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Nous sommes « enough » : faire la paix avec le passé


La dichotomie entre ce dont on rêvait étant enfant et la réalité une fois adulte est parfois grande. Enfant, nous brillons par notre innocence et notre imagination. La preuve, mon rêve était de devenir un joueur de basketball professionnel. Oui, oui, un joueur… au masculin ! J’ai vite compris que cela n’arriverait pas. Cependant, ma vision et ma connaissance du monde à ce moment-là m’ont amenée à construire une projection de moi adulte. J’ai grandi en fonction de ces croyances et de ces aspirations. Elles se sont modifiées en chemin, oui, mais elles se sont parfois ancrées. Cela est dû, entre autres, à mes connaissances et à l’analyse de mon environnement à l’époque : ce que j’avais appris, ce qu’on m’avait inculqué, les attentes des autres, les normes de la société, les courants populaires/politiques/sociaux, etc. La multiplication des choix personnels et professionnels des dernières décennies a aussi aidé à amplifier le fossé entre notre vision d’enfant et notre cheminement en tant qu’adulte.

Tendances de mode

Je vous partage cette constatation parce que dernièrement, j’ai réalisé que tout le long de ma jeune vie d’adulte, j’ai dû faire le deuil de plusieurs de ses « fausses croyances » à mon égard. « Évident! », me direz-vous ? Pas autant que ça ! Bien sûr, je suis plus que consciente des changements de mentalité et d’objectifs opérés ces dernières années, mais je n’avais pas tout à fait porté attention à leurs impacts, lesquels sont parfois sournois. Ils restent terrés au plus profond de nous jusqu’à ce qu’ils reviennent nous hanter de façon franche ou simplement par un mal-être constant incompréhensible… Un exemple :

Quaesatis

J’ai décidé de faire carrière dans un domaine « artistique », la danse. Entendons-nous. La plupart des artistes ne décident pas de se lancer professionnellement dans le milieu pour l’argent, car nous sommes conscients qu’il y a beaucoup d’appelés, peu d’élus (et encore moins d’élus vraiment riches !). Alors, nous recherchons souvent une forme de reconnaissance, de gloire. C’est en quelque sorte notre paie. Cependant, qu’arrive-t-il lorsque cette reconnaissance n’arrive jamais ? Lorsque nous nous trouvons désillusionnés par le milieu ? Nous nous remettons en question, nous essayons de nouvelles avenues et nous finissons par changer de voie. Et c’est OK ! C’est la vie. Il n’y a pas de gêne ou de honte à avoir. Nous avions quelque chose de mieux qui nous attendait et notre accomplissement personnel sera sans doute mieux servi. Malgré tout, il y a cette petite voix… Cette voix revient lorsque nous allons voir un spectacle, lorsque nous regardons les réalisations de différents artistes, lorsque nos proches nous envoient, avec toutes les meilleures intentions du monde, les prochaines auditions près de chez nous. Oui, ça fait mal de réveiller de vieilles blessures, de revivre un deuil, de revenir sur une décision prise il y a longtemps. Parce que nous avions cette volonté et ce potentiel de briller, de « réussir » dans un domaine autrefois rêvé. Nous avions fait de cette vision notre future réalité.

Cette réalité n’est plus la mienne. Pourtant, j’adore ma vie, mes opportunités, mon travail… mais je sais que je ne me suis pas pardonné d’avoir renoncé à mon rêve « d’enfant ». En prendre conscience est le premier pas vers un affranchissement pour réellement passer à autre chose. J’en ai besoin, nous en avons besoin.

Banaliser notre quotidien est facile. Nous nous comparons constamment avec les autres, nous avons des besoins dictés par la société dans laquelle nous évoluons, nous remettons en doute des choix, et parfois des aléas, basés sur le potentiel que nous avions… Comme si ce que nous sommes aujourd’hui n’est pas assez. Comme si la personne que l’on est n’avait pas autant de valeur que… que quoi au fait ? Pas autant de valeur que des concepts sociaux de réussite ou de l’idée qu’on se fait du bonheur ? Bullshit ! À chacun son bonheur et sa réussite ! Vous êtes les dictateurs de ces éléments dans votre vie. C’est vous qui imposez vos limites, vos objectifs, pas vos proches ni la société.

Peu importe vos buts, qu’ils soient familiaux, professionnels ou personnels, l’important est d’être heureux, de s’activer à les atteindre et surtout de se rappeler que la personne que vous êtes aujourd’hui est au bon endroit. Vous êtes « enough » comme vous êtes ! Paroles de cœur d’enfant.

Virginie Bichet

Référence de l’image à la une

À propos de moi

La danse fait partie intégrante de la vie de Marie-Pier. Initiée très jeune, elle se dirige professionnellement vers l’enseignement de la danse et intègre, suite à sa formation en Danga, la pratique du yoga à sa pédagogie. La technique est primordiale pour elle, mais elle ne doit jamais être travaillée au détriment de la notion de plaisir. La créativité est au cœur de son travail. Elle désire aider les gens à se surpasser et à trouver leur propre façon de bouger. Marie-Pier adore écrire, c’est pourquoi elle collabore à la rédaction de billets pour Bohos.

1 Comments

Valérie Trinh
Reply 1 mars 2017

Merci pour ce beau partage. Il arrive à point !!

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