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The Woman Power: Le pouvoir insoupçonné d’Hanna Che!


J’ai connu Hanna l’hiver dernier, alors que je participais à mon premier groupe de discussion* avec The Woman Power. J’étais familière avec le concept, pour en avoir animé plusieurs par le passé. Ceci dit, je ne savais pas à quoi m’attendre au niveau de l’ambiance. J’ai été enchantée par mon expérience.

Malgré mon arrivée tardive due à un vendredi un peu crazy, j’ai été accueillie avec un grand sourire par les femmes autour de la table. Au début, je me suis sentie un peu intimidée de prendre la parole. Ensuite, rapidement, je me suis ouverte au groupe. Moi qui, d’habitude, n’aime pas trop m’exprimer sur mes affaires plus « personnelles », je me suis étonnée de faire des confidences à ces femmes que je connaissais à peine. Je suis sortie, de cet échange, libérée et inspirée !

C’est pourquoi, en février, quand Hanna m’a demandé si je voulais coanimer la prochaine discussion qui porterait sur la santé mentale, j’ai été tout de suite emballée par le projet ! J’ai alors continué à suivre de près les activités de The Woman Power.

Aujourd’hui, je prends le temps de vous présenter la femme derrière ces discussions et sa démarche au fil des dernières années. C’est donc par un beau dimanche matin d’août, alors que Montréal se remettait encore de son samedi soir festif, que je me suis entretenue avec Hanna au charmant Café Pista!


POUR LES PLUS CURIEUX, VOICI UN PETIT TOPO DU PARCOURS DE HANNA CHE :

2007 — 2010 Elle gradue de Collège Marie-Victorin en commercialisation de la mode

2010 — concours Mode Académie — Aubainerie

2010 — (Voyage Europe et découverte du concept des Pop up Shops)

2013 — Elle quitte son 9 h à 17 h sécuritaire et débute son plan d’affaires avec le SAJE

2013 — 2015 : Boutique 363 de vêtements pour hommes (avec son associé Harry Forbez)

2015 — Début des opérations de Never Was Average — (toujours avec son associé Harry Forbez)

L : Merci d’avoir accepté mon invitation ! Je pense que tu as eu un été assez fou de ton côté. Je te suis toi, Hanna Che, sur les réseaux sociaux et ton nom fait partie de plusieurs projets ces derniers temps, mais on ne fait pas toujours le lien entre ceux-ci. J’aimerais comprendre la mission de ta compagnie Never Was Average et le rôle du projet The Woman Power au sein de celle-ci ?

H : C’est quand même voulu que l’on ne fasse pas les liens ; je ne suis pas là pour promouvoir ma personne à travers le projet de The Woman Power. Plusieurs plateformes similaires aiment se promouvoir personnellement à travers les projets, mais, moi, je ne veux pas faire ça. En fait, mon modèle d’affaires est inspiré un peu du milieu de la mode, basé sur un concept qui pourrait ressembler, par exemple, au groupe s’occupant de H&M, COS et Other Stories. Tous ces magasins appartiennent à une même compagnie. Ce sont tous des styles différents et, pourtant, ils évoluent sous une même bannière. Alors, nous, c’est le même principe. Nous sommes une compagnie de production qui se nomme Never Was Average et, sous cette grande bannière, il y a deux projets (pour le moment) qui ont leur propre essence : The Woman Power et, son pendant masculin, The Modern OG.

L : Quelle est la mission de The Woman Power ?

H : Le but, c’est vraiment de faire des projets créatifs et d’avoir une représentation positive des femmes, surtout des femmes de couleur. Oui, en ce moment, c’est très trendy de faire des projets pour les femmes. À un moment, c’était plus les femmes entrepreneures. Je sais que les gens ont senti ces courants-là. Après, on a parlé plus de féminisme. Je trouve qu’aujourd’hui, c’est vraiment plus la femme qui est à l’avant-plan ; on parle de plus en plus d’elle. La femme est au cœur de plusieurs discussions d’actualité. Je voulais trouver une façon de présenter la femme de façon positive, je voulais inspirer. C’est facile d’aller sur les réseaux sociaux et de juste chialer parce que c’est rapide. C’est facile aussi parce que tu es derrière un écran. C’est là que je me suis demandé : comment est-ce que je peux mettre en place quelque chose de positif et de concret ?

L : Comment est-ce que ç’a pris forme ?

