Par 

De la forêt dense à la clairière


Je me souviens de mon sentiment de liberté en tant qu’étudiante. Tous mes avoirs pouvaient s’empiler dans ma « Rabbit Volkswagen » vert forêt que je surnommais affectueusement « Roger Rabbit ». Tout, tout, tout, incluant mon « futon », trouvait sa place à l’intérieur de mon véhicule. Je déménageais aux quatre mois et un seul voyage avec « Roger Rabbit » suffisait pour transférer mes choses. De Baie-Comeau à Gatineau, de Sherbrooke à Mont-Tremblant, mes aller-retour se faisaient dans une légèreté naturelle. Un sentiment de liberté totale dans mon petit bonheur à quatre roues. Les deux mains sur mon volant, les cheveux dans le vent, je sillonnais les routes du Québec en accompagnant à la voix les chansons que mon lecteur cassette me proposait.

ignitelight

Avec mon premier emploi officiel décroché, je me suis retrouvée dans la spirale de la consommation. Les années qui ont suivi se résument en une série d’expansions matérielles.

  • De locataire d’appartement, je suis devenue propriétaire d’une petite maison de campagne.
  • Suite à la rencontre de mon partenaire de vie, nous avons déménagé dans une plus grande propriété, toujours à la campagne.
  • L’excitation d’accueillir dans nos vies notre nouvel ami Goofy, notre Labrador brun, s’est transformée en achat d’un VUS pour nous permettre de mieux voyager.
  • Suite à l’arrivée des enfants, nous avons quitté notre campagne pour la banlieue afin de maximiser notre temps, d’améliorer notre qualité de vie familiale et de nous rapprocher du travail.

Durant toutes ces années, les besoins changeants, les achats supplémentaires pour les satisfaire, nous avons rempli nos tablettes et toutes les pièces de rangement possibles de boîtes, de biens, de livres et de bibelots.

Pourquoi ai-je tant accumulé d’objets dans ma vie ?

Il y a neuf mois, baluchon à l’épaule, moi et mes trois enfants sommes partis vivre une aventure de six mois au milieu du Costa Rica, à cheval entre les montagnes de la forêt tropicale humide et les plages de sable du Pacifique. Durant ce périple, le minimalisme accompagnait ma routine quotidienne.

Pour une banlieusarde qui accumule année après année, c’est tout un exploit.

J’ai vécu dans un quatre et demi avec le minimum, dans une villa habituée de recevoir des touristes de passage qui ne se donnent pas la peine de cuisiner. Une petite maison habitée par une table ronde, quatre chaises et un divan à deux places qui occupaient la pièce commune. La cuisine était équipée minimalement de quatre assiettes, quatre bols, quatre tasses, trois verres, quelques ustensiles et une batterie de cuisine de base, sans oublier deux essentiels : une cafetière et un mélangeur. Nous avions, comme électroménagers, un mini frigo, un petit poêle de camping (deux ronds) sur le comptoir et un four micro-ondes qui peinait à survivre aux changements de tension électrique. Vivre avec le strict minimum, que j’appelle maintenant les essentiels.

Regards et maisons

Avant mon départ, je me questionnais sur la nécessité de posséder une si grande maison avec autant de biens qui prennent la poussière un peu partout :

  • Des « Au cas où ! »,
  • Des « Si un jour j’achète mon chalet »,
  • Des « C’est un souvenir familial »,
  • Des « Je me le suis procuré à bas prix »,
  • Des « Ce sera peut-être utile pour les enfants plus tard ».

Pleins de « Des » qui s’additionnent et qui m’empêchent d’avancer. Plus je détiens, moins de temps je consacre à ce qui me plaît, car plus de temps est nécessaire à travailler pour payer l’entreposage de tout ceci. Plus je possède d’objets, plus j’ai besoin d’une grande maison.

Mais aucun de ces « Des » ne contribue à mon bonheur. Aucun de ces « Des » ne me fait vibrer.

À mon retour en janvier, de la réflexion je suis passée à l’action. Tranquillement, j’épure, pièce par pièce, armoire après armoire. Je donne ce qui, aujourd’hui, n’a plus de sens, ce qui ne me parle plus, ce qui ne me fait plus vibrer.

little house living

25 ans plus tard, j’aspire à retrouver la clairière de ma vie étudiante et à mieux apprécier ce que la vie me présente.

25 ans plus tard, j’ose aspirer à quitter la forêt dense de la consommation.

À propos de moi

Marie-Josée est consultante informatique de métier depuis maintenant 23 ans. À l’aube de la quarantaine, elle frappe un mur. La maman, la conjointe, la professionnelle, l’amie, l’aventurière, toutes ont craqué. Diagnostic : dépression majeure avec trouble d’adaptation. Suite à plusieurs événements dans sa vie, sa capacité physiologique au bonheur ne parvenait plus à se régénérer. Elle a dû réapprendre à se mettre à l’horaire, à apprivoiser le déséquilibre de sa vie et à lui trouver un sens plus profond. Le besoin d’agir, de se réaliser et de sortir de sa zone de confort, c’est ainsi qu’est né le projet de La Tribu : trois mamans, neuf enfants au Costa Rica pendant six mois (de juillet à décembre 2016). Une aventure, en immersion linguistique et culturelle, inspirée par le « Slow Travel ». Elle est passionnée et curieuse sur différents thèmes : la cuisine, la musique, la lecture, la nature, les arts, l’humain, le plein air, les voyages. Tous sont guidés par le même modus operandi : ici et maintenant. Sa collaboration aux Bohos se fera en toute simplicité ! Partager ses réflexions, ses découvertes et ses aventures, avec comme intention d’éveiller en vous ce que vous savez déjà et de vous inspirer à passer à l’action.

2 Comments

Melanie
Reply 9 mars 2017

Allo, moi c est melanie, j ai 3 enfants, j arrive d un 6 ans dans la campagne alpine en autriche avec mes 3 enfants. Ca fait 6 mois que l on est revenus, on s est installe en banlieue, je ne retrouve plus aucun bonheur d y etre et surtout je ne sais plus ou placer toute ces choses! J aimerais avoir de vos belles energies! Je trouve ca tellement cool que vous ayez pris la decision de partir 6 mois avec les petits cocos! Depuis que je suis revenue au qc je ne pars plus nul part avec eux et ca me manque tellement l autriche!

    Marie-Josée Côté
    Reply 9 mars 2017

    Allo Mélanie, Merci pour le commentaire sur mon billet! Tu as vécue toute une aventure pendant 6 ans. C'est magnifique! Le retour doit aussi être vu comme un projet! Il faut le préparer et faire d'autres projets. Quand on part une aussi longue période, le retour peut avoir des effets déprimant sur notre moral. C'est normal, car durant notre périple nous avons été sur un "high". Le retour nous fait prendre conscience de pleins de choses et souvent: d'expansion, nous passons en à l,étape de contraction. Il faut juste apprivoiser et accepter. Les rêves sont notre carburants. Ils sont là pour remettre notre motivation en marche. Ose rêver et focus sur ce qui te fais vibrer. Un rêve à la fois. Je te garantie que tu retrouveras l'énergie!

Laisser un commentaire

Votre courriel ne sera jamais partagé. Les champs exigés sont marqués.