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Quand le jugement s’en mêle – outrepasser les préjugés


J’ai toujours été féministe. D’aussi loin que je me souvienne, pour des raisons et des origines encore inconnues, je me devais d’être aussi forte, compétitive et reconnue que les garçons, peu importe le domaine. Malgré ma grande gêne, je me suis toujours battue pour l’honneur des filles faisant partie de mon entourage, cela même si je n’adhérais pas toujours à leur comportement ou à leur façon de penser. Je me faisais un devoir de les soutenir, d’être solidaire, et même de les protéger. Surtout pas question de montrer nos faiblesses au sexe opposé ! Nous, femmes, devions être fières, fortes et résistantes. En y repensant, je trouve particulier la présence de ce sentiment alors que j’étais si jeune et, à mon souvenir, aucunement oppressée. On ne me faisait pas sentir, outre dans les sports peut-être, l’infériorité des filles par rapport aux garçons. J’étais pourtant très engagée moralement dans la représentation de mes paires, et cela, malgré mes relations souvent plus simples et directes avec la gent masculine.

Aujourd’hui encore, et même davantage ces dernières années, je ressens cet attachement, ce besoin d’appartenance et de solidarité envers le sexe féminin. Cela est exacerbé, entre autres, par ma plus grande compréhension et observation des stéréotypes, des inégalités et des injustices auxquelles les femmes font face encore aujourd’hui. J’apprécie grandement le caractère et l’audace de certains visages connus et moins connus à assumer, de manière provocante ou en douceur, leur féminité et leur voix. Pourtant, j’ai conscience de ma propre difficulté à outrepasser certains tabous. Contrairement à la jeune moi, j’ai davantage de difficultés à « endosser », et surtout, à comprendre le comportement de certaines femmes. Je désire tellement que la femme soit sans faille. Je le veux pour elle, pour son avancée et pour son rayonnement. Cependant, avant de le demander aux autres, je dois commencer par l’exiger à moi-même, sans pour autant devenir une wonder woman. La perfection n’existe pas. Elle est même, à la limite, ennuyante. L’erreur est humaine, et c’est souvent par elle que nous apprenons et grandissons. En essayant de les minimiser, acceptons-les et tentons de les comprendre. Peut-être notre vision en sera-t-elle transformée ? Peut-être arriverons-nous à avancer ensemble ?

Je l’avoue, ma vision est souvent tranchée. C’est blanc ou c’est noir. Avec le recul, et après m’être confrontée à d’autres points de vue, il m’est possible de voir les nuances, sans pour autant les apprécier, mais au moins de comprendre autrement. J’essaie, au meilleur de moi-même, de rester ouverte et compréhensive. Malheureusement, il m’arrive d’échouer. Dans ces moments, je m’en veux ; je m’en veux de ne pas appuyer les démarches d’une de mes sœurs, de ne pas partager sa vision, d’en vouloir à certaines de s’être mises dans des positions aussi vulnérables, de ne pas revendiquer leurs droits, je m’en veux de ne pas appuyer TOUTES les causes…. En même temps, mettre toutes les actions et les réflexions sur un même pied d’égalité serait utopique et manquerait de discernement. Malgré ce constat, je n’aime pas discriminer, surtout en sachant que mon jugement, mes connaissances et mon vécu entrent en ligne de compte dans ma perception et dans mes réactions face à une situation. L’objectivité est une qualité à travailler et à valoriser afin de mieux voir le portrait d’ensemble. Il faut toujours pousser la réflexion plus loin afin d’assurer une meilleure compréhension d’un phénomène. Ne pas s’arrêter aux premières impressions. Se questionner.

Oui, se questionner, car personne ne détient la vérité absolue. La réalité de chacun lui est propre, mais à l’image de la théorie de la relativité d’Einstein, chaque réalité est influencée par des éléments n’étant pas toujours perceptibles ou communs. Tels des scientifiques, nous sommes à la recherche d’explications afin de mieux comprendre le comportement, les actions et les motivations de l’humanité. Nous voulons changer les choses. Pour le mieux, je l’espère. Nous sommes des scientifiques humanistes. Du moins, nous devrions tenter de l’être. Arrêter de croire que l’existence se résume à ce que l’on voit ou connaît ; aller au-delà, repousser des frontières, être curieuses et surtout, ne pas laisser le jugement interférer dans notre recherche de la vérité… Mettre à profit notre compassion et notre empathie, deux sentiments essentiels à la compréhension de l’autre. Dernièrement, en regardant l’actualité, je trouve qu’ils font plutôt défaut. Triste et effrayant. Nous devrions penser et réfléchir au bien commun plutôt qu’à soi-même. Laisser tomber les jugements et les peurs pour mieux se questionner afin de mener à bien une cause, un projet de société ou des idéaux. Pour ma part, je travaillerai là-dessus afin de faire briller encore davantage mes comparses.

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À propos de moi

La danse fait partie intégrante de la vie de Marie-Pier. Initiée très jeune, elle se dirige professionnellement vers l’enseignement de la danse et intègre, suite à sa formation en Danga, la pratique du yoga à sa pédagogie. La technique est primordiale pour elle, mais elle ne doit jamais être travaillée au détriment de la notion de plaisir. La créativité est au cœur de son travail. Elle désire aider les gens à se surpasser et à trouver leur propre façon de bouger. Marie-Pier adore écrire, c’est pourquoi elle collabore à la rédaction de billets pour Bohos.

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