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Embrasser la solitude – les vertus de se retrouver seule


Elle est plus souvent fuite que recherchée. Elle est souvent montrée du doigt comme si elle était anormale, signe d’un problème, d’une différence, d’une déficience. La solitude n’a pas la cote. Même sa signification est péjorative. Le mot solitude, dans l’imaginaire collectif, fait référence à être seule, triste, et à l’isolement. Ces mots font peur. Pourtant, nous ne devrions pas être anxieuses à nous retrouver seules, que ce soit dans notre vie personnelle ou seulement pour un moment. La solitude à plusieurs vertus. Il suffit de les apprivoiser et de laisser tomber le regard des autres.

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S’accorder une pause

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Les bénéfices de la solitude commencent par le simple fait de prendre une pause ; une pause pour le corps et l’esprit. Au travail, nous sommes constamment en relation avec les autres. Nous sommes souvent débordées par les tâches à accomplir, continuellement sollicitée et à bout de souffle. Pourtant, en soirée et les weekends, c’est le même tourbillon social : soirées entre amis, repas avec la famille, courses dans des endroits publics. Nos codes sociaux sont en action de façon continue. En nous retrouvant seules… les barrières tombent. Nous pouvons enfin être nous-mêmes sans nous soucier de qui ou de quoi que ce soit. Être seule, c’est s’accorder le droit de s’habiller en mou, de manger notre pêché mignon bien écrasée (ou non) sur le sofa, à regarder, échevelée, notre série kitch favorite. C’est s’accorder le droit de garder le silence ou de crier tout haut ce qu’on pense tout bas. C’est danser dans sa cuisine, se promener nue sans même s’arrêter devant un miroir, méditer sur sa pile de vêtements sales sans la moindre culpabilité, marcher sans but ou pleurer sans relâche parce que la semaine a été difficile. C’est faire ce qui nous plait à un moment précis sans prendre personne d’autre en considération. C’est prendre du temps pour soi, pour décompresser. Notre retour en société n’en sera que plus agréable.

Prendre confiance

Mady Corbein

La solitude, dans son environnement personnel, est plus simple à assumer. Peu de regards seront là pour juger. Le défi est de vivre sa solitude en public : aller au restaurant ou au cinéma, assister à un évènement ou même, se rendre à une réunion de famille en célibataire pour la sixième année de suite ! Que ce soit sur le plan amoureux ou amical, les attentes sociales tendent à regrouper les gens. C’est difficile d’imaginer une personne passer du temps seule : qu’est-ce qu’elle fait, que va-t-elle faire durant tant de temps en solo, qu’est-ce qu’elle attend ? On se demande pratiquement : « c’est quoi son problème ? » Comme si tous nos déplacements nous menaient nécessairement vers quelqu’un. Généralement, oui. Parfois, non ! Il y a quelque chose de provocant, ou plutôt d’excitant, à faire une activité seule. Intimidante au départ, l’expérience s’avère libératrice. Après avoir passé l’étape du jugement, nous oublions vite l’environnement et nous pouvons nous concentrer pleinement sur le moment. Nous devenons alors spectatrices, voyeuses de ce qui nous entoure. Manger seule, voyager en solo, aller à une expo en solitaire, toutes ces expériences permettent de s’approprier les espaces avec confiance. Nous devenons plus fortes et, étonnamment, plus accessibles.

Contempler le monde

Tendances de mode

Le silence est un élément prépondérant lorsqu’on est seule et c’est parfois dans le silence que nous retrouvons notre voie. Je fais référence au silence, mais c’est davantage à l’absence de dialogues, d’échanges verbaux, que je pense ici. Se couper de la parole permet de mettre l’emphase sur d’autres attributs, comme la vue, par exemple. Je me souviens d’un voyage collectif au Costa Rica où, lors de nos déplacements en autobus, je m’isolais volontairement afin de profiter pleinement du paysage. J’aime ces états de contemplation, ces moments où nous nous connectons à l’environnement. La solitude permet d’être plus attentive à ce qui nous entoure. L’esprit se libère, la créativité s’active et les sens s’apaisent. Nous nous recentrons sur nos sensations et même, nos émotions. Il est alors plus facile de savourer le paysage et de s’y enraciner.

Personnellement, malgré l’amour porté à mon entourage, j’adore mes moments de solitude. Ils sont si rares. Je les chéris malgré l’ennui, le doute ou l’anxiété pouvant parfois en découler. Ils me parlent, m’avisent d’une problématique, d’un état. J’en apprends alors beaucoup sur moi-même. Au final, je suis reconnaissante et surtout revigorée par ces moments. Et franchement… ils ne durent jamais assez longtemps.

À propos de moi

La danse fait partie intégrante de la vie de Marie-Pier. Initiée très jeune, elle se dirige professionnellement vers l’enseignement de la danse et intègre, suite à sa formation en Danga, la pratique du yoga à sa pédagogie. La technique est primordiale pour elle, mais elle ne doit jamais être travaillée au détriment de la notion de plaisir. La créativité est au cœur de son travail. Elle désire aider les gens à se surpasser et à trouver leur propre façon de bouger. Marie-Pier adore écrire, c’est pourquoi elle collabore à la rédaction de billets pour Bohos.

2 Comments

Nancy
Reply 6 juin 2017

J'envisage prochainement offrir un endroit en campagne, 50 minutes de centre-ville de Montreal pour que les gens puisse venir mettre le focus sur eux - mêmes...Ton article est très intéressant en m'encourage dans mes démarches.

    Marie-Pier
    Reply 14 juin 2017

    Yeah! Un autre beau projet! Bonne chance dans tes démarches Nancy et merci.

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