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Vivre à deux, le plus grand défi de toute une vie


 La vie à un, ça se gère bien. Majoritairement, on est bien parce qu’on n’a qu’une seule personne à qui plaire : nous-même, donc nos propres besoins du moment, nos propres impulsions & notre mauvais caractère à nous. Dit comme ça, ce serait gênant de dire que c’est dur la vie de célibat, right ? Et pourtant, je dois avouer que pour ma part, même lorsque je suis seule, je ne m’endure pas toujours moi-même.

Règle générale, vivre seul est beaucoup plus facile. Par contre, à la longue, c’est comme si notre corps, nos gènes, notre cœur nous poussaient vers la vie à deux pour partager, pour savourer le monde avec une moitié, pour donner un sens plus profond à notre propre existence.

Évidemment, ce n’est pas tout le monde qui ressent ce besoin de vivre en duo puisque certains ou certaines ont ce que j’appelle le « don » de célibat. Bref, ce texte ne s’adresse pas à eux.

Pour moi, la vie de single fut chouette un temps, mais j’ai vite tourné en rond. Par contre, la vie à deux, elle, est tellement dure, facile, passionnée, plate, épanouissante, restreignante ! Ha ha ha ! Ce que je veux dire, c’est qu’elle peut vite être ambivalente tellement elle est organique et authentique. Et ce n’est pas parce qu’elle est éprouvante par moments, qu’elle est à proscrire, car j’ai pour mon dire que c’est le meilleur moyen vers la sanctification ! Ha ha ha !

Évidemment, si les personnes sont axées sur le mantra générationnel du « selfie » et du « mon bonheur avant tout », alors là, bien franchement, c’est foutu ! Ce mantra est souvent d’ailleurs la source de bien des ravages dans les couples/mariages/familles.

Mon mantra à moi, pour venir contrecarrer celui-ci, est le suivant : aime l’autre comme tu t’aimes toi-même. Sers-le, comme tu aimerais qu’on te serve. Cherche à répondre à ses besoins.

Attention : un mantra, c’est comme une intention qu’on se donne. Il me rappelle constamment comment être avec l’autre. Ce n’est pas une formule magique et ce n’est malheureusement pas le reflet intégral de ma réalité de couple. Pour moi, c’est un travail constant, car je crois que l’être humain est foncièrement un être égoïste, ou disons plutôt « self motivated ». Quand je m’arrêtais pour y penser, je ne pouvais pas m’empêcher de comparer les générations pour comprendre comment mes grands-parents et mes parents ont pu s’endurer parfois après toutes ces années. Mais déjà, en ces quelques mots, je venais de mettre le doigt sur un bobo de génération Y : la surconsommation. J’en ai marre du je jette et j’achète autre chose. Quoique cela puisse paraître cru, pour ma part, j’ai déjà appliqué ce concept à mes relations amoureuses. Surtout avec les réseaux sociaux grandissants… Je veux dire que maintenant, on se fait bombarder de partout de l’image « parfaite » du couple en 2017 (publicités, Instagram, Facebook, Twitter, YouTube, TV shows, etc.). J’ai appelé ce mouvement le « relationship shaming ». Tsé, les couples amoureux aux photos édulcorées qui te montrent à quel point leur vie est enviable (#guilty), quand on essaye de rentrer dans le cadre qui décrit ce qu’un couple devrait être ? Ben, c’est ça. Alors, je sors du placard et je veux déclarer solennellement (je prends mes grands airs présidentiels, ha ha !), pour appeler un chat un chat : ma relation roule ben carré parfois. OUI, par moments, j’aurais envie de tout plaquer ça là pour retourner à mon comfort zone. Mais maudine que c’est enrichissant de vivre ces moments à deux, ensemble. Malgré leur saillant inconfort, ces moments n’enlèvent rien à tout l’amour qu’il y a dans notre relation. Voilà pourquoi j’aime me répéter ce mantra. Parce qu’il me donne espoir avec une nouvelle définition de l’essence même de l’amour.

L’ennemi, ce n’est pas l’autre, c’est ce que tu gardes en dedans

Souvent, je compare « nos chicanes » de couple au principe tout simple de physique qui dit que le froid n’est que le résultat d’une absence de chaleur. Eh oui ! De ce fait, selon moi, la colère, la jalousie, l’impatience, ce sont tous là des symptômes d’un manque d’amour (de soi et des autres). Donc, lorsque mon chum (bientôt mari :)) me répond avec colère, il serait bien regrettable de faire comme Wolf et de répondre par la bouche de mes canons (ma colère à moi). Rappelez-vous toujours de ce principe de physique 101 : du froid + de l’encore plus froid = un ben gros frette entre deux personnes (been there, done that).

