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Du mouvement du corps à l’activisme, Karine Cloutier et mission 100 tonnes


C’est une femme généreuse et impliquée que j’ai eue au bout du fil lors de notre entretien téléphonique. Si je ne la connais pas beaucoup, j’ai quand même pu me faire une bonne idée de ce qui la drive, de ses valeurs et de ce qui la passionne en suivant Karine sur les réseaux sociaux. Cette enseignante de yoga et de danse, vivante, engagée et nomade à ses heures, a pris les routes du Québec cet été pour participer à la première tournée Mission 100 tonnes, une expérience qui lui a permis de voir l’impact de cette initiative et comment cette dernière continue de grandir.

Prendre part au changement : le déclic

« Jimmy et moi, on se connaît depuis une quinzaine d’années. Moi, j’habite à Hochelaga, et lui, il y travaille. » Jimmy Vigneux, c’est l’un des chefs de mission de Mission 100 tonnes. Diplômé en communication politique et en changements climatiques, il possède 10 ans d’expérience en gestion d’organisation, en développement local et en mobilisation des communautés. Ce bagage lui a permis de cocréer, avec Lyne Morissette, docteure spécialiste en conservation des écosystèmes marins, ce projet citoyen porteur qui vise à nettoyer les cours d’eau du Québec, mais aussi ceux de la planète.

Pour Karine, c’est lors de la première corvée de 24 heures, sur invitation de Jimmy, que le déclic s’est fait. « J’y suis allée les huit premières heures et ç’a été une révélation. C’était un vrai besoin que de ramasser des déchets, d’être sur le terrain et de le faire… pour vrai ! » Car il faut le dire, Mission 100 tonnes, c’est ça : mettre la main à la pâte et retirer les tonnes de déchets des cours d’eau et des océans de la planète afin de réduire le niveau de plastique et de substances toxiques. « C’est un exercice, somme toute, très concret et accessible où les gens se sentent utiles et où il y a une véritable prise de conscience », a ajouté Karine.

La tournée au Québec

« Lors de la création de la première tournée, cette année, je me suis offert d’y collaborer. Les besoins étaient grands de partir à travers le Québec. » Ce sont 18 villes sur 20 qu’elle a parcourues. Son « Burkina Faso », comme elle le dit si bien, ayant déjà fait de l’aide humanitaire dans ce pays d’Afrique. « Cet été, c’était ma manière de dire : je contribue à quelque chose de plus grand que moi. »

Et si ramasser des déchets n’a rien de très glamour, c’est une action rassembleuse et ça suggère à d’autres personnes de se mobiliser et de faire de même, de rendre ce processus le fun.« Certaines personnes s’inspirent de cette idée et décident de planifier des voyages avec cet objectif. »

L’impact physique, social et environnemental

Ce sont 51 tonnes qui ont été amassées jusqu’à présent, et ce, grâce à tous ces gens qui ont décidé de participer. Puis, comme le dit si bien Karine, être dehors et bouger a aussi des bienfaits sur la santé des gens. Se pencher et ramasser durant des heures, c’est bon. Elle a aussi observé des changements d’humeur, des sourires qui se sont dessinés au fil du temps sur le visage des gens, et des contacts intergénérationnels entre enfants et personnes âgées qui n’ont pas nécessairement lieu au quotidien. Mission 100 tonnes espère ainsi, par le biais de cette tournée de sensibilisation, que les gens ne les attendront pas pour organiser une corvée dans leur ville ou leur village.

Pourquoi ne pas perpétuer ce ramassage de déchets d’où l’on est ? « Oui, je me penche pour ramasser des déchets quand je sors de la voiture. J’ai un sac et des gants dans le fond de ma valise. » Car au-delà des cours d’eau, nous dit Karine, il faut avoir la conscience que ce qui se retrouve par terre peut finir dans nos lacs et nos rivières, et que même si ce n’est pas nous qui l’avons jeté par terre, nous pouvons, à ce moment précis, faire une différence.

S’impliquer

« Osez joindre Mission 100 tonnes, c’est participer aux événements qui s’en viennent, mais c’est aussi oser se rassembler avec deux ou trois personnes et de ramasser ce qu’il y a là. » Parce que des déchets, il y en a partout ! Créer un événement Facebook, avoir du matériel sécuritaire pour ramasser, peser la récolte et envoyer les résultats à Mission 100 tonnes fait grandement partie de la solution et de l’évolution du projet au-delà du calendrier officiel.

Parlant de calendrier officiel, Mission 100 tonnes vous invite à sa dernière collecte de déchets de l’année le 21 septembre prochain. « Le 21, c’est la journée où on invite les gens du Québec et de l’ensemble de la planète à se mobiliser. » Toutes les informations pour y participer se trouvent dans cette vidéo.

« J’encourage les gens à se conscientiser, à faire de petits pas dans leur quotidien. Tout le monde n’a pas la même réalité. C’est juste de faire ce qui est à notre hauteur, avec nos conditions et nos limitations. À la source, le message de Mission 100 tonnes, c’est de refuser les déchets. Plus on sera nombreux à les refuser, à les ramasser, et plus on engagera une vraie prise de conscience. »


 

À propos de moi

Julie se passionne pour le mieux-être et l’art de vivre. Professeure de Yoga et de Danga, elle craque pour l’humain et ses riches interactions. Créatrice d’ambiances et artiste dans l’âme, elle aime offrir des atmosphères et des concepts lors de ses ateliers : d’ART DE VIVRE, de DANGA et dans ses classes de yoga. Parallèlement à l’enseignement, elle met à profit dix années d’expérience dans le domaine des communications en offrant une alternative mieux-être avec sa plateforme Bohos et ses collaborations en tant que rédactrice. Au quotidien, Julie aime goûter aux petits bonheurs de la vie et prendre soin de ceux qu’elle aime. ♡

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