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« Shower Thoughts » sur le féminisme


Je suis féministe. Et je sens que je dois sortir d’un certain placard en affirmant cela. Cela fait un moment que je veux écrire sur le féminisme, mais quand l’idée m’est venue en tête, je me suis dit : « Je ne peux pas faire ça, je doute trop, je me pose trop de questions, je ne suis pas une bonne féministe… » Mais presque instantanément, je me suis répondue à moi-même. « Ben non ! C’est impossible. Il n’y a pas de bons ou de mauvais féministes… Tendre vers le féminisme est déjà mieux que de ne pas y penser du tout. »

Malgré cette prise de conscience, quelque chose d’autre m’arrêtait. Je sentais une sorte de réticence. Est-ce que j’avais assez de courage pour m’afficher tel quel ? Pourquoi fallait-il avoir du courage pour le faire ? C’est alors que j’ai découvert que le mot féministe faisait encore peur, du moins, il ME faisait peur.

Mais avant d’aller plus loin, voici une petite définition du féminisme : « Le féminisme est un ensemble de mouvements et d’idées politiques, philosophiques et sociales, qui partagent un but commun : définir, établir et atteindre l’égalité politique, économique, culturelle, personnelle, sociale et juridique entre les femmes et les hommes. »[1]

Égalité. J’aime quand les dictionnaires parlent d’égalité, puisque c’est exactement la définition que j’en ferais. Une égalité entre les hommes et les femmes. Je ne souhaite pas que les hommes perdent leurs privilèges, mais que simplement les femmes aient les mêmes. Ce qui n’est pas si simple finalement.

Je sentais qu’en tant que féministe, j’allais devoir défendre quelque chose, porter un flambeau, me fâcher ! Et puis, je me suis rendu compte que je faisais déjà tout cela de toute façon. J’étais déjà féministe sans l’avoir dit à personne, alors pourquoi avoir peur de le faire ? J’avais peur que les gens remettent en doute mes réflexions, me posent trop de questions sur mes motivations, essaient de trouver une faille dans mon cheminement. En effet, s’afficher de la sorte (comme de s’afficher en tant que végétarien, d’ailleurs) peut créer un malaise chez les gens. Un personne qui parle de son mode de vie ou de pensée dit « alternatif » à un interlocuteur le met face à sa propre position sur le sujet et parfois, certains d’entre eux peuvent se sentir critiqués ou jugés parce qu’ils ne s’affichent pas comme tel. Ce qui est dommage, puisque la plupart du temps, ce n’est pas fait pour provoquer, simplement pour informer ou échanger. Mais plusieurs personnes ont peur du changement, des différences. Et comme disait Wonder Woman : les humains, face à la peur, répondent par la peur, et parfois même par l’agressivité et la violence.

Mais qui peut avoir peur d’une quête pour l’égalité ? Il n’y a pas de perdants et tout le monde finit gagnant. Et pourquoi moi, je continue d’avoir peur de m’afficher comme étant féministe ? L’auteure nigériane, Chimamanda Ngozi Adichie l’explique bien dans son livre We Should All Be Feminists. Elle dit que le mot « féministe » vient encore avec un paquet d’idées préconçues, d’images véhiculées au fil des ans par des gens qui redoutaient la prise de pouvoir des femmes. Je vous épargne les clichés, mais je suis sûre que vous voyez ce que je veux dire. Pourtant, féminisme ne rime pas avec féminité (ça commence pareil, mais ça ne rime pas !). On peut vivre notre féminité comme bon nous semble et être féministe en même temps, sans que l’un ait besoin d’être reflété dans l’autre.

Alors, je me pose la question une dernière fois : pourquoi avoir peur du mot féminisme ? Pour rien. C’est quand j’ai passé du temps avec une amie en Irlande que ça m’a frappée. Cette amie est une féministe convaincue qui s’affiche fièrement et qui en fait un de ses enjeux de vie… et c’est tellement beau ! Elle ne fait qu’un avec le féminisme et exhibe sa fierté même sur les murs de son appartement ! Alors, dorénavant, je ne me cacherai plus pour vivre mon féminisme à demi-mot. Il y a encore tant de choses à dire sur le sujet… Et c’est parti !

D’ailleurs, en terminant, saviez-vous qu’il y a quelque temps, nous avons eu la chance de fêter la Journée internationale de l’hygiène menstruelle ? Dis comme cela, ça n’a rien de glamour, c’est sûr. Mais cette journée sert à détabouiser les menstruations, surtout dans les pays moins industrialisés où les menstruations sont encore perçues comme « celles dont on ne doit pas prononcer le nom ». C’est Aranya Johar, une jeune féministe indienne de 18 ans, qui me l’a appris dans son texte sur le sujet.

C’est d’ailleurs une très belle idée d’avoir une journée consacrée à fêter ce que Aranya Johar appelle « le seul sang qui coule sans violence ». Bravo à nous toutes qui sommes déjà allées travailler malgré notre utérus en lambeaux et ce bout de coton dans le vagin. On est forte, les femmes !

[1] Source : Wikipedia

Référence de l’image à la une: Chimamanda Ngozi Adichie 

 

À propos de moi

Après avoir étudié dans plusieurs domaines artistiques, Jaëlle étudie maintenant la vie. Passionnée et connectée à la joie, elle souhaite pouvoir inspirer les autres à trouver de la lumière dans leur quotidien.

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