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Création rime avec méditation


Ce qui se passait depuis quelques semaines était très étrange. J’avais très envie de vous parler d’un nouvel aspect de mon travail créatif, une découverte, mais je n’y arrivais pas. J’essayais de décrire à quel point j’ai du plaisir à créer et ce que ça m’apporte, mais je n’y arrivais pas. Comme si la mise en abyme que me faisait faire un tel sujet m’empêchait justement de m’y attarder. Comme si je n’étais pas capable de prendre la distance nécessaire pour écrire sur le sujet. J’ai décidé de repartir mon texte à zéro et de juste laisser les mots sortir de ma tête sans essayer de les comprendre. Alors voici…

Après plus d’une année d’exploration spirituelle, j’ai réalisé que la méditation pouvait être pratiquée autrement, dans d’autres contextes que celui du lotus et des mantras. Et là, ne vous trompez pas, j’adore méditer, mais c’est une pratique qui demande beaucoup d’efforts, de courage et de force, et dernièrement, je manquais un peu de tout cela. J’ai eu comme réflexe d’attendre et de passer le temps en « mettant mon cerveau à off », comme on dit. Mais attendre a fini par me lasser. Je me suis donc mise à la recherche de nouvelles techniques de méditation (lire ici « guérison ») et c’est là que la création s’est imposée comme solution.

Avant, je créais pour ma carrière ; je créais pour être lue, vue, entendue, pour être la porte-étendard d’affaires qui ne collaient pas à ma personnalité. Qui plus est, mon art devait me mener vers une reconnaissance du milieu ; c’était une obligation, sans quoi je n’étais pas grand-chose. À cause de tout cela, je me mettais une pression énorme pour atteindre ce statut d’artiste que je voulais tant. Finalement, après tous ces efforts qui m’ont certainement menée quelque part, sans être l’endroit voulu, j’ai abandonné la création. J’étais écœurée, vide, je n’avais plus d’inspiration et surtout, je ne voulais plus essuyer un énième refus. Cependant, après quelque mois, mon besoin de créer m’a rattrapée et c’est à ce moment que je me suis rendu compte que le statut d’artiste, c’est plus qu’un chèque de paye… Être artiste, c’est quelque chose qui te suit au quotidien, c’est de voir une fleur et de s’extasier devant elle comme si c’était un tableau hyper connu. C’est d’écouter les bruits de la ville et d’y découvrir une symphonie, c’est de regarder le trafic des voitures et d’imaginer un ballet. C’est aussi d’inventer des recettes, de recueillir les belles feuilles mortes, de marcher sur le trottoir en sautant par-dessus les lignes. Être artiste, c’est d’avoir envie de jouer avec la vie, de mettre des choses ensemble et d’apprécier ce qui est beau… et ce qui est laid. C’est ouvrir son cœur. J’ai donc décidé de rouvrir mon cœur et de renouer avec cette créativité qui me réclamait tant.

Je me suis d’abord réconciliée avec la danse, puisque c’est le seul art dans lequel je n’ai jamais voulu faire carrière. Donc, quand je danse, je le fais uniquement pour le plaisir. Je ferme les yeux, je m’abandonne et je lâche prise sur le résultat. Je ne pense plus à rien et je vis le moment présent. Ce bien-être m’amenait à vivre un buzz surprenant, une espèce d’état méditatif grisant dans lequel on a toujours envie de retomber et que certains scientifiques appellent les « ondes alpha ».

Selon des scientifiques, le cerveau se synchronise sur certaines fréquences en fonction des tâches que nous devons accomplir, passant d’un état d’éveil total à un état de sommeil profond. Les ondes alpha sont cette étape alternative entre un éveil ordinaire qui sert à faire ses activités quotidiennes et un état méditatif profond. Un état qui permet de faire taire son conscient, mais d’être toujours présente dans le moment pour accomplir certaines choses. La chef Niki Nakayama exprime bien cet état entre deux mondes dans l’épisode Chef’s Table qui lui est consacré : « I think it’s similar to that meditative state that people can get to when they’re not listening to their minds anymore, but it’s just that moment. In a moment like that, there’s a song that’s going on in my head. »

Et c’est à ce moment-là que j’ai compris que la création pouvait devenir une forme de méditation lorsqu’on arrivait à atteindre cet état de disponibilité mentale. J’ai tout de suite eu envie de transposer cet état à d’autres pratiques artistiques et c’est là que j’ai découvert le collage. Pendant que je travaille sur les formes, les couleurs, le papier, la colle, ma fameuse « liste d’épicerie » s’estompe et je suis 100 % dans le moment présent. Parfois, je donne une intention à ma séance de collage, comme on donne une intention à sa méditation ou à sa pratique de yoga. J’envoie dans l’univers un message ou une question, je découpe des images et je reste ouverte et réceptive à ce qu’il me rendra.

Et le plus beau dans tout cela, c’est que tout le monde a un potentiel créatif. L’art est partout et s’exprime de n’importe quelle manière. Prenez un crayon et faites une ligne sur un papier, juste pour voir, puis une autre, et vous voilà en train de dessiner. Essayez de voir ce qui vous fait du bien, ce qui vous permet de vous recentrer sur vous-même, de mettre votre ego de côté, et peut-être que cela vous permettra de vous synchroniser sur les ondes alpha et de méditer.

Je vous laisse sur cette citation que j’ai découverte il y a plusieurs années déjà et que je trouve toujours aussi vraie : « Art is what makes life more interesting than art ». L’art nous permet de connecter avec la vie, et la création nous permet d’entretenir cette connexion.

Merci de m’avoir lue, c’était clairement mon texte le plus compliqué à écrire… Contente d’être passée au travers !

P.S. Vous l’avez sûrement déjà vu, mais je vous repartage ce documentaire sur Jim Carrey et la place de l’art dans sa vie. Une inspiration.

 

Photo à la une: une création de Jaëlle Marquis

À propos de moi

Après avoir étudié dans plusieurs domaines artistiques, Jaëlle étudie maintenant la vie. Passionnée et connectée à la joie, elle souhaite pouvoir inspirer les autres à trouver de la lumière dans leur quotidien.

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