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Être responsable et l’effortless attitude


Plusieurs ont souvent l’impression que pour être responsable dans sa société, ça prend toujours de la rigueur, de la rigidité et que le plaisir prend le bord. Être responsable demande effectivement un certain effort, c’est vrai. Ça n’a rien de désintéressé. Il faut, je l’avoue, une volonté et une conscience de nos faits et gestes.

De mon côté, mon questionnement sur ma façon de vivre, de faire les choses, de consommer, d’entrer en relation avec mon prochain ne date pas d’hier. Très tôt, j’ai compris que ce moule, que cette façon de consommer nourriture, vêtements et produits en tout genre s’avérait bien loin, il me semble, de notre nature profonde. Une nature que je souhaite connectée au présent, aux gens et à ce qui nous environne, loin de l’ego autant dans nos relations avec d’autres humains que dans notre façon de prendre la terre comme si elle nous appartenait.

Mais de la réflexion à l’action, il y a là un grand processus. Et justement, le mot clé ici est « processus ». Pour arriver au végétarisme, je suis passée par plusieurs étapes et ma volonté d’être végane prend aussi du temps. Je ne suis pas encore arrivée à cette transition entièrement et c’est OK ! Mais le processus est en cours : des habitudes dans cette direction se prennent, des réflexions sur le sujet se font. Changer ses habitudes, les intégrer pour justement les vivre de manière effortless, ça prend du temps.

Parfois, quand je prends du recul, quand Facebook me rappelle où j’étais il y a cinq ans, ça me fait vraiment sourire. Est-ce que je suis arrivée à ce « aujourd’hui » du jour au lendemain, non. Parfois, quand on me dit très zen, je n’arrive pas à répondre par un genre de « ah oui, merci » bien senti. Il est vrai que si je prends le temps de me rappeler comment j’étais nerveuse à une certaine époque, je me dis : « ah oui, c’est vrai, je suis plus zen qu’auparavant ». Mais zen, vraiment ? Oui, mais non. Je ne suis pas « zen », je suis moi et j’apprends à le devenir. Justement, je pense que cette notion d’apprentissage et d’évolution constante, de grandir sans chercher à atteindre le nec plus ultra de la pensée zen ou de l’asana parfait, ça peut nous permettre de vivre cette voie de notre responsabilité d’humain autrement.

L’effortless attitude, c’est de voir tout ça comme un long chemin. Chaque journée, on fait un pas de plus dans une direction plus responsable au service de notre planète, de l’amour que nous avons pour nous et pour les autres.

Est-ce que d’entrer dans cette mouvance fait que nous avons moins de plaisir ? Non. Mais est-ce que nous sommes plus sensibles à ce qui nous entoure ? Oui. Est-ce qu’il devient de plus en plus difficile de se détacher de la souffrance des animaux dans les abattoirs, de l’état de notre planète parce que nous cherchons encore et toujours plus de produits de consommation à nous mettre sous la dent ? Sans compter l’état du rôle de la femme à travers la planète ou du racisme encore trop présent ailleurs ou même ici, au Québec ? Oui, je suis plus sensible ; oui, je me questionne beaucoup plus maintenant sur l’état général de notre planète que sur ce que je vais porter demain. Cela dit, je confirme, je me demande quand même ce que je vais porter cet automne, mais c’est beaucoup moins le centre de mon univers, même si c’est là ! Et c’est encore amusant.

J’ai encore beaucoup de plaisir. En fait, il s’est simplifié. Il me semble même beaucoup plus doux et sans prétention. Mon sac en tissu rempli de légumes me rend follement heureuse ; prendre un café avec une copine sur une terrasse n’a pas besoin de me coûter des milliers de dollars. J’adore trouver des pièces vintage pour me créer des looks qui me ressemblent, aller voir des shows, des musées, me connecter aux arts qui racontent des choses.

L’effortless attitude dans une vision responsable, c’est de prendre le temps d’être consciente et de « walk the talk » — une journée à la fois — comme on dit.

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À propos de moi

Julie se passionne pour le mieux-être et l’art de vivre. Professeure de Yoga et de Danga, elle craque pour l’humain et ses riches interactions. Créatrice d’ambiances et artiste dans l’âme, elle aime offrir des atmosphères et des concepts lors de ses ateliers : d’ART DE VIVRE, de DANGA et dans ses classes de yoga. Parallèlement à l’enseignement, elle met à profit dix années d’expérience dans le domaine des communications en offrant une alternative mieux-être avec sa plateforme Bohos et ses collaborations en tant que rédactrice. Au quotidien, Julie aime goûter aux petits bonheurs de la vie et prendre soin de ceux qu’elle aime. ♡

2 Comments

Bhinesha Seetaram
Reply 27 septembre 2017

Merci Julie pour cet bel article. Je me suis vite retrouvée dedans.
Je me demandais c'est quoi le Danga.

Au plaisir de lire plus de tes articles.

Bhinesha

    Julie Thério
    Reply 29 septembre 2017

    Coucou Bhinesha, merci tellement de tes bons mots, c'est hyper encourageant et inspirant de voir que d'autres sont sur la même voix. Pour répondre à ta question, le Danga, c'est un parcours multichouche au sein duquel dialoguent la fougue de la danse et l'enracinement du Yoga. La première en son genre a être accréditée par le yoga alliance. Je ne sais pas si tu demeures à MTL ou dans les environs, mais moi et mes collègues Danga on travaille sur un calendrier d'événements pour inviter les gens à venir goûter à cette pratique. Au plaisir de continuer à partager et discuter avec toi. À bientôt !

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