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La dignité


Je suis une fille de mots. J’aime les lire lorsqu’ils sont écrits sur des feuilles de papiers ou dans des livres alors que lorsqu’ils le sont sur mon écran d’ordinateur j’ai l’impression qu’il me manque quelque chose d’essentiel, quelque chose de tangible. Si vous pouviez voir mon côté du lit, vous y découvririez une table de chevet couverte de 15 livres ! Et oui, je les lis tous à différents degrés, en fonction de ce que mon âme ressent qui lui fera du bien ! Parfois, j’en lis deux le même soir !

Cela me rappelle qu’étant enfant, je n’aimais pas lire alors que tous les membres de ma famille s’adonnaient à ce passe-temps avec beaucoup de plaisir. Ma mère pouvait lire plusieurs livres en même temps ce qui me semblait impossible à l’époque. Comment faisait-elle pour suivre toutes ces histoires sans les mélanger les unes aux autres ! ? Aujourd’hui, je réalise qu’il est possible de lire sur différents sujets sans en perdre le fil !

J’aime donc lire et j’aime aussi écrire. Mon cerveau traite mieux les mots que les images et c’est fascinant de constater jusqu’à quel point cela est fort. Ma partenaire d’affaire et grande amie Isabelle O’Brien est également une artiste, et elle voit le monde en images. Lorsqu’elle prépare ses cours de yoga, elle fait des dessins. Quand je prépare les miens, j’écris et décris des séquences d’enchainements ! Lorsqu’elle enseigne ses classes, elle démontre beaucoup de postures et elle parle « de voir ou d’enregistrer des images ou des photos. » Lorsque j’enseigne, je démontre les postures en détaillant le maximum d’informations avec des mots.

Depuis l’arrivée de 2017, j’éprouve un grand besoin de lire sur la méditation et sur l’estime de soi. Ces deux domaines peuvent sembler ne pas avoir de liens l’un avec l’autre et pourtant, ce n’est pas le cas. J’ai acheté et lu différents livres portant sur la méditation et sur l’estime de soi et mes lectures se croisaient d’un soir à l’autre. Afin de profiter davantage des effets de la méditation, je me suis également laissé guider par des voix enregistrées. J’ai lu à plusieurs reprises et entendu un mot qui a fortement résonné en moi. Il s’agit du mot « dignité ». Je crois qu’il a résonné si fort car c’est un mot que j’ai utilisé dans un mantra qui m’avait été suggéré par une psychologue que je voyais à une certaine époque de ma vie. « Je suis digne d’amour jusqu’au pardon. » Ce sont des mots très forts et je les utilise encore aujourd’hui lorsque le doute m’assaillit. « Je suis digne d’amour jusqu’au pardon. » Les mots ont un grand pouvoir sur nous…

Alors « dignité » a fait son apparition dans la façon dont je m’assoie pour méditer et dans le regard que je me porte à tous les jours. Je ne sais pas pourquoi mais il y a quelque chose de doux et de fort qui émane de ce mot. Et lorsque je m’assoie et que je pense à le faire dignement, c’est comme si je m’autorisais à juste être là, telle que je suis. Le pouvoir de cette action est encore plus fort lorsque je suis un peu « down » et qu’en en prenant conscience, je décide de m’asseoir dignement. Ce simple geste me permet d’accepter que c’est ce sentiment qui m’habite plutôt que de le revêtir inconsciemment et de devenir ce sentiment. Il y a une grande différence entre les deux. Je me sens « down » et je suis « down ». Ressentez-vous l’effet que ces mots ont sur vous ? L’une de ces phrases est une observation, l’autre semble énoncer un fait.