Les relations m’ont beaucoup appris avec le temps. J’ai dû en vivre plusieurs avant de comprendre et d’accepter la vérité, mes vérités. Mais ce qu’il faut se dire, c’est de ne pas attendre qu’il soit trop tard pour accepter de les voir en face. Pour accepter de changer et d’évoluer avec l’autre. Donc, je terminerai sur trois petits conseils/rappels que j’ai su retenir avec le temps.

1— Prenez le temps d’examiner votre conscience. Écoutez votre petite voix intérieure qui est super importante. C’est notre guide, mais parfois, elle en fait un peu trop et peut nous tromper. S’il est important de ne pas s’oublier et de ne pas changer pour l’autre, on peut parfois tomber dans la réticence au changement d’être en couple et donc, tomber dans le piège du « arrête de t’oublier dans cette relation » ou du « s’il ne t’aime pas comme tu es, alors tant pis » ou « y en a marre de me faire critiquer ! ». Parfois, ces phrases sont des réticences, des peurs de sortir de notre zone de confort.

2— Évitez de tomber dans les pièges du « comforting » en demandant l’avis de vos copines lorsque vous êtes vexée contre votre chum et ne faites que ventiler. Par expérience, souvent, les filles, on est très très solidaires à nos copines qui sont tristes dans leur relation et parfois, on bitche leur chum pour les aider à aller mieux ou pour justifier leur frustration. Toutefois, ce n’est pas toujours sage…

3— Dites-vous que votre partenaire est le mieux placé pour vous voir sous vos VRAIS angles : les beaux, comme les moins beaux. On lui permet de nous voir ainsi, car on l’aime… et on se sent aimée, donc on baisse nos gardes. Par contre, souvent, on baisse aussi d’autres trucs nices de notre personnalité qu’on garde pour les gens au bureau ou nos amis. Donc, à la maison, une fois seule avec notre chum, ben il reste presque juste des trucs moins nices de notre personnalité (moins patiente, moins souriante, moins énergique) et c’est souvent là que notre lover nous le remet en pleine face et que là, ben, on est un peu à boutte, puis on décide de protester. C’est drôle, hein, parce qu’on le fait tous, mais on ne s’en rend même pas compte. Rappelez-vous, vous êtes ce que vous dites et faites. Alors, gardez cette petite pensée en tête pour votre quotidien, it’s a real life saver ! 😉

Grosso modo, je dirais simplement : faites confiance à votre partenaire qui vous aime pour

vous aider à découvrir quelles sphères de votre personne sont à travailler et si vous êtes en accord, mettez-vous à l’ouvrage. Permettez-vous de partager cet espace intime pour vous dire les vraies choses, mais avec un cœur incliné vers l’autre et surtout avec un désir que l’autre devienne toujours une meilleure personne.

Prenez le temps de prier et de méditer (si ça vous parle) tous les deux ensemble (durant les bons temps, comme dans les mauvais) pour booster la « vibe » de votre relation. Prenez ce projet de vie à deux comme un work in progress « organique ». Surfez en duo sur ces vagues qui peuvent parfois vous faire tomber de haut. Rappelez-vous, au travers de vos chicanes, que l’ennemi ce n’est pas l’autre, mais plutôt vos sentiments refoulés. C’est à ce moment que vous pourrez constater que la vie à deux est une puissante bénédiction !

À propos de moi

Parce que son sourire n’a nul autre égal que sa curiosité pour ce monde, Émilie découvre la vie à travers ses intérêts pour l’écriture, les dynamiques sociales, les pratiques de mieux-être, et surtout, à travers les bons vieux [email protected] entre copains ! Telle une Bohos, Émilie s’entête à s’exaucer pleinement à travers une variété de projets qui lui tiennent à cœur afin d’y mettre à contribution ses compétences en communication. L’écriture, elle aime bien. Selon elle, les mots articulent le sens de nos vies, de nos mises en scène quotidiennes. Forte de cette pensée, Émilie s’abandonne depuis quelques années à la rédaction de plusieurs petites compositions comme un exutoire ; son paradis perdu. Émilie possède cette curieuse manie d’analyser et d’approfondir le sens des dynamiques sociales qui l’entourent… Friande des concepts tels que l’intelligence émotionnelle, l’éveil spirituel et la conscience de soi, elle aspire à développer ses compétences professionnelles afin de pouvoir contribuer à l’évolution de ceux et celles qui l’entourent.

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