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Les femmes du mois – Une histoire de bobette


On pourra dire que 2016 et 2017 sont les années de la Femme. Que ce soit pour le meilleur ou pour le pire, le statut de la Femme est mis sur la sellette. Davantage de modèles féminins prennent la parole, plusieurs enjeux de société sont remis en question suite à un changement des mentalités, etc. Les inégalités sont de plus en plus soulevées, tout comme les particularités liées au genre sont démystifiées et de moins en moins stigmatisées. C’est évident, la lutte des femmes n’est pas terminée, mais elle prend de nouveaux chemins, des chemins encore très hasardeux, mais plus éclairés. Comme dans bien des situations, pour faire bouger les choses, le changement part d’abord de soi. Nous avons tous notre rôle à jouer, autant hommes que femmes. C’est cette idée qui a motivé deux jeunes entrepreneures, Aurore Le Bourdon et Annick Rafanomezana, à lancer le projet Damelee : des sous-vêtements 100 % locaux visant le bien-être physique et mental des femmes. Je les ai rencontrées afin de parler de leur jeune entreprise, mais aussi pour simplement discuter des enjeux, ainsi que de la condition féminine.

Qu’est-ce que Damelee?

Damelee est l’initiative de deux amies d’origine française vivant maintenant à Montréal. Deux filles différentes, mais qui se complètent et qui partagent les mêmes valeurs. C’est en discutant de la vie et de leurs difficultés qu’est né le projet. Aurore sentait le besoin de s’impliquer socialement. Annick, à l’aise dans le domaine du lancement d’entreprise et nourrissant le même besoin d’implication, voyait là une opportunité d’unir leurs forces communes et de faire une différence. Les thèmes en lien avec la femme, la féminité et le féminisme les interpellaient. Chaque femme est unique, mais qu’est-ce qui les rassemble ? D’une façon simple, mais ludique : les vêtements, plus précisément les sous-vêtements, et leur rapport à leur corps.

Crédit photo: Tchuti

Les sous-vêtements sont les premiers morceaux enfilés. C’est aussi le premier regard de la journée qu’on jette sur notre corps. Aurore et Annick voulaient créer des bobettes utiles et « gentilles ». Leur créneau : véhiculer un message positif par le biais d’un vêtement intime dont le but est de se valoriser en tant que femme. Pour de nombreuses raisons et à différents degrés, être une femme est parfois difficile. La société nous en demande beaucoup entre les standards de beauté et nos statuts professionnel et personnel. Entre nous, nous sommes généralement sévères les unes envers les autres. Le regard des autres, et notamment celui des hommes, est aussi important et dicte trop souvent nos actions. Damelee est une façon de se mobiliser et de se serrer les coudes.

Deux éléments sont primordiaux pour les deux jeunes entrepreneures : le côté confort du vêtement et la confection locale. Le message brodé sur les culottes est également super important : je suis belle, je suis capable, etc. Les filles ne font pas dans la vulgarité ni le scandale. Elles ont aussi décidé de ne pas utiliser de système de tailles, car elles croient profondément au pouvoir des mots. Par exemple, au lieu d’acheter un « large », et bien vous pourrez plutôt vous procurer le modèle « Lumineuse ». Mignon, n’est-ce pas ? Le but est d’offrir aux femmes du luxe, car oui, cela peut être un luxe pour certaines d’entre nous d’être bien dans leur corps et leur tête par un produit délivrant un message de qualité et de dignité. Elles ont été, et seront, intransigeantes sur la nature équitable et locale de la confection de leurs produits.

Crédit photo: Tchuti

Elles souhaitent plus que tout que les gens, particulièrement les femmes, adhèrent au concept. Damelee, ce sont des bobettes qu’on offre ou qu’on s’offre ! C’est un baume sur le cœur, un gros câlin, un artifice qu’on achète pour soi, pour son propre plaisir, ou pour celui d’une autre femme que l’on aime. L’idée n’est pas de faire dans le « sexy », mais de rester positif par la pensée. À bas la dictature sur le corps ! Mettre l’emphase sur la santé, sur la recherche de son propre bonheur et surtout sur la valorisation de soi, peu importe sa silhouette, sa taille ou sa nationalité ; voilà la mission de Damelee. Le projet est, pour Aurore et Annick, une forme de thérapie et, du même coup, une ode à la femme dans toute sa diversité.

À long terme, comment voient-elles l’évolution de la compagnie ? Elles visent à développer leur collection et à cultiver le talent d’autres femmes par le biais de collaborations avec des artistes québécoises, mais aussi de leur blogue, «Instant Culotte ». L’idée de faire différentes activités et conférences sur la condition féminine, afin d’apporter de l’eau au moulin et de stimuler les réflexions, les allume également. Bref, elles n’en sont qu’à la pointe de l’iceberg de leur vision.

Un pas à la fois…

Damelee est un projet en parallèle pour les deux jeunes professionnelles. Elles y travaillent les soirs et les fins de semaine en plus de leur emploi respectif à temps plein. Comment s’en sortent-elles ? « C’est fatigant, mais tellement excitant! affirment-elles, en riant. Ce qui est super, c’est qu’on peut tout se dire. » La transparence est de mise entre les deux jeunes femmes qui ne laissent rien en suspens. Elles veulent avoir du « fun », mais sont aussi conscientes que les efforts déployés doivent conduire à un résultat. Elles croient en leur projet et s’investissent à 110 %. « Disons que l’on a appris à moins dormir », plaisantent-elles. Elles se sentent complètement concernées par le sujet, ce qui les pousse à surpasser leurs limites. Elles ont aussi un excellent support de leur entourage, et plusieurs personnes ont déjà contribué à rendre leur rêve possible. Dans la fatigue, repenser à tous ces gens qui s’investissent dans le projet leur donne le courage pour continuer et ne pas baisser les bras.

Pour en connaître davantage sur le projet Damelee et acheter vos bobettes, rejoignez les filles sur :

Site Internet : https://www.damelee.com/

Facebook : https://www.facebook.com/dameleemtl/

Instagram : https://www.instagram.com/dameleemtl/

Bonne continuité, les filles, et succès à Damelee !

On a besoin de projet comme le vôtre !

Crédit photo à la une: Tchuti

À propos de moi

La danse fait partie intégrante de la vie de Marie-Pier. Initiée très jeune, elle se dirige professionnellement vers l’enseignement de la danse et intègre, suite à sa formation en Danga, la pratique du yoga à sa pédagogie. La technique est primordiale pour elle, mais elle ne doit jamais être travaillée au détriment de la notion de plaisir. La créativité est au cœur de son travail. Elle désire aider les gens à se surpasser et à trouver leur propre façon de bouger. Marie-Pier adore écrire, c’est pourquoi elle collabore à la rédaction de billets pour Bohos.

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