H : Premièrement, je suis une femme! Ha ! Ha ! J’ai fait un événement (en 2012) pour les femmes, c’était un Pop-up Shop qu’on avait appelé Girl Power Montréal. Pour l’occasion, j’avais fait une mini capsule de cinq femmes ensemble qui donnaient leur opinion sur* l’entrepreneuriat au féminin à Montréal. Ces femmes venaient de différents milieux. Encore là, la diversité, c’est toujours important ! Je pense que je suis vraiment bonne pour rassembler les gens d’horizons variés autour d’un même sujet.

En 2016, j’ai commencé mon premier projet sous la bannière The Woman Power avec une artiste graphique, Niti Marcelle Mueth. Elle m’a approchée pour préparer sa deuxième exposition. Je la suivais déjà et j’adorais ce qu’elle faisait. C’est une artiste colorée et super positive qui met la femme noire au centre de ses œuvres. Je me suis donc lancée avec elle dans l’organisation de son expo parce qu’elle avait des valeurs communes aux miennes. Je voyais un potentiel très fort de collaboration. Quand on a fait l’exposition à Espace Pop, c’est là que j’ai vu que je tenais quelque chose avec mon idée de The Woman Power. Nous avions réussi à créer ensemble cette ambiance de safe place qui était très inclusive de toutes les nationalités aussi. Les commentaires suite à cet événement ont tellement été positifs que l’on n’a pas eu d’autres choix que de poursuivre dans cette direction.

Après, il y a eu Victoria Gravel, une photographe qui m’a approchée pour qu’on collabore sur un projet photo. De là est né #bodiesandtattoos. Comme de fait, les femmes et la diversité étaient aussi au cœur de sa démarche artistique.

L : Alors, pour choisir tes collaborations, tu fonctionnes plus par coup de cœur artistique ?

H : J’y vais par coup de cœur et, aussi, avec la vibe de la personne. J’ai quand même connu plusieurs types de collaborations et, des fois, c’est vrai que ça ne fonctionne juste pas ! Quand ce n’est pas la même vision, c’est rare que ça va aller pour moi.

L : Au début, The Woman Power s’exprimait plus par le biais de l’art visuel. Ensuite le concept de groupe de discussion est arrivé et la sisterhood a vu le jour, c’est bien ça ?

H : Exactement ! J’ai vu des femmes qui ont participé à la première sisterhood et qui se sont développées au fil des rencontres. Alors, pour moi, c’est très touchant. Je constate concrètement que ce que je mets en place fait vraiment une différence positive dans la vie de certaines femmes. J’ai eu la chance de voir leur parcours et leur évolution. Je me dis que si je peux aider des femmes à évoluer, à se libérer, alors, c’est que j’ai gagné !

L : Les groupes de discussion ont déjà été populaires autrefois. On peut penser, par exemple, aux clubs de lecture qui étaient propices aux échanges. On dirait que ça semble revenir en force. Qu’est-ce qui explique, selon toi, ce phénomène ?

H : En ce moment, les réseaux sociaux s’emparent vraiment de notre vie : on fait tout sur les réseaux sociaux. Si on veut souhaiter « bonne fête », on va le faire via Facebook, on ne prend plus notre téléphone. Moi-même, je n’appelle plus personne ! Ha ! Ha ! Si tu as quelque chose à dire, tu vas le faire via Facebook. Alors, ce qui est intéressant, c’est que les groupes de discussion que l’on a mis en place, c’est le même concept qu’être avec un groupe d’amis et discuter d’un sujet. J’ai mis des balises et, l’important, c’est que l’on va discuter ensemble et que l’on peut être d’accord ou pas, mais on est dans un lieu où on laisse de côté le jugement.

L : Pour avoir participé à certaines discussions que tu as organisées, je dois dire que j’ai vraiment senti cette espèce d’atmosphère inclusive et sans jugement. Parfois, même dans des soirées entre amis, on n’ose pas nécessairement aller au bout de notre idée par peur de déranger.

H : Quand tu vas dans un espace où tu ne connais personne, on dirait que ça porte justement plus à la confidence. C’est là que tu peux découvrir des gens que tu ne rencontrerais pas nécessairement dans ton quotidien et, des fois, ça peut se développer en nouvelles amitiés et, qui sait, peut-être que vous allez vouloir collaborer sur des projets plus tard ! La discussion ne s’arrête pas une fois la sisterhood terminée, la réflexion se poursuit et c’est ça que, moi, je trouve intéressant.

L : C’est quoi la ligne directrice des projets que votre compagnie Never Was Average souhaite produire ?

H : Notre but, c’est de partager des histoires, nos histoires, et de redonner à la communauté. C’est aussi de garder cet angle de représentation positive. C’est drôle que tu me poses cette question parce que, récemment, il y a une fille que je connais qui m’a fait un commentaire face à nos nombreux projets en cours : « Vous n’avez pas peur de perdre l’essence de votre mission de Never Was Average en vous impliquant dans des projets aussi variés ? » J’ai pensé que ça voulait dire qu’elle ne comprenait pas notre mission ni les mots clefs : représentation positive dans la communauté. Si ça, c’est là, alors on ne perd pas de vue notre mission !

L : Exactement, je pense qu’à force de faire des entrevues et d’énoncer vos mots clefs, les gens pourront comprendre davantage votre démarche ! Si tu avais la chance de pouvoir donner un conseil à la Hanna d’il y a 10 ans, que lui dirais-tu ?

H : De ne pas avoir peur du résultat final ! Il y a beaucoup de trucs que je n’ai pas faits parce que j’avais peur que ça ne fonctionne pas. Des fois, je me pose trop de questions et ça me bloque. Aujourd’hui, si quelqu’un me parle d’un projet, je lui dis : si tu veux le faire, fais-le, fonce !

L : Tu reviens tout juste de Los Angeles pour un développement de projet, ce n’est quand même pas rien ! À travers tout ça, est-ce que tu prends le temps de célébrer tes petites victoires ?

H : Je me suis célébrée la première fois que je suis allée à LA ! Je me suis félicitée parce que j’avais pris une semaine off. Je m’étais donné ce droit-là. Sinon, je ne prends pas beaucoup de temps pour moi. Je célèbre dans ma tête ! Ha ! Ha ! C’est sûr que j’aimerais ça prendre plus de temps pour voyager, parce que ça m’inspire pour mes projets. J’ai une relation d’amour-haine avec Montréal. Ha ! Ha ! J’ai l’impression aussi que les gens de LA sont plus enclins à la collaboration.

L : Qu’est-ce qui s’en vient pour The Woman Power dans les prochaines semaines ?

H : On a un partenariat qui s’est officialisé avec Lululemon Montréal ! C’est super intéressant, car nos groupes de discussion (les sisterhood et brotherhood) auront lieu dans leur local situé sur la rue Saint-Viateur, dans le Mile-End. Cette collaboration nous permet de donner un accès gratuit à ces événements-là ! Le prochain sisterhood aura lieu le vendredi 28 septembre et celui-ci portera sur : les réseaux sociaux. Sinon, il y a toujours l’exposition Les vraies demoiselles d’Avignon au Musée des Beaux Arts de Montréal jusqu’au 16 septembre. Il y aura aussi une deuxième exposition au mois d’octobre, au Musée, portant sur les femmes et l’éducation. Nous travaillons aussi sur une collaboration avec Lez Spread the Word à surveiller cet automne !

L : Alors, tu ne risques pas de t’ennuyer dans les prochaines semaines ! Je te remercie pour ton temps, ma chère, et je te souhaite de poursuivre sur cette belle lancée !

Je trouve cela rassurant de savoir que l’on peut compter sur une leader telle que Hanna pour rassembler les gens autour d’événements qui font la promotion de la liberté d’être et de l’acceptation de nos différences !

N’hésitez pas à suivre The Woman Power sur Facebook et Instagram @the_woman_power ! ; )

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

À propos de moi

Sans contredit, il vous suffit d’une soirée avec Mme C. Germain pour comprendre son essence : un heureux mélange de la familiarité de la région et du rythme effréné de la ville. Intervenante psychosociale depuis 2013, elle a mis à profit ses connaissances avec la Fondation Jeunes en Tête, en travaillant comme conférencière pour sensibiliser les jeunes à la dépression. C’est une passionnée de l’entrepreneuriat et de l’animation de tous types. Elle s’est d’ailleurs impliquée auprès d’entreprises en démarrage en y animant des Focus Groups. C’est à travers son lexique qui vous rappelle autant votre grand-mère du bord du fleuve que votre professeur d’université que l’on a le goût de plonger dans son univers qui pose un regard franc et honnête sur des thématiques comme : l’agir relationnel, le leadership féminin, l’entrepreneuriat et l’importance du dépassement de soi.

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