaines personnes, mais croyez-moi, ce n’est pas dans mes habitudes de me lancer dans l’aventure comme ça. Bien souvent, tout passe avant mes désirs : le travail, les responsabilités, mes peurs, et j’en passe. Cette fois, j’ai fait le saut, fortement encouragée par mon entourage (merci gang !). Je n’ai aucun regret ! J’ai peut-être même eu la piqure…

Mat

Après avoir laissé tomber Paris et Amsterdam, je me suis envolée pour Frankfort afin de rendre visite à mon petit frère que je n’avais pas vu depuis plus d’un an. Mon premier voyage en Europe. Mon premier voyage en solo. J’avais déjà voyagé dans quelques villes aux États-Unis et au Costa Rica et, comme à chaque voyage, j’ai trouvé paradoxal ce sentiment de familiarité en terre inconnue. Malgré le fait de n’avoir aucun repère géographique, de n’avoir pratiquement aucun contact et de ne pas comprendre la langue, je m’y sentais comme chez moi. Le contexte était différent, mais mon appartenance à la terre et aux gens ne m’était pas étrangère. C’est excitant de faire partie d’un ensemble en étant l’intrus, le petit nouveau. Dans ce cadre, on devient observateur, plus à l’écoute de notre environnement et de soi. Stimulé par tout ce qui nous entoure, on devient plus à l’affut. Alors que ces gens autour de nous s’activent à leur quotidien, le nôtre devient une aventure chaque minute. Fascinant, non ?

Foule

Frankfort ressemble en beaucoup de points à Montréal. Reconnue comme une ville d’affaires, Frankfort est un district financier important en Europe. Plusieurs communautés s’y côtoient, créant ainsi une grande diversité démographique et linguistique. Côté architecture, la modernité se mêle aux monuments historiques. Dans le quartier de Römerberg, par exemple, on dirait que le temps s’est arrêté. Sortie un peu de nulle part, cette place publique, bordée de petits cafés et de l’Hôtel de Ville, nous projette directement au Moyen Âge. À cet endroit, il est facile d’imaginer une scène de combat entre chevaliers, ces derniers tenant leur épée d’une main et leur blason de l’autre, s’efforçant de défendre leur honneur. Cet après-midi là, la pause thé avait des allures de film d’époque. Sous le ciel grisonnant de cette journée de pluie, discutant avec mon frère et enveloppée par la musique d’un joueur d’accordéon installé tout près, j’aurais fait durer ce moment encore et encore et encore…

Romer - copie

À une heure de route de Frankfort, nous sommes allés visiter le Château de Heidelberg, une ville principalement étudiante. Je me suis laissée prendre par la beauté et la richesse du paysage. Beaucoup plus calme que Frankfort, Heidelberg est en soi une histoire, un retour dans le temps. C’est sous la pluie, pour nous imprégner pleinement du romantisme émanant de cette ville, que nous avons sillonné les rues. Dans la basse ville, surplombée par les vestiges du château, preuve irréfutable et impressionnante d’un autre temps, une grande allée principale s’étend avec plusieurs commerces et restaurants. Nous nous y sommes arrêtés pour manger notre premier repas authentique allemand : choucroute, saucisses et bière. Un régal ! Notre serveur, un mexicain d’origine ayant habité au Québec plusieurs années et maintenant installé en Allemagne, nous a raconté son histoire dans un doux français teinté d’accents variés et entremêlés. Une ville qui restera dans mes souvenirs, simplement magique. Du plaisir pour les yeux, un bonheur pour l’âme.

Chateau

Ce voyage en solo a consolidé ma nature plutôt solitaire. Je suis reconnaissante du temps passé avec mon frère, frère que je ne vois définitivement pas assez souvent. J’adore être avec ceux que j’aime, mais j’apprécie aussi passer du temps seule. Mon train de vie fait en sorte que je suis constamment en relation avec d’autres, rarement avec moi-même. J’ai besoin de ces moments de tranquillité et d’isolement pour faire le point, envisager les différentes perspectives et me réaligner sur le bon chemin. Le chemin qui est le mien ! Marcher, garder le silence, lire, observer… des actions simples, mais profondes qui sont, en quelque sorte, mes propres techniques de méditation.

Ville

Ce voyage a été une bouffée d’air dans mon quotidien hyper occupé. Mon cœur s’est réchauffé d’avoir retrouvé un être cher. Ma tête et mon corps ont pu décrocher, me permettant de recharger mes batteries pour le dernier sprint de la saison. Je suis encore sur un nuage post-voyage. Essayons de garder cet état d’esprit d’ici la prochaine escapade.

Bohos

À propos de moi

La danse fait partie intégrante de la vie de Marie-Pier. Initiée très jeune, elle se dirige professionnellement vers l’enseignement de la danse et intègre, suite à sa formation en Danga, la pratique du yoga à sa pédagogie. La technique est primordiale pour elle, mais elle ne doit jamais être travaillée au détriment de la notion de plaisir. La créativité est au cœur de son travail. Elle désire aider les gens à se surpasser et à trouver leur propre façon de bouger. Marie-Pier adore écrire, c’est pourquoi elle collabore à la rédaction de billets pour Bohos.

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