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L’illusion des déesses des temps modernes


Et si j’avais trouvé l’endroit où je suis la plus heureuse, devant vous ? Où mon âme est mise à nue et nourrie à chacune de mes classes, où ma sensibilité est à sa plus grande vibration, où plus rien n’existe à ce moment précis, sauf mes étudiants devant moi, mon souffle et ma pleine conscience. Cet endroit, c’est sur mon tapis de yoga.

Mais hors de ce tapis, j’ai très souvent l’impression que dans ce monde extérieur, beaucoup de pressions sont exercées sur les femmes pour qu’elles soient toujours fortes, indépendantes et belles…à tout prix. Que je vous explique le fond de ma pensée.

Image et perfection ?

En effet, plusieurs femmes ont bien souvent cette impression que pour plaire aux hommes elles doivent faire de l’argent, être bonnes au lit, posséder un caractère ni trop vif, ni trop mou non plus. Elles doivent bien souvent accepter d’emblée les enfants qui peuvent venir avec le monsieur (les aléas des familles reconstituées), aimer l’ex ou même les ex qui viennent avec, mais tout en se tenant loin de ses ex et de tous les possibles « prédateurs » pour le rassurer. Ces femmes, elles ont cette impression de devoir se présenter sans faille, et d’avoir une confiance aveugle à ce monsieur qui demande très souvent une certaine liberté d’action. Pourquoi ? Probablement parce qu’il lui arrive, à certains moments, de devoir confirmer sa virilité et sa soif de plaire encore. Car après tout, cet homme, n’est-il pas un chasseur? C’est bien souvent ce qui nous vient en tête en tout cas.

Et dans ce tourbillon de considérations, de questionnement, de recherche de mises à niveau : « Ou suis-je? »

Oh, vous lai-je dit ? Je suis une prof de yoga pleinement heureuse sur mon tapis, partageant passion et connaissances à des élèves. Et ce nest pas rien!

Mais dans ce contexte de vie, quand l’homme qui semble en demander beaucoup s’y trouve, je me sens très souvent perdue. Car hors de mon tapis, je n’arrive pas toujours à me sentir parfaitement à ma place. Dans cette vie, dans ce rôle, que je perçois très et trop souvent exigeant. Cette réalité qui semble demander une certaine perfection quant à l’image et à l’art de vivre.

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Revenons aux hommes, certains hommes, ces partenaires de vie. Parlons de ceux qui semblent fantasmer sur ces profs de yoga en collant, cette catégorie d’hommes qui semblent croire que les professeures de yoga sont des créatures purifiées (pures?), de par leur processus, et qu’elles seront maintenant parfaites pour eux. De les entendre se dire, « la voilà, celle tant attendue ! »

Mais dois-je satisfaire les exigences de ces messieurs qui croient – à tort – qu’une professeure de yoga est une Déesse des temps modernes?

Est-ce une nécessité ?

 Prisonnière de limage ?

Mais non, je ne satisfais pas les exigences de ces messieurs qui semblent croire qu’une prof de yoga est une déesse des temps modernes. Cette représentation, cette vision d’une femme en parfait contrôle en tout temps, pleine de grâce et de fluidité. Un stéréotype qui a fait son chemin et qui continue de le faire.

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Car non, je suis une femme tout ce qu’il y a de plus normal, comme toutes les professeures de yoga d’ailleurs. Je suis une maman monoparentale qui travaille un nombre incalculable d’heures par semaine. Oui, ça oui, c’est en partie ce que je suis !

Et maintenant, puis-je offrir le meilleur de moi-même en étant moi, tout simplement ? Où suis-je prisonnière de mon statut de prof de yoga ? D’être cette « Déesse des temps modernes » même si je ne veux absolument pas être étiquetée de la sorte? Fatiguée, je le suis. Et puis d’autres aussi le sont. Et l’on parle ici du volet relationnel, mais aussi de tout ce qui se trouve en périphérie.

Dans l’instabilité du boulot et du titre que l’on semble devoir porter, plusieurs professeures se demanderont si elles ne doivent pas retourner à un boulot stable parfois plus terne, oui c’est vrai, mais, qui, au moins, écartera cette étiquette de Déesse des temps modernes un peu trop lourde à porter. La vision d’une femme magnifiée, une femme qui n’existe pas, du moins que dans les films. Une hérésie.

Des histoires d’amour d’étiquettes pas pour moi, ni pour d’autres femmes. Vivre des peines d’amour, car on tombe amoureuse du monsieur et non de son image, on repassera.

___________________________________

Au-delà de l’image, la reconnaissance?

Qu’on ne s’en cache pas, les réseaux sociaux, devenus des agences de rencontres pour certains et des cartes professionnelles pour d’autres, n’aident pas la cause de l’illusion versus le monde réel. Le statut de professeur de yoga, coach de vie, entraineur personnel, et j’en passe, peut mener très souvent vers de la détresse et beaucoup de déception.

Quand je regarde ce qui se passe, quand j’observe notre société, j’ai le regret d’y observer peu d’authenticité. Si je fais le parallèle avec le relationnel de la « Déesse des temps modernes », nous consommons les relations et les fantasmes comme nous consommons internet et la télé.

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Être professeur de yoga ne veut pas dire automatiquement que nous avons guéri toutes nos blessures et nos souffrances. Suivre des formations en quantité industrielle ne nous apportera pas nécessairement la paix intérieure. La vie reste un processus, quel qu’il soit. Manger vegan et ne pas boire d’alcool ni de café ne guérira pas non plus nos blessures. Oui, ça améliora notre santé globale, mais, encore là, nous tombons dans l’illusion au lieu d’admettre nos faiblesses et nos blessures intérieures, le propre de l’humain. Nous tombons dans l’extrême qui n’est pas nécessairement l’équilibre.

Il semble être le temps de reconsidérer les choses chers amis(es) et collègues professeurs yoga et ambassadeurs(drices) de la santé holistique. Ou du moins de se poser certaines questions.

Nous sommes des êtres humains qui s’expriment par une certaine mission de vie, oui c’est vrai, mais nous ne sommes pas des Dieux et des Déesses. Même s’il est bon d’être aimé, même si on aimerait tellement s’impliquer dans une relation qui nous appose ce sceau. Même si nous aimons la reconnaissance publique et inspirer les gens.

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Si nous commencions par être nous même, sans vouloir rien en retour? Sans vouloir à tout prix plaire et être reconnu? Si nous commencions par tomber en amitié avec soi même avant tout ? Le rapport à l’autre n’en sera que magnifié.

Je crois sincèrement que la barre est devenue très haute dans cette mission de vie qu’est devenue cette profession de « rayonnement en nombre de clics j’aime ». En dichotomie à la qualité de cet ART.

Et amis, élèves, clients qui pratiquent dans les studios de yoga, vos professeurs, ou vos coachs ne sont pas des Déesses et de Dieux venus de l’astral. Il s’agit bien d’êtres humains comme vous qui ont des vies bien réelles et concrètes. Des humains avec leurs qualités, leurs défauts, leurs forces et leurs blessures…

Mais une chose que je peux vous certifier, c’est lorsqu’ils sont sur leur tapis de yoga, ils sont où ils doivent être à ce moment précis, car ils ont choisi d’y être.

Namasté,

Marie-Claude Rivest


Pour les références des images de l’article, vous pouvez cliquer sur chacune d’elles.

Référence de l’image à la une: victoriously.tumblr.com

 

 

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1 Comments

Pronájem sídla
Reply 29 novembre 2015

Wow, super article pour toutes les jeunes femmes !

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