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J’ai tranquillement commencé à tracer un parallèle entre la médiation et l’estime de soi quand j’ai vu à quel point il m’était difficile de prendre du temps pour méditer, comme il m’était difficile de prendre du temps pour moi. Ces observations, étant déjà une forme de pleine conscience, faisaient ressortir mon manque d’estime de moi. Je préférais faire toutes sortes de choses pour prouver ma valeur ou mes capacités aux autres plutôt que de prendre soin de moi. M’arrêter pour méditer m’aura donc permis de constater que c’est un acte qui nécessite de faire un choix : « Je me choisis, je me place en tête de toutes les priorités que j’avais mises sur ma liste de choses à faire. »

Sans m’en rendre compte, me choisir en méditant a mis un baume sur mon estime de moi. J’ai commencé à me sentir mieux et plus je me sentais mieux, plus j’avais envie de retourner m’assoir sur mon coussin et méditer. Après réflexion, je constate que mon mieux être est un mélange de plusieurs choses. Les lectures m’ouvrent des portes sur des sphères de moi que je ne connaissais pas et qui peuvent me sembler effrayantes alors que la méditation me permet de les observer avec une sorte de détachement. Ce détachement met en lumière mon attachement à ce que je pense devoir être ou faire pour mériter l’estime des autres. Et c’est là une grande opportunité de croissance car il est vrai que, dans une certaine mesure nous avons besoin du regard des autres pour avancer, mais lorsque ce regard modèle nos façons de faire ou d’agir, il nous coupe finalement de notre propre potentiel.

M’arrêter quelques minutes par jour pour essayer de calmer mon mental me permet de voir les choses qui me tourmentent. Une fois qu’elles sont identifiées, je peux les regarder avec plus d’objectivité. Cette objectivité est essentielle car elle me permet de voir que j’ai des croyances et des jugements de valeur que je porte en moi et que j’applique à moi et aux autres. Ces croyances et jugements ne sont pas nécessairement le reflet de la réalité et c’est là que les notions lues sur l’estime de soi peuvent me servir à les revoir et les corriger.

Je mentirais en vous disant que c’est facile ! Mais comme dans la classe de yoga, lorsqu’on garde le cap sur les bienfaits d’après classe, c’est un peu comme tenir une carotte au bout d’un bâton qui nous encourage à persévérer. Il arrive un temps ou la carotte n’est plus nécessaire puisque le choix est fait, compris et pleinement intégré. C’est maintenant vers cela que je tends avec ma pratique de la méditation. Il y a des matins où je n’ai pas envie de me lever car je suis bien dans mon lit. Mais je sais que plus tard dans la journée, j’aurai l’impression d’avoir loupé quelque chose et de m’être finalement laissé tomber. Lorsqu’on manque d’estime de soi, on se laisse souvent tomber. On passe au second ou au troisième rang pour se retrouver au sous-sol. Se choisir n’est pas un acte égoïste, je pense qu’il relève plus de l’altruisme. En prenant soin de moi, je ne compte plus sur les autres pour faire ce travail, je deviens plus attentive à mes propres besoins et je peux mieux y répondre plutôt que d’attendre que les autres le fassent. Encore là, ce n’est pas toujours facile, mais l’attention bienveillante que je me porte en méditation m’aide à me regarder avec plus de douceur et d’indulgence dans la vie de tous les jours, surtout quand ce que je vois ne me plait pas !

Il n’y a rien comme faire ses propres expériences et tirer ses propres conclusions pour avoir le goût de persévérer.

Namasté

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À propos de moi

Valérie est une grande observatrice. Elle aime se remettre en question, ce qui l’amène à écrire pour faire le point. Son parcours de vie est atypique. Elle a étudié dans le domaine de la santé et dans celui des arts pour finalement travailler 16 ans comme fonctionnaire à la Ville de Montréal où elle a répondu à des appels d’urgence, fait de la formation et travaillé comme gestionnaire. Elle est professeure de yoga et copropriétaire du studio Bikram Yoga à Boucherville. Son plus grand souhait : « Être bien avec moi-même, ce qui implique d’être authentique et consciente de ce qui m’habite. Que ce soit des joies, des peines, de la colère ou un pur bonheur, l’authenticité passe par une totale acceptation de ce qui se passe en moi, même si ce n’est pas toujours facile ! » Certains la décriront comme une force tranquille sur laquelle il fait bon s’appuyer. Par sa participation à Bohos esprit libre, elle souhaite partager ses réflexions, ses peurs, ses joies, un peu d’elle-même comme elle le fait depuis quatre ans avec les gens qu’elle croise à son studio.

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