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Por qué no coco ?


En direct du printemps qui commence à se présenter timidement, je veux vous parler de l’importance d’être à l’écoute de soi. Je reviens tout juste du Nicaragua et j’ai eu la chance d’y rencontrer de bien belles personnes. Je pense même y avoir laissé une petite parcelle de mon cœur.

Il faut dire qu’avant d’entreprendre le voyage, j’étais à bout de souffle. Disons que j’ai eu une fin d’année 2016 rock and roll (infiltrations d’eau, déménagement imprévu, nouveau mandat, etc.). C’est pourquoi j’étais due pour partir en solo au charmant Free Spirit Hostel.

Free Spirit Hostel

Le but de mon voyage : RELAXER, faire du yoga et débuter le surf (por qué No ?). Un plan parfait pour m’aider à me recentrer et à faire le point. Mes nerfs avaient besoin d’être exposés au grand air.

Je voulais vivre la slow life. Je voulais m’intégrer au rythme tranquilo de El transito. Et j’ai atteint mon but sans grande difficulté.

Free Spirit Hostel

Le matin de mon départ, c’était déchirant de quitter la communauté. J’étais très émotive et je ne comprenais pas comment j’avais pu m’attacher si rapidement.

Les nouvelles rencontres, le rythme de vie, le mood : ça allait définitivement me manquer ! J’étais curieuse de savoir comment j’allais réussir à transposer cette énergie dans ma réalité montréalaise. Un beau défi se présentait devant moi… Mais le retour à la réalité se fit de façon plus ardue que prévu.

D’ailleurs, la phase du questionnement post-voyage bat toujours son plein dans mon cœur et dans ma tête :

« Suis-je heureuse avec la réalité que je me suis construite ? »

« Est-ce que je travaille vraiment à être la meilleure version de moi-même ? »

Je pense que ce sont des questions qui sont saines à se poser de temps à autre pour faire le point.


C’est pourquoi aujourd’hui je voulais vous partager une entrevue que j’ai réalisée à El transito.

Voici donc pour vous un petit topo de ma rencontre au Nicaragua avec la Yogi Jessica Côté-Lebel, une femme très enracinée dans le moment présent et qui sait rester à l’écoute de son intuition. Elle n’a pas eu peur de faire un virage impressionnant pour atteindre sa définition du bonheur. Nous avons eu la chance d’avoir plusieurs discussions enrichissantes qui nourrissent encore à ce jour mes réflexions.


Topo d’une entrevue face à la mer, un jour où les vagues étaient particulièrement belles.

L : Tout d’abord, Jess, il faut savoir que tu n’as pas toujours été yogi au Nicaragua. Est-ce que tu peux m’expliquer quelle était ta réalité avant d’arriver ici ?

J : Effectivement, c’est tout récent. C’est une nouvelle expérience qui s’amène à moi. Au tournant de mes 25 ans, je me suis réveillée dans mon bureau d’ingénieurs civils et je me suis rendu compte que je n’avais pas envie d’être là et que je n’étais pas obligée d’être là. Donc, j’ai fait quelques appels pour vérifier le côté finances et savoir comment je pourrais arranger le tout. J’ai trouvé une solution et j’ai donné ma démission. Cette décision-la m’a permis de retirer une tonne de poids sur mes épaules. Ç’a vraiment fait du bien !

