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Lettre à mes intimidateurs


Salut à vous, chères personnes.

Je me permets de vous écrire une lettre pour prendre de vos nouvelles. Ça fait dix ans que nous ne nous sommes pas parlé. J’avais envie de faire un billet de blogue pour vous adresser la parole personnellement. Dix ans… le temps passe. En 2010, c’était l’époque des autobronzants, des cheveux aplatis et des sourires aux dents droites et blanches. C’était aussi le temps des troupes de danse, des équipes de volley, des nuits sportives et j’en passe. Il y avait des cat eyeà n’en plus finir et des gangs de plus en plus divisées : les populaires, les intellos, les sportifs, etc.

Mais il y a dix ans, c’était aussi l’époque des « va te pendre ». La dernière parole qui m’est restée à l’esprit, depuis un bon bout de temps. Sachez que je n’écris pas ce billet pour faire pitié. J’avais envie de retourner le tout pour vous dire que PEU IMPORTE, j’ai bien continué. La tête haute, j’ai avancé pour finir un CÉGEP qui n’a peut-être pas été fructueux pour moi, mais qui a quand même été bénéfique avec du recul. Vos paroles émises en ma dernière année de secondaire m’ont permis de me renforcer contre la critique. Je pense que même si je n’avais pas été vulnérable à cette époque, les commentaires de mes professeurs en arts visuels ne seront jamais aussi bien rentrés. Vous savez, à grand coup de haches verbales, vous, chères personnes, vous avez réussi à me faire devenir femme plus rapidement. Finalement, j’ai terminé mon CÉGEP pour finalement atteindre l’ambition que je m’étais fixée au primaire : aller à l’université. Parce que oui, chères personnes, même si j’avais une drôle de bouille et un style vestimentaire particulier, ma tête était pleine de rêves et de projets.

L’université n’aura pas été de tout repos. Avec mes nombreuses lectures à n’en plus finir, j’ai accumulé plusieurs notes qui étaient bonnes, à certains moments, et d’autres qui l’étaient moins. Je me suis forcée, j’ai retroussé mes manches. Je me suis dit que tout irait bien. D’une certaine façon, les « va te pendre » se sont transformés et m’ont donné du courage pour avancer. J’ai finalement obtenu un diplôme en communications. Vous allez me dire que j’ai de quoi être fière. Oui, j’ai de quoi être fière d’être passée au travers de toutes ces paroles malsaines et répétitives tout au long de mon secondaire. En dix ans, j’ai transformé chaque « va te pendre » en pièce d’or pour finalement réaliser que oui, je n’étais peut-être pas populaire, je ne me maquillais peut-être pas assez, je n’allais peut-être pas au salon de bronzage, je n’avais peut-être pas les dents blanches et je ne me crêpais pas assez les cheveux… Mais, la plus belle chose que vous m’avez transmise est qu’au bout du compte, j’étais et je suis encore quelqu’un, moi aussi. Et ça, je vous en remercie

À propos de moi

Raphaëlle, c'est une gentille "bibitte" de 5 pieds 10 qui aime se faire aller la plume sur toutes sortes de sujets. Depuis près de quatre ans, elle collabore avec le blog Le Canal Auditif pour des aventures musicales. C'est en voulant explorer d'autres avenues rédactionnelles que "Raph" veut sensibiliser sur des causes qui lui tiennent à coeur, par exemple : la santé mentale et l'environnement.

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1 Comments

Genevieve
Reply 17 mai 2019

Quelle femme cette Raphaëlle! Elle confirme que la beauté réside dans la différence!
Gen alias Mme Pratte

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