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Se « NousRire » avec Tatiana Lokis


J’ai eu la chance de rencontrer Tatiana lors de ma formation de Yoga/Danga. Ce fut un merveilleux moment où nous avons appris non seulement le Yoga et le Danga, mais aussi à nous connaître d’une bien belle façon.

Tatiana a du parcours derrière la cravate et je trouvais hyper inspirant de le partager avec vous. Son cheminement m’épate, c’est pourquoi j’ai le grand plaisir de vous la présenter aujourd’hui, notamment de par son implication comme professeure de yoga et de Danga, mais aussi comme ressource très impliquée au sein du groupe NousRire. Elle est une grande inspiration pour moi.

Étant professeure de yoga, comment la nourriture se connecte-t-elle aux principes et aux fondements du Yoga ?

Chacun de nos choix au quotidien a un impact sur la vie des autres. La nourriture étant un élément de base nécessaire à la vie, porter attention à ce qu’on mange, c’est vivre en pleine conscience. On s’observe, on observe le monde, mais aussi les connexions entre le soi et le monde. Tout est là.

Du côté plus pratique, dans le style de vie yogique, on apprend à traiter le corps comme un véhicule pour exprimer notre véritable potentiel. Quand le véhicule est bien entretenu, c’est plus inspirant d’être présent avec les demandes de la vie quotidienne. Il y a un concept, dans la philosophie de yoga non dualiste, qui s’appelle mitahara — il nous invite à manger seulement ce qu’il nous faut, ni moins ni plus. C’est une pratique très puissante et un vrai défi, car nous sommes entourés d’un nombre grotesque de tentations alimentaires qui nous éloignent de nous-mêmes. Donc, l’alimentation est un miroir pour se comprendre. Bien sûr, il y a aussi un principe très connu, celui de ne pas causer de mal aux êtres vivants (ahimsa). Cela permet également d’explorer l’idée de non-violence par rapport à mon attitude envers moi-même et les gens autour de moi, à travers mes pensées et mes actions.

Donc, la nourriture est très importante dans ma vie. On pourrait dire que c’est ma boussole pour mieux m’orienter vers la direction où je souhaite m’engager, notamment une vie plus saine et harmonieuse avec moi-même, les gens autour de moi et les autres êtres vivants.

D’où te vient ta passion pour l’alimentation ?

C’est drôle de le réaliser, mais c’est vraiment le yoga qui m’a amenée à devenir une végétarienne au début, quand j’habitais encore à Moscou, la Russie d’il y a une quinzaine d’années. Et c’est ici, au Québec, que j’ai découvert le mode de vie végétalien. Ma passion vient de ma soif d’apprendre et d’évoluer personnellement comme être humain. À un moment donné, j’ai eu une révélation : « je suis ce que je mange », et je n’ai pas pu retourner en arrière après ça. Pour dire la vérité, au début, je n’étais pas bonne en alimentation. Je ne portais pas beaucoup d’attention à ce que je mangeais parce que ma motivation venait de mes principes éthiques. C’est seulement dans les deux à trois dernières années que j’ai commencé à faire mes recherches. Maintenant, je suis bien avec cette alimentation. Plus j’avance et je raffine mes connaissances, plus je suis en amour avec ce mode de vie. Je trouve que la cuisine végétalienne est tellement créative et inspirante ! De plus, il y a énormément de partage entre les adeptes ; c’est une belle communauté qui me nourrit non seulement dans ma gourmandise, mais aussi, beaucoup, dans mon esprit.

Selon toi, en quoi l’alimentation est-elle un geste « d’activisme » ?

On ne se rend pas compte de l’échelle de l’empreinte de chaque choix par rapport à ce qu’on mange. C’est un besoin vital : on mange au moins trois fois par jour. Imaginez, l’impact est énorme au niveau de déchets que l’on crée, des pratiques d’exploitation des peuples dans les pays moins développés économiquement, mais aussi de l’exploitation et de la souffrance qu’on cause aux êtres vivants. C’est un geste d’activisme de faire un choix éclairé chaque jour, et même, avec chaque repas. C’est une façon de prendre une responsabilité dans la vie, dans la société, à la maison. La clé est de commencer à s’intéresser aux gens qui produisent ce que nous mangeons. Ne tenir rien pour acquis. C’est aussi reprendre le pouvoir dans nos mains. En devenant plus autosuffisants à travers les initiatives locales et les initiatives solidaires à l’étranger, on a plus de pouvoir sur la situation économique et sociale. Ça devient plus équitable d’un côté et moins cher de l’autre parce que bien manger n’est pas du tout un luxe. Cependant, c’est vrai que ça prend du temps pour adapter ce mode de vie. Si on recommence à cuisiner à la maison avec les aliments de base, qu’on transforme notre cuisine en un sanctuaire, une pharmacie et un lieu social et activiste à la fois, il n’y a rien de plus précieux que de cuisiner un bon repas et de le partager avec les autres en honorant toute l’échelle de la terre vers l’assiette !

Comment te suit-elle au quotidien ?

L’alimentation est mon pilier dans la vie de tous les jours. Quand j’ai des journées très chargées, je m’assure de préparer de bons aliments pour me soutenir à travers ces journées-là. C’est grâce à cette habitude et à ce soin que je porte envers moi que je suis capable de me donner à 100 % à travers mes projets.

Tu es, depuis quelque temps, impliquée dans l’organisation NousRire, peux-tu nous en parler davantage ? 

NousRire est un projet qui me touche très profondément dans sa vision. C’est une initiative émergente qui répond au besoin de simplifier la vie et d’enrichir la qualité des relations entre humains. Brièvement, c’est un groupe d’achat d’aliments biologiques en vrac. Chaque mois, nous nous regroupons pour exercer notre pouvoir de groupe afin d’avoir un accès plus direct aux aliments biologiques. Ça nous permet d’avoir plus de contrôle sur les prix et sur la qualité. C’est un projet à but équitable, incluant les prix pour les participants, les salaires pour l’équipe et les conditions de travail de nos fournisseurs. C’est un projet qui grandit très vite ! Il y a 9000 participants dans le projet à travers la province et 500 bénévoles qui s’impliquent à chaque période de commandes. C’est un nouveau modèle d’économie collaborative. C’est aussi une nouvelle façon de vivre en société avec la bienveillance, l’entraide, et le respect pour l’authenticité d’expression de chaque personne.

Comment as-tu découvert son existence ?

Par chance, c’est venu dans mon champ de vision sur FB dès sa première commande, il y a un peu plus que trois ans. Je suis tombée en amour avec ce projet dès le début ! JÇ’a été un coup de foudre.

Qu’est-ce qui t’a attirée dans cette organisation ?

C’est venu me chercher dans tout ce qui est important pour moi : une communauté bâtie sur l’implication dans le projet, le soin porté à travers chaque détail, l’humanité de ce projet, la joie de vivre, la reconnaissance du besoin de changer le mode de vie actuel pour un mode de vie plus simple côté matériel, mais beaucoup plus riche côté humain.

Quel est ton rôle concrètement ?

Je participe dans le projet en trois rôles. Premièrement, j’assiste au Service aux participants. Tu peux me voir souvent, sur notre groupe FB, répondre aux questions sur le fonctionnement. Je fais également partie de l’équipe du Rayonnement du projet. Avec ce rôle, je me promène dans les foires et les festivals pour faire rayonner la mission de NousRire et tisser des relations avec nos partenaires et des alliés. Puis, tout récemment, j’ai accepté de prendre la responsabilité, avec une amie à moi, de gérer un point de cueillette sur la Rive-Sud de Montréal, à Saint-Hubert, ce qui fait ma plus grande joie ! On dirait que je n’en ai jamais assez ! : )

Comment cette implication nourrit-elle ta vie ?

Ça m’inspire de vivre ma vie au service de ma communauté. C’est une expérience de vivre dans l’humilité de la connaissance que ce phénomène du projet est plus grand que la somme de ses parties. Chaque personne me soutient à sa façon, à travers les mots, les sourires, les moments partagés. Oui, nous sommes très passionnés de la nourriture, donc c’est chouette aussi parce que je découvre plein de recettes, des aliments et l’impact de chacun. D’une vision plus globale, c’est vraiment agréable de pouvoir s’inspirer des qualités et des capacités très diversifiées qu’on retrouve dans une si grande communauté ! C’est une évolution et une découverte constantes, tout comme la vie.

Quels sont les rêves les plus fous de NousRire ?

Je ne pourrais pas répondre pour NousRire, mais mon rêve à moi est de tout simplement continuer à m’impliquer dans le projet qui m’allume le cœur !

Comment peut-on, nous aussi, faire partie de l’aventure NousRire ?

Tout le monde peut joindre le groupe et c’est très simple. Va sur le site Web www.nousrire.com pendant la période de commande, chaque mois, pour passer une commande. Après, viens emballer ta commande et danser un mangoustan avec nous ! 😉 C’est aussi simple que ça ! Je t’invite aussi à participer au projet comme bénévole pour ainsi le voir de l’intérieur et célébrer la vie ensemble.

Remarque :

Mangoustan — une pause de danse lors des journées d’emballage chez NousRire.


Tatiana enseigne aussi le yoga au studio Le Yoga du coin, à Longueuil. À surveiller, l’événement spécial qui se tiendra le 21 septembre prochain. Pour les détails, rendez-vous sur la page Facebook.

Photographie: Pascale Messervier

À propos de moi

Julie se passionne pour le mieux-être et l’art de vivre. Professeure de Yoga et de Danga, elle craque pour l’humain et ses riches interactions. Créatrice d’ambiances et artiste dans l’âme, elle aime offrir des atmosphères et des concepts lors de ses ateliers : d’ART DE VIVRE, de DANGA et dans ses classes de yoga. Parallèlement à l’enseignement, elle met à profit dix années d’expérience dans le domaine des communications en offrant une alternative mieux-être avec sa plateforme Bohos et ses collaborations en tant que rédactrice. Au quotidien, Julie aime goûter aux petits bonheurs de la vie et prendre soin de ceux qu’elle aime. ♡

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