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Au fil des pages


Les livres et moi, c’est une histoire qui a commencé il y a fort longtemps. Souvent, je me dis que c’est génétique. Dans mon enfance, j’entendais beaucoup d’histoires sur ma mère qui se cachait pour lire et ma grand-mère qui la cherchait partout en criant son nom dans la maisonnée.

Du coup, en plus des yeux bleus, elle a transmis, à mes sœurs et à moi, son amour de la lecture. Les livres, contrairement aux sucreries, étaient une denrée abondante, et mes parents ne nous refusaient jamais l’achat d’un bouquin. Pour eux, lecture rimait avec culture et enrichissement personnel. Cela passait aussi par l’investissement dans des encyclopédies et l’abonnement à des magasines : j’aime lire, je bouquine, image doc, phosphore, science et vie jr, belles histoires

Vu mon caractère plutôt introverti, j’avoue que les livres furent également une sorte d’exutoire, un refuge où je pouvais me cacher et qui m’aidait à grandir, à me découvrir, et à me construire, tout en nourrissant mon imaginaire.

Je ne suis pas une « livrophage » féroce, mais la lecture a une place importante dans ma vie. Lire, c’est avant tout s’évader, s’échapper de la réalité quotidienne, rêver. Excellent pour décompresser.

Au fil des pages, on voyage d’un continent à l’autre, d’une époque à une autre. Un jour, vous êtes une vieille dame menant l’enquête et un autre, une reine d’Écosse que l’on décapite. Vous voyagez dans le Grand Nord en traîneau à chiens, traversez l’océan à la découverte d’un nouveau continent, à la rencontre de peuples inconnus, ou déambulez dans des villes étrangères aux noms chargés d’histoire.

Ce que j’apprécie également dans la lecture, c’est l’opportunité offerte au lecteur, le temps d’un récit, de devenir, par procuration, une autre personne, d’endosser un rôle, de vivre des histoires d’amour passionnées, de faire et de dire des choses pas toujours convenables dans la vraie vie. La lecture est une sorte de soupape de secours grâce à laquelle nous inhibons cette autocensure quotidienne que nous nous imposons (pour le bien de la communauté, certes). C’est un moyen d’exhorter nos passions, nos colères, nos envies.

Lorsque je suis happée par un livre, après quelques lignes, me voici catapultée dans un autre univers, si bien que le monde autour de moi disparait et que les mots défilant sous mes yeux s’animent, prennent corps. J’assiste alors à une projection privée dont je deviens le héros ou l’héroïne, le témoin. Je m’échappe, j’oublie le temps, qui je suis, mes tracas, mes ennuies. Je vis plusieurs vies et j’aime ça.

La lecture ne représente pas seulement un divertissement. Je lis pour m’enrichir, pour apprendre, pour comprendre. Les livres sont d’excellents professeurs. Grâce à eux, on a accès à une quantité astronomique de connaissances. De plus, l’avantage du livre papier sur une liseuse électronique est une meilleure rétention de l’information, grâce à la sollicitation de nos sens et de certaines aires de notre cerveau.

Biographies, récits, nouvelles, romans historiques, poésie, essais… Lire nous pousse à nous interroger sur nous-mêmes, à nous définir un peu plus en tant qu’individu, à remettre notre mode de penser en question, à mieux nous cerner aussi. On garde toujours quelque chose en soi de nos ballades littéraires.

La lecture est également un moment de partage. Ma mère nous faisait la lecture lorsque nous étions enfants. Par la suite, je la fis à mes sœurs, puis aux petits voisins, aux petits cousins ; les grands aux petits, les petits aux grands. On oublie souvent la joie que l’on éprouve, enfant, lorsqu’on arrive enfin à lire. C’est accéder au monde des grandes personnes. J’aime leur spontanéité et voir leur imagination en marche lorsqu’ils veulent nous lire un livre alors qu’ils déchiffrent à peine les lettres. Ils se prêtent avec application à un exercice de mémoire de toutes les histoires qu’on a pu leur conter, couplé à leur propre univers et vécu. Moment toujours attendrissant et truculent à la fois.

L’objet en lui-même, en outre, a tout autant mon attention. J’adore flâner dans les librairies, descendre le long des allées et me saisir d’un livre au hasard, comme guidée par une mystérieuse attraction. J’aime les livres qui ont vécu, leur odeur, ces petites annotations dans les marges. Ils ont quelque chose de magique. On dirait des grimoires. J’aimerais en posséder tout plein. Enfant, mon rêve était d’avoir un jour une bibliothèque pareille à celle que je voyais dans les châteaux. Ces reliures en cuir, tous ces volumes parfaitement rangés, sans oublier la petite échelle coulissante à roulettes permettant d’accéder aux différents rayonnages…

Bref, le livre et moi ? Ma plus belle histoire d’amour.

Et vous ?


D’ailleurs, voici deux livres que je vous recommande :

Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une, de Raphaëlle Giordano et La librairie de l’île, de Gabrielle Zevin.

Deux belles histoires à découvrir.

À propos de moi

Parce que la vie est un voyage, une aventure ; que l’on ne sait jamais vraiment de quoi demain sera fait ; et surtout parce qu’elle n’est pas une question de « pourquoi », mais de « pourquoi pas », c’est en 2009 que Daphné quitte la France pour s’installer au Québec après y avoir passé un an en tant qu’étudiante à l’Université de Montréal en 2001. Curieuse, autodidacte, gourmande et surtout discrète, elle aime utiliser ses sens et savourer le temps qui lui est imparti en s’offrant la chance de pouvoir réaliser le maximum de ses rêves. Amoureuse de la bonne cuisine, des vieilles pierres, du bon vin et des livres, elle espère faire naître le goût des choses bonnes et simples qui nous entourent et qui bien souvent deviennent si familières que l’on ne prend plus la peine de les apprécier : la caresse du soleil sur votre peau, un morceau de chocolat fondant délicatement sous votre langue, la lecture d’un bon livre… Massothérapeute sur ses temps libres, son mantra : « On est tous l’artisan de son bien-être ». Elle évolue d’une passion à l’autre, en espérant rendre les gens heureux, désireux et curieux de pousser d’autres portes afin de découvrir ce qui se cache derrière.

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