Par 

Après le Hygge, le Lagom ?


Le bien-être à la scandinave porterait-il désormais le nom de Lagom ? Cette nouvelle tendance remplacerait-elle la philosophie du Hygge ? Voyons ensemble ce qu’il en est vraiment.

Bohos vous a présenté, en début d’année, le Hygge, cet art de vivre danois, misant sur le bien-être, dont les principaux ingrédients sont la convivialité, la simplicité, le confort, l’authenticité et le moment présent. Autrement dit : le bonheur dans les choses simples de la vie. Cela se traduit aussi, de façon imagée, par un bon feu, une boisson chaude et réconfortante, et une couverture moelleuse, seule ou en bonne compagnie.

Qu’en est-il du Lagom ? D’abord, ce mot suédois signifie « juste la bonne quantité », ou encore « ni trop peu, ni trop ». Prise seule, cette définition prête à confusion. On pourrait croire que le Lagom vient ainsi supplanter le Hygge. Rassurez-vous, il n’en est rien, et ce, même si cette doctrine gagne en popularité, le nombre croissant de recherches Google sur le sujet en témoignant.

La bannière suédoise IKEA, magasin de meubles et de décoration intérieure, a fait sien le mouvement Lagom en proposant des produits économiques et durables, ainsi que des ateliers et conseils personnalisés afin de permettre à sa clientèle d’économiser eau et énergie, et de réduire ses déchets en adoptant un mode de vie sain. Le Lagom se résumerait-il à cela : économie et consommation raisonnable ? Eh bien, non. On parle, bien sûr, de modération, mais surtout du point de vue de la discipline et de la retenue. Le système de croyance luthérienne est à la base de cette culture.

Positif ou négatif ?

Tout dépend du point de vue, de l’interprétation qu’on en fait. Ne dit-on pas d’ailleurs que « la modération a bien meilleur goût » ? Au moment de consommer, demandons-nous pour quelle raison nous le faisons (peu importe le sujet, qu’il s’agisse de l’épicerie, de la télévision, des réseaux sociaux ou du troisième set de patio acheté en trois ans, par exemple!) et si c’est pour combler un besoin réel, optons pour des choix éclairés et durables, ou encore une utilisation judicieuse et raisonnable. Encore là, ne soyez pas trop strict envers vous-même. Chacun a le droit de se faire plaisir, tant qu’il n’y a pas d’exagération! On pourrait aussi parler d’équilibre : moins d’heures de travail, plus de jours de vacances, donc du temps de qualité en famille ou entre amis.

Aussi, les Suédois semblent toujours égaux à eux-mêmes : pas de sautes d’humeur, pas de compétition entre eux ni d’envie des possessions ou de la qualité de vie de l’autre. Chacun apparaît ainsi au même niveau, réduisant les conflits, pour ne pas dire qu’ils sont inexistants. Ce mode de vie pourrait paraître déprimant aux yeux de nombre d’Occidentaux, et pourtant, imaginez combien il peut être paisible de ne pas toujours chercher à gagner plus, à nous démarquer davantage au travail, bref, à avoir un gazon plus vert que celui de notre voisin… Le rêve!

Dans notre quête du bien-être, cela peut ici sembler très positif. Cependant, puisqu’il y a toujours deux côtés à une médaille, cela peut aussi être limitant selon le domaine auquel on l’applique. Comment est-ce possible ?

Retenons que Lagom = modération. Autrement dit, on oublie tout ce qui est intense ou extrême, également tout ce qui est différence. On cherche calme et paix plutôt que fantaisie. Finalement, on reste au neutre et on se fond dans la masse, sans jamais ressortir du lot. On mettrait donc une croix sur tout ce qui touche le dépassement de soi, comme les camps d’entraînement et les marathons, ou encore ce qui, pour certains, peut paraître beaucoup, telles des séances de yoga quotidiennes, ou encore un style de vie végétarien ou végane, par exemple. Est-ce vraiment ce que l’on recherche ?

Bref, à chacun de trouver son équilibre ! Portée à l’exagération, la culture occidentale peut sans doute s’inspirer du Lagom, surtout en matière de consommation, parce que le « bien-être », ça ne se conjugue pas par l’ « avoir »… Aussi, prendre le temps de s’arrêter, plutôt que de courir continuellement, au travail comme à la maison, ou à mi-chemin entre les deux ! Sur ce point, la modération pourrait être autrement nommée patience, une qualité essentielle, surtout dans le trafic à l’heure de pointe ou dans une file d’attente !

Et vous, dans quelle facette de votre vie appliquez-vous la philosophie Lagom ? Faites-nous part de vos trucs et astuces pour atteindre équilibre et bien-être !

Référence de l’image à la une

À propos de moi

Caroline Barré est romancière, journaliste indépendante, réviseure, traductrice et photographe. Les Éditions Québec-Livres reprennent aujourd’hui son premier roman Assassine et sa série L’héritière de Salem, dont le 5e Tome, Les Mémoires d’Abigail, paraîtra à l’automne 2016. La conclusion de cette saga s’écrit à l’heure actuelle avec le 6e Tome : Doriane. Caroline rêvait d’écrire depuis son plus jeune âge. Outre sa soif de lire et son désir d’écrire, elle affectionne la généalogie et le jardinage. Son inspiration, elle la puise dans ses rêves, mais aussi dans les plantes dont elle ne pourrait se passer. Les mots qu’elle partage sont issus de son expérience de la vie, des réflexions tirées de ce que certains qualifient « d’enseignements », d’échanges et de lectures variés.

Laisser un commentaire

Votre courriel ne sera jamais partagé. Les champs exigés sont marqués.