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I got rhythm and I like it !


Comme beaucoup d’entre vous le savent, la danse fait partie intégrante de mon quotidien. J’enseigne, je suis des cours, j’écris sur le sujet… Bref, la danse est comme de succulentes pasta al dente : j’en raffole tout simplement ! Danser « académiquement », c’est génial pour se tenir en forme, pour faire évoluer sa pratique, pour perfectionner sa technique ou pour se faire plaisir. Reste que dernièrement, le billet Mini Thought : Danse, danse à la maison de Julie m’a rappelé l’effet libérateur de la danse pratiquée secrètement dans son petit chez-soi, activité effectuée mainte et mainte fois, plus jeune, dans le sous-sol de la maison familiale, mais encore aujourd’hui, dans la petite cuisine de mon appartement.

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Étrangement, je ne suis pas une fan de « danser en public » : en boîte de nuit, dans un party de famille ou de sous-sol… J’y préfère de loin siroter ma bière et jaser avec les gens. Pour moi, danser est personnel. J’ai l’impression d’exposer ma vulnérabilité. Mon corps est soit un outil (pour les performances scéniques), soit un reflet, sans filtre, de qui je suis. Ma pudeur m’incite donc à me laisser aller davantage dans l’intimité et dans mes moments de solitude. Pas même question d’avoir un œil observateur connu ou familier. Me mettre en mouvement, ça se passe entre moi… et moi ! C’est donc dans le plus grand secret, lorsque les derniers résidents de ma demeure quittent les lieux, que retentissent les rythmes hétérogènes de ma playlist et que mon corps s’élance dans une frénésie métrique de quelques minutes ou de plusieurs heures. OK, OK, OK, je l’avoue ! Parfois, je me laisse aller à quelques déhanchements ou hochements de tête sous le regard amusé de mon entourage. Je n’y peux rien. I got rhythm and I like it!

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Parallèlement à la pratique personnelle, la danse est un art codifié et enseigné. Chaque style a son histoire, ses codes, sa technique et même sa musique. Malgré les nombreuses différences qu’il est possible de retrouver selon les enseignements, les écoles et les genres, la danse se résume généralement sous six dominantes inspirées de la théorie de Laban, grand danseur, chorégraphe et pédagogue. La danse se définit ainsi par : le corps, l’espace, la forme, l’effort, le rythme et l’interrelation. Simple, n’est-ce pas ? Instinctivement, dès que vous vous mettez en mouvement, vous appliquez simultanément ces concepts. Marcher, écrire et même être statique est, en soi, une danse. You got rhythm and you don’t know it! La danse contemporaine met régulièrement ces notions en scène. Dans ce cadre, la danse n’est pas nécessairement perçue comme un art d’esthétisme où le mouvement spectaculaire est de mise et continu. Non. Souvent le processus chorégraphique contemporain s’oriente autour des concepts de Laban pour explorer, redécouvrir et repousser l’idée même du mouvement et de la danse. Il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises visions ; juste des façons différentes et nouvelles de les exprimer. Voilà toute la magie de cet art !

La danse reste quelque chose de très personnel. Malgré les techniques, la sensibilité du danseur est sa meilleure arme. C’est d’ailleurs ce que j’apprécie le plus chez mes élèves : leur appropriation du mouvement, la personnalisation d’un enchaînement et « l’imperfection » dans la forme (sans mettre le corps en danger de blessure, bien sûr !). Dans le plaisir, je désire qu’ils trouvent leur façon de bouger. J’entends et j’observe souvent des personnes affirmer ne pas être à la hauteur pour suivre une classe, soit parce qu’elles manquent de rythme, de coordination ou de connaissances dans le domaine. La danse va cependant au-delà d’un simple savoir-faire, à moins de faire partie d’une compagnie et d’avoir un mandat clair. C’est d’abord une façon de s’exprimer, de se laisser aller et de se défouler, comme Meredith et Cristina, de Grey’s Anatomy, après une longue journée de drama et de chirurgies ! Oh ! Que j’ai apprécié ces moments télévisuels où on voyait les deux femmes s’élancer ensemble comme si le reste du monde n’existait plus ! La pratique, sans jugement ou censure, permet à l’aisance et à la confiance de monter à la surface. L’expérience devient alors unique et on en redemande. On se reconnaît. On se sent. On se comprend.

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À propos de moi

La danse fait partie intégrante de la vie de Marie-Pier. Initiée très jeune, elle se dirige professionnellement vers l’enseignement de la danse et intègre, suite à sa formation en Danga, la pratique du yoga à sa pédagogie. La technique est primordiale pour elle, mais elle ne doit jamais être travaillée au détriment de la notion de plaisir. La créativité est au cœur de son travail. Elle désire aider les gens à se surpasser et à trouver leur propre façon de bouger. Marie-Pier adore écrire, c’est pourquoi elle collabore à la rédaction de billets pour Bohos.

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