J’ai étudié en ingénierie à la base, parce que j’étais bonne à l’école et que je ne savais pas trop ce que je voulais faire. Alors, j’ai décidé de faire un BAC en génie ! Une fois que j’ai commencé et que j’ai réalisé que je n’aimais pas vraiment ça, je me suis dit que je me devais de le terminer. Une fois qu’il a été terminé, je me suis dit que je me devais de le payer. À la fin de mon BAC, pour me récompenser, je suis partie en voyage en Amérique latine pendant cinq mois avec mon pack-sack, du Mexique au Panama. Par la suite, je suis retournée à la maison. J’ai tenté de me trouver un emploi. C’était la crise de la commission Charbonneau, alors je n’avais pas d’emploi avant Noël. C’était vraiment pas évident. Par la suite, j’ai travaillé un an en ingénierie. Je suis retournée en voyage : en Équateur. C’est vraiment au fil de mes voyages que j’ai découvert ce qui me passionnait dans la vie, c’est-à-dire : le surf et le yoga. Je pratiquais de plus en plus. J’en suis arrivée un jour à me poser la question : « OK, si ce n’est pas l’ingénierie qui te fait triper, qu’est-ce tu aimerais faire chaque jour et que tu n’aurais pas l’impression de travailler ? Quelles sont tes passions ? » Alors, je me suis dit : « Je me lance, le tout pour le tout ! » En remettant ma démission à mon boss, je me suis inscrite à un stage de yoga au Mexique pour pouvoir enseigner. C’était en avril l’année dernière. Après, je suis retournée au Québec. Il me restait trois mois avant la fin de mon bail. Ensuite, j’ai fait mes boites, je me suis débarrassée de tout le stock dont je n’avais pas besoin et j’étais prête pour partir ! Mon but, c’était vraiment de me trouver un endroit où je pouvais faire du surf et du yoga (et éventuellement être payée pour). Ma première recherche s’est arrêtée sur le Free Spirit Hostel. J’ai appliqué et peu de temps après, j’avais la job. Au début, j’étais volontaire. Je pouvais faire du surf et du yoga, mais je n’étais pas payée (un petit compromis). Je trouvais que ça commençait bien quand même ! Ensuite, j’ai eu la formation de manager et j’ai pu avoir un petit salaire (en faisant du surf et du yoga tous les jours) ! Je me sens vraiment satisfaite d’avoir pu atteindre cet objectif. Je désire poursuivre sur cette lancée. Je compte faire d’autres formations. La massothérapie m’intéresse beaucoup aussi. Le but étant de développer le maximum de compétences pour pouvoir contribuer au bien-être des autres.

Free Spirit Hostel

L : Est-ce que ce processus de changement de vie t’a permis de faire un travail sur toi-même ?

Oui, tout à fait ! Le yoga, pour moi, ç’a été une belle porte d’entrée grâce à laquelle j’ai commencé à aimer la vie, à prendre conscience de moi et de mes réactions. J’ai commencé à vouloir changer pour le meilleur et à aspirer à un monde plus harmonieux. C’est là aussi que j’en suis venue à la conclusion qu’en ingénierie, je ne mettais peut-être pas mon énergie à la bonne place. Les valeurs de ce milieu ne convenaient pas aux miennes. Les priorités étaient plus axées sur le temps et l’argent. Comme ce sont deux éléments qui n’existent pas à mes yeux, c’était difficile pour moi de m’y rattacher. Maintenant, avec le yoga et le surf, je vis de mes passions et ça m’apporte une joie de vivre qui est contagieuse. En transmettant cette pratique aux autres, je me sens vraiment choyée.

L : Est-ce que tu penses que si tu n’avais pas voyagé, tu te serais tournée vers le yoga ?

J : C’est une excellente question ! J’aurais tellement aimé ça être initiée au yoga plus tôt. Dans ma famille, ce n’était pas vraiment connu. Je n’avais aucune idée de ce que c’était, le yoga, avant de l’essayer. C’est vraiment en voyage au Mexique, dans une auberge, que j’ai eu l’opportunité de débuter. Il y avait des classes de yoga et je me suis dit : « Pourquoi pas ! » À la fin de l’année 2012, c’est là que tout a commencé. Je ne sais pas comment ça aurait pu arriver dans ma vie autrement. Je n’étais vraiment pas ouverte ni consciente à ce genre de pratique.

L : Quels sont les obstacles que tu as vécus à travers ton changement de cap ?

J : Premièrement, ç’a été difficile d’accepter et de réaliser que je n’étais pas à ma place dans le domaine de l’ingénierie. Ensuite, il a fallu que je voie le côté financier ; j’avais une dette étudiante. C’est difficile de savoir que tu laisses un emploi avec un bon salaire pour te lancer vers l’inconnu complet financièrement. Il y a aussi le regard de nos proches, de la famille qui t’a poussée aux études, qui t’a encouragée, aidée. Ils ne comprennent pas qu’une fois arrivée à la fin de ton parcours, tu décides que finalement, ce n’est pas pour toi. Pour mon père, être ingénieure, c’était la job de rêve pour moi, mais aussi pour lui, car il n’avait pas pu faire d’études universitaires. Alors, il était vraiment déçu de ma décision. Ç’a été dur à accepter. Il ne comprenait pas que le yoga, c’était une profession. Il avait l’impression que je faisais juste partir en vacances… Après coup, j’ai réalisé que personne, à part toi, ne connaît vraiment ce qui te rendra heureux dans la vie. Il n’y a pas de bonne réponse à la question du bonheur. C’est toi qui crées ta propre définition.

L : Est-ce que tu avais des doutes une fois que tu as quitté ton emploi ?

J : La journée où je me suis décidée à dire que j’allais être professeure de yoga et que c’était fini pour moi l’ingénierie, je n’ai plus eu aucun doute. Du moment que je me suis mise à affirmer plutôt que de contester mes choix, j’ai eu du soutien de mon entourage. Les gens me disaient de foncer, de vivre mes rêves. Le truc pour gérer le regard des autres et leurs inquiétudes, c’est d’être convaincue de tes choix. Le concept de l’effet miroir : si tu assumes pleinement ta décision, les autres ne réussiront pas à la remettre en question. En fait, je fais plus souvent face à de l’incompréhension qu’à du jugement de la part de mes proches. Je prends le temps de leur expliquer ma gestion des priorités. Je me dis que si ça peut les outiller pour faire le point sur leur vie, tant mieux.

Free Spirit Hostel

L : On dit souvent de se fier à notre intuition. Comment est-ce que tes premiers questionnements sont apparus ?

Je dirais que c’était durant ma première année d’université. Je ne comprenais pas pourquoi je ressentais un vide. Pourtant, j’avais tout ce dont j’avais besoin pour être bien. Je me suis dit que ça allait passer, qu’une fois sur le marché du travail, ce serait différent. Finalement, ce n’était pas mieux. C’était même pire ! Je n’avais pas été à l’écoute de mon intuition.

En étudiant le yoga, j’ai compris que ce qui nourrit ton âme, c’est ton cœur, d’où l’importance de se fier à ce que l’on ressent. Mon intuition m’a toujours bien servie autant dans mes décisions de vie que durant mes voyages.

L : En terminant, est-ce que tu penses qu’il y a une raison qui explique la vague de popularité du yoga, de la slow life, au sein de notre génération ?

J : Je pense que la société de surconsommation dans laquelle nous nous trouvons nous permet d’avoir un recul face à notre rythme de vie. Nous réalisons peu à peu que le confort matériel n’apporte pas nécessairement le confort intérieur… Nous avons tout ce dont nous pouvons rêver et pourtant, certains ressentent un vide. Le yoga permet de revenir à la source de qui on est vraiment et ça apporte une paix et un bonheur intérieurs !

L : Merci, Jess, pour ces sages paroles !


C’est ce qui conclut ma charmante rencontre avec la master yogi. J’espère que son parcours et ses paroles ont su vous interpeller et vous faire réfléchir.

Il est important de rester à l’écoute de soi pour ne pas passer à côté de ce que l’on désire sincèrement.

La vie est parfois faite de ces rencontres symboliques. Je suis reconnaissante d’avoir croisé cette belle personne sur ma route !

Namasté ! ❤

À propos de moi

Sans contredit, il vous suffit d’une soirée avec Madame C. Germain pour comprendre son essence : un heureux mélange de la familiarité de la région et du rythme effréné de la ville. Bachelière en communications (relations humaines) depuis 2014, elle a mis à profit ses connaissances avec la Fondation des maladies mentales, en travaillant comme conférencière pour sensibiliser les jeunes à la dépression. Elle s’implique actuellement en éducation auprès de l’entreprise Succès Scolaire, comme coordonnatrice au service à la clientèle. C’est à travers son lexique qui vous rappelle autant votre grand-mère du bord du fleuve que votre professeur d’université, que l’on a le goût de plonger dans son univers qui pose un regard franc et honnête sur des thématiques comme : notre société, la place de la femme au sein de celle-ci et l’importance du dépassement de soi.

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