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À vos pages, prêtes, lisez !


En été, l’envie de s’adonner à la lecture se fait plus présente. Rythmé par ce sentiment de bien-être et de joie qu’apportent les températures estivales, le désir de s’installer quelque part, de se poser, de s’évader par la lecture nous gagne.

Photo: Marie-ève Dion

Pour vous accompagner en ce mois délicieux, je vous propose une sélection mensuelle de livres à découvrir ou à redécouvrir sans tarder, installée à l’ombre du feuillage de quelques érables verdoyants.


Soie, d’Alessandro Baricco

Vous connaissez sans doute déjà cet auteur italien de par son livre Novecento : Pianiste et son adaptation cinématographique sortie en 1998 (lien ci-dessous).

Soie, son 3e roman, nous plonge dans un petit village du sud de la France, au 19e siècle, dont le commerce principal repose sur la sériciculture. La pébrine contaminant les œufs des vers à soie contraint Hervé Joncour à partir pour le Japon dans le but de rapporter des vers sains. Il se lance sur cette route de la Soie, dans un monde en plein bouleversement, au pays du soleil levant, où est produite la plus belle soie du monde. Le Japon s’ouvre alors lentement, mais sûrement, sur le reste du monde. Au gré de ses pérégrinations, il va faire face au choc de deux mondes, de deux cultures que tout oppose, l’entrainant parfois sur des chemins dangereux. Entre passion et raison, c’est tout son univers et ses croyances qui seront alors bouleversés.

« On était en 1861. Flaubert finissait Salammbô, l’éclairage électrique n’était encore qu’une hypothèse et Abraham Lincoln, de l’autre côté de l’Océan, livrait une guerre dont il ne verrait pas la fin. Les sériciculteurs de Lavilledieu se mirent en société et rassemblèrent la somme, considérable, nécessaire à l’expédition. Il parut à tous logique de la confier à Hervé Joncour.

Quand Baldabiou lui demanda s’il acceptait, il répondit par une question.
 Et il est où, exactement, ce Japon ?
 Par là, toujours tout droit. Jusqu’à la fin du monde. »

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La tresse, de Laetitia Colombani

Premier roman de Laetitia Colombani que l’on dévore. Elle nous peint le portrait de trois femmes que tout oppose :

. Giulia, Sicilienne, enfermée dans une société patriarcale et qui se retrouve, par le jeu du hasard, aux commandes de l’entreprise paternelle alors en faillite.

. Smita, Indienne et intouchable, évoluant au sein d’un système hiérarchisé et héréditaire de castes, vouée à nettoyer les latrines de son village. Elle refuse que sa fille connaisse le même sort qu’elle et décide, malgré cette chape de conventions régissant l’ordre social, de lui permettre d’échapper à sa condition en lui offrant la chance de faire des études.

. Sarah, Canadienne, avocate réputée et mère de trois enfants. Deux casquettes à porter, sans jamais sacrifier ses ambitions professionnelles, jusqu’au jour où une annonce inattendue bouleverse son univers longuement construit au prix de nombreux sacrifices.

Trois femmes, trois continents, trois cultures. Trois femmes qui décident de vivre la vie qu’elles ont choisie et non celle qu’on leur impose. Elles se retrouveront reliées l’une à l’autre, sans jamais se rencontrer, par un élément étonnant.

« Elles traversent, et tout d’un coup, c’est là, maintenant, le moment de lâcher la main de sa fille de l’autre côté de la route. Smita voudrait tant dire : réjouis-toi, tu n’auras pas ma vie, tu seras en bonne santé, tu ne tousseras pas comme moi, tu vivras mieux, et plus longtemps, tu seras respectée. Tu n’auras pas sur toi cette odeur infâme, ce parfum indélébile et maudit, tu seras digne. Personne ne te jettera des restes comme à un chien. Tu ne baisseras plus jamais la tête ni les yeux. Smita aimerait tant lui dire tout ça. Mais elle ne sait comment s’exprimer, comment dire à sa fille ses espoirs, ses rêves un peu fous, ce papillon qui bat son ventre.

Alors elle se penche vers elle, et lui dit simplement : — Va. »

Je l’aimais, d’Anna Gavalda

Parce que bien souvent dans notre vie, on porte en nous des histoires d’amour qui nous hantent…

Dans ce roman d’Anna Gavalda, Chloé se retrouve seule avec ses deux filles après que son mari l’a quittée. Pierre, son beau-père, décide de l’emmener quelques jours à la campagne. Les masques tombent. L’un et l’autre s’ouvrent, se confient. Il va alors lui raconter sa vie, ses amours contrariés et son plus grand regret. Chloé découvre un autre homme, au-delà de l’image qu’elle s’était faite de lui. Dans ce huis clos où les deux personnages livrent en toute simplicité leurs émotions, leurs pensées les plus intimes, ils trouveront peu à peu le chemin de l’apaisement et du lâcher-prise. Court roman nous rappelant que dans la vie, rien n’est jamais tout noir ou tout blanc.

« Non, ce n’est pas incroyable, ma Chloé… Non, ce n’est pas incroyable. C’est la vie. C’est la vie de presque tout le monde. On biaise, on s’arrange, on a notre petite lâcheté dans les pattes comme un animal familier. On la caresse, on la dresse, on s’y attache. C’est la vie. Il y a les courageux et puis ceux qui s’accommodent.

C’est tellement moins fatigant de s’accommoder… » 

Riquet à la houppe, d’Amélie Nothomb

Paru en 2016, ce dernier roman d’Amélie Nothomb se lit d’une traite.

Dans Riquet à la houppe, elle nous conte en parallèle l’histoire de deux personnages que tout oppose : Déodat, laid, mais d’une érudition notable, et Trémière, d’une beauté époustouflante et sujette à la pâmoison, jugée à tort comme sotte. Deux personnages qui vont apprendre à apprivoiser leurs différences et en faire une force, malgré la médisance et la mesquinerie les entourant. Deux personnages dont les chemins ne sont pas prédisposés de prime abord à se croiser, mais dans les contes, comme dans la vie, le hasard parfois cogne à la porte et conduit à un dénouement inattendu et heureux. Une histoire belle et simple qui donne des ailes, sans pour cela manquer de profondeur. Vous la terminerez avec le sourire aux lèvres comme après avoir croqué dans un petit macaron au caramel fleur de sel !

« Par bonheur, ils avaient peu de famille et peu d’amis. Ils eurent néanmoins à endurer des visites dont la politesse ne parvint pas à masquer la consternation. Énide observait le visage de ceux qui découvraient son petit ; chaque fois qu’elle constatait le tressaillement de dégoût, elle était au supplice. Après un silence crucifiant, les gens finissaient par hasarder un commentaire d’une maladresse variable : “C’est le portrait de son arrière-grand-père sur son lit de mort.” Ou : “Drôle de tête ! Enfin, pour un garçon, ce n’est pas grave.”
Le sommet fut atteint par la méchante tante Épziba :
 Ma pauvre Énide, tu te remets ?
Oui. La césarienne s’est bien passée.
 Non, je veux dire, tu te remets d’avoir un gosse aussi vilain ? »

À propos de moi

Parce que la vie est un voyage, une aventure ; que l’on ne sait jamais vraiment de quoi demain sera fait ; et surtout parce qu’elle n’est pas une question de « pourquoi », mais de « pourquoi pas », c’est en 2009 que Daphné quitte la France pour s’installer au Québec après y avoir passé un an en tant qu’étudiante à l’Université de Montréal en 2001. Curieuse, autodidacte, gourmande et surtout discrète, elle aime utiliser ses sens et savourer le temps qui lui est imparti en s’offrant la chance de pouvoir réaliser le maximum de ses rêves. Amoureuse de la bonne cuisine, des vieilles pierres, du bon vin et des livres, elle espère faire naître le goût des choses bonnes et simples qui nous entourent et qui bien souvent deviennent si familières que l’on ne prend plus la peine de les apprécier : la caresse du soleil sur votre peau, un morceau de chocolat fondant délicatement sous votre langue, la lecture d’un bon livre… Massothérapeute sur ses temps libres, son mantra : « On est tous l’artisan de son bien-être ». Elle évolue d’une passion à l’autre, en espérant rendre les gens heureux, désireux et curieux de pousser d’autres portes afin de découvrir ce qui se cache derrière